Les États-Unis déploieront des armements lourds en Europe

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Les pays baltes et d'autres pays d'Europe de l'Est se montrent très inquiets depuis l'annexion de la Crimée par Moscou et les combats en Ukraine.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Mike COLLIER avec Laetitia PERON à
Agence France-Presse
TALLINN et Kiev

Les États-Unis ont annoncé mardi le déploiement temporaire de leurs armements lourds sur le flanc Est de l'OTAN, sans mobiliser de troupes, au moment où les affrontements semblent s'intensifier en Ukraine, provoquant la mort de quatre personnes.

«Nous allons temporairement stationner des armements pour une brigade, comprenant des véhicules de combats et des équipement associés, dans les pays de l'Europe centrale et orientale», a déclaré mardi à Tallinn, en Estonie, le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter.

Cette annonce intervient alors que le conflit entre forces ukrainiennes et séparatistes pro-russes, qui a fait plus de 6400 morts depuis avril 2014, focalise à nouveau l'attention internationale.

Les chefs de la diplomatie russe, ukrainienne, française et allemande, réunis mardi soir à Paris, ont appelé à une «désescalade rapide» et un «cessez-le-feu immédiat» dans l'est de l'Ukraine et réaffimé leur «attachement à la mise en oeuvre intégrale» des accords de paix de Minsk.

Ils ont exprimé dans un communiqué commun leur «vive préoccupation quant à l'aggravation de la situation sécuritaire dans le Donbass».

La réunion se tenait au lendemain de la prolongation jusqu'à janvier 2016 par l'Union européenne de ses sanctions économiques contre la Russie pour son implication présumée dans le conflit.

Au cours des dernières 24 heures, un soldat ukrainien a été tué et 12 autres ont été blessés, selon le porte-parole militaire Andriï Lyssenko. Et trois civils ont été tués dans la république populaire autoproclamée de Donetsk (DNR).

La mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a fait état lundi d'une intensification des combats à Donetsk durant le week-end et dénoncé une recrudescence des violations du cessez-le-feu près de Marioupol, dernière grande ville de la zone de conflit sous contrôle des autorités de Kiev.

Un signal clair 

«Nous ne cherchons pas la guerre froide, et encore moins la guerre chaude avec la Russie, nous allons défendre nos alliés», a déclaré mardi à Tallinn M. Carter, en précisant que les États-Unis allaient déployer leur matériel dans les pays baltes, en Pologne, en Bulgarie et en Roumanie.

Selon le Pentagone, les 250 pièces d'armement lourds se répartissent en 90 chars lourds Abrams, 140 véhicules blindés Bradley, et 20 canons auto-moteurs.

C'est la première fois que des armes lourdes américaines seront ainsi déployées dans ces pays qui ont adhéré à l'OTAN et qui, avant la chute du mur de Berlin, appartenaient à la sphère d'influence de l'Union soviétique.

«Les Américains adressent ainsi un signal clair, à la fois à la Russie, aux alliés des États-Unis et aux autres grandes puissances, pour montrer que les USA restent une puissance mondiale, capable de contenir la menace russe dans la région, qu'ils ne sont pas une puissance sur son déclin», a déclaré à l'AFP Marcin Terlikowski, analiste à l'Institut polonais des Affaires internationales (PISM).

À Bruxelles, l'ambassadeur des États-Unis à l'OTAN, Douglas Lute, a souligné qu'il s'agira de «chars vides» et de «véhicules vides» que des soldats pourront utiliser pour leurs exercices.

Selon le diplomate américain, «cette approche respecte entièrement les engagements de l'OTAN», y compris vis-à-vis de la Russie, et «ne devrait susciter aucune réaction hostile de quiconque».

Le plan américain a pourtant déjà provoqué la colère du président russe Vladimir Poutine, qui a annoncé en réponse le renforcement de son arsenal nucléaire, avec le déploiement de plus de 40 nouveaux missiles intercontinentaux d'ici à la fin de l'année.

Les pays baltes et d'autres pays d'Europe de l'Est se montrent très inquiets depuis l'annexion de la Crimée par Moscou et les combats en Ukraine.

Après Tallinn, M. Carter doit se rendre à Bruxelles pour la réunion des ministres de la Défense de l'OTAN mercredi et jeudi, avant une escale en Allemagne vendredi pour assister à des manoeuvres associant 12 pays européens.

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