Michelle Obama et le racisme ordinaire

Michelle Obama, première première dame afro-américaine des États-Unis... (PHOTO MOLLY RILEY, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES)

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Michelle Obama, première première dame afro-américaine des États-Unis a évoqué avec une rare candeur les «peurs et fausses perceptions» qu'elle a suscitées dans son pays en raison de la couleur de sa peau.

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Richard Hétu

Collaboration spéciale

La Presse

(New York) Le mot «racisme» n'a pas franchi les lèvres de Michelle Obama. Mais, à moins de deux ans de son départ de la Maison-Blanche, la première première dame afro-américaine des États-Unis a évoqué avec une rare candeur samedi les «peurs et fausses perceptions» qu'elle a suscitées dans son pays en raison de la couleur de sa peau.

«Quand mon mari a commencé à faire campagne pour être président, les gens avaient toutes sortes de questions à mon sujet. Mais, en tant qu'éventuelle première première dame afro-américaine des États-Unis, j'étais aussi le sujet d'une autre série de questions et de conjectures; des conversations parfois enracinées dans les peurs et fausses perceptions des autres», a-t-elle déclaré lors d'un discours de remise de diplômes à l'université noire de Tuskegee, en Alabama.

«Étais-je trop criarde, trop colérique ou trop castratrice? Ou étais-je trop douce, trop maternelle, pas assez carriériste?»

Commentaire de Fox News

La première dame a donné plusieurs exemples de la façon différente dont elle croit avoir été traitée pendant la campagne présidentielle de 2008. Elle a notamment rappelé l'expression «terrorist fist bump» employée par un commentateur de Fox News pour décrire un geste affectueux qu'elle avait échangé avec son mari pour célébrer une victoire.

La controverse autour de ce geste avait été suivie par une couverture du New Yorker montrant Michelle Obama dessinée en militante radicale des années 60, AK-47 en bandoulière, chevelure afro et pantalon militaire.

Le mot «racisme» n'a pas franchi les lèvres de Michelle Obama.... (Photo: AP) - image 2.0

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Photo: AP

«Bien sûr, c'était une satire, mais pour être tout à fait honnête, ça m'a un peu ébranlée», a déclaré la femme du président aux étudiants. «Ça m'a poussée à me demander comment les gens me voyaient vraiment.»

Et d'ajouter, en faisant allusion à ses critiques dans les médias: «Au fil des ans, les gens ont utilisé plusieurs mots intéressants pour me décrire. L'un a dit que je faisais preuve d'«un peu trop d'arrogance» (uppity-ism). Un autre a affirmé que j'étais une des "copines de couleur" d'Obama. Et une chaîne d'information m'a décrite de façon charmante comme la "baby mama d'Obama". Et, bien sûr, Barack a enduré sa part d'insultes et d'affronts. Même aujourd'hui, il y a des gens qui doutent de sa citoyenneté.»

Michelle Obama a avoué que ce traitement lui avait fait passer «plusieurs nuits blanches» pendant la première campagne présidentielle de son mari. «Je m'inquiétais de ce que les gens pensaient de moi, je me demandais si je nuisais aux chances de mon mari de gagner l'élection et je craignais la réaction de mes filles si elles découvraient ce que certains pensent de leur mère», a-t-elle rappelé.

Au bout du compte, Michelle Obama a décidé d'«ignorer le bruit de fond», de faire «confiance au plan de Dieu pour [elle]» et de se concentrer sur ses propres priorités, dont la lutte contre l'obésité infantile et l'aide aux familles de militaires.

«J'ai décidé d'être fidèle à moi-même», a-t-elle déclaré en encourageant les étudiants à faire de même.

Problèmes enracinés

Passant d'un sujet controversé à un autre, la première dame a également évoqué les «décennies de défis structurels» qui ont contribué selon elle aux sentiments de frustration dont le monde a été témoin «dans des communautés comme Baltimore, Ferguson et plusieurs autres d'un bout à l'autre du pays».

«Mais je veux être claire: ces sentiments ne sont pas une excuse pour baisser les bras. Pas une excuse», a-t-elle répété. «L'histoire nous enseigne que nous pouvons nous construire nous-mêmes et nos communautés lorsque nous émergeons de ces gouffres émotionnels et canalisons nos frustrations. Nous pouvons nous attaquer à ces problèmes profondément enracinés, et ensemble, ensemble, nous pouvons surmonter tous les obstacles», a-t-elle ajouté.

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