Guantanamo: la moitié des détenus ont droit à réparation, plaide un ex-juge

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La majorité républicaine au Congrès a voté des dispositions qui empêchent le président Barack Obama de fermer Guantanamo comme il en a fait le voeu dès 2009.

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Agence France-Presse
Washington

Les détenus de Guantanamo enfermés depuis des années sans inculpation ni procès doivent obtenir une compensation financière du gouvernement américain, a exhorté l'ancien juge de la Cour suprême, John Paul Stevens, en plaidant pour la fermeture du camp de détention.

Sur les 122 détenus encore incarcérés dans la prison militaire américaine sur l'île de Cuba, 57 ont été jugés libérables par un comité gouvernemental de révision des situations.

Le juge suprême Stevens, qui a pris sa retraite en 2010, estime que les détenus auxquels la justice américaine n'a rien à reprocher «avaient droit à une forme de compensation».

«Je ne suggère absolument pas que tous les détenus de Guantanamo, comme ceux qui ont été condamnés par un tribunal militaire, ont droit à une compensation», a précisé l'ancien juge, qui s'exprimait lundi devant l'organisation d'avocats Lawyers for Civil Justice.

Mais «les détenus qui ne sont pas considérés comme une menace pour les États-Unis et sont restés en détention pendant des années ne sont pas dans la même situation», a-t-il ajouté, selon la retranscription de son discours.

Agé de 95 ans, cet ancien combattant a comparé la décision, en 2002 par George W. Bush, d'ouvrir Guantanamo à celle de placer dans des camps des milliers d'Américains d'origine japonaise après l'attaque de Pearl Harbor. Dans les deux cas ce sont des «mauvaises décisions qui ont fait plus de mal que de bien», selon lui.

Justice Stevens est l'auteur de deux décisions majeures de la haute Cour en faveur des détenus de Guantanamo. En 2004, dans Rasul v. Bush, la Cour suprême leur a donné le droit de contester leur détention devant un tribunal fédéral. En 2006, dans Hamdan v. Rumsfeld, elle leur a permis de bénéficier devant les tribunaux militaires de Guantanamo des mêmes droits que devant la justice civile.

Le juge suprême a en outre estimé que les actes de résistance du Congrès contre la fermeture de Guantanamo «sont encore plus irrationnels que la détention des citoyens américano-nippons pendant la Deuxième guerre mondiale».

La majorité républicaine au Congrès a voté des dispositions qui empêchent le président Barack Obama de fermer Guantanamo comme il en a fait le voeu dès 2009.

Elles interdisent en particulier tout transfert de détenus sur le sol américain, même pour y être jugés, forçant l'administration Obama à trouver des pays d'accueil pour les détenus libérables et à garder à Guantanamo ceux qui doivent être jugés.

Le leader républicain Ed Royce a interpellé mercredi le secrétaire d'État John Kerry sur les «risques posés par les détenus libérés» et par les «activités» selon lui «menaçantes» de six ex-détenus récemment transférés en Uruguay.

Mais trois sénateurs démocrates Patrick Leahy, Dianne Feinstein et Dick Durbin ont exhorté M. Obama à «agir immédiatement et de manière significative pour clore ce malheureux chapitre de notre histoire».

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