Hillary Clinton, la «championne» du peuple

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Dans une vidéo diffusée peu après 15h, dimanche après-midi, la démocrate de 67 ans a justifié son ambition présidentielle en ces termes: «Les Américains se sont sortis d'une période économique difficile, mais le système continue à favoriser ceux qui sont au sommet. Les Américains de tous les jours ont besoin d'une championne. Et je veux être cette championne afin que vous puissiez faire plus que de joindre les deux bouts.»

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(New York) En officialisant dimanche sa candidature à l'élection présidentielle de 2016, Hillary Clinton se devait de commencer à répondre à au moins trois questions cruciales, dont la plus importante est la suivante: pourquoi veut-elle devenir présidente après une longue carrière politique et publique qui l'a vue remplir plusieurs rôles d'envergure, de première dame des États-Unis à secrétaire d'État en passant par sénatrice?

Dans une vidéo diffusée peu après 15h, dimanche après-midi, la démocrate de 67 ans a justifié son ambition présidentielle en ces termes: «Les Américains se sont sortis d'une période économique difficile, mais le système continue à favoriser ceux qui sont au sommet. Les Américains de tous les jours ont besoin d'une championne. Et je veux être cette championne afin que vous puissiez faire plus que de joindre les deux bouts.»

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«Je prends donc la route pour mériter votre vote», a-t-elle ajouté en faisant allusion à des déplacements qui la conduiront dès cette semaine dans l'Iowa et le New Hampshire, les deux premières étapes de la longue course des caucus et primaires, dont le coup de départ sera donné début 2016.

Fait remarquable, Hillary Clinton n'apparaît que dans le dernier tiers de la vidéo. Des Américains de tous les âges, couleurs et orientations sexuelles la précèdent pour annoncer qu'ils se préparent à une nouvelle étape dans leur vie. «Mon frère et moi nous apprêtons à ouvrir un nouveau commerce», dit un homme en espagnol.

«Je me prépare aussi à faire quelque chose, dit à son tour Hillary Clinton, debout à l'extérieur d'une maison. Je suis candidate à la présidence», ajoute-t-elle en souriant.

***

La vidéo offre un début de réponse à une autre question cruciale: Hillary Clinton a-t-elle appris de sa première campagne présidentielle, qui s'est soldée par une défaite douloureuse face à Barack Obama dans la course à l'investiture démocrate de 2008?

Le 20 janvier 2007, celle qui était alors sénatrice de New York avait annoncé sa candidature dans une vidéo où elle semblait trôner sur le canapé d'un intérieur bourgeois. «J'y vais, et j'y vais pour gagner», disait-elle sur un ton assuré.

Huit ans plus tard, Hillary Clinton change de ton et joue la carte de l'humilité. Dans sa nouvelle vidéo, elle ne prend la parole qu'après ces Américains de tous les jours dont elle dit vouloir gagner les voix. Dans ses déplacements en Iowa et au New Hampshire, elle poursuivra dans la même veine en rencontrant les électeurs par petits groupes pour présenter le thème central de sa campagne: l'amélioration du sort économique des classes moyennes, qui passe notamment par une augmentation des salaires et une réduction des inégalités de revenu.

Une avance confortable

À neuf mois des caucus de l'Iowa et des primaires du New Hampshire, aucun candidat démocrate ne semble être en mesure de freiner l'élan d'Hillary Clinton, qui a ainsi d'excellentes chances de devenir la première femme à remporter l'investiture d'un des deux grands partis américains pour une élection présidentielle.

Mais Hillary Clinton peut-elle gagner la confiance des Américains? C'est l'autre question cruciale à laquelle elle a commencé à répondre en se posant comme une «championne» des Américains de tous les jours. Il s'agit d'un pari audacieux de la part d'une représentante des 1% les plus riches, une conférencière et auteure qui a empoché au moins 12 millions de dollars au cours des 18 mois qui ont suivi son départ du département d'État, en janvier 2013.

Pour ses critiques républicains, la cause est déjà entendue.

«Hillary Clinton est une personne en laquelle les Américains ne peuvent avoir confiance», a déclaré à CBS Reince Priebus, président du Comité national du Parti républicain. Il a notamment critiqué la décision de la Fondation Clinton d'accepter des dons de gouvernements étrangers, y compris celui d'Arabie saoudite.

Interviewé à CNN, le sénateur républicain du Kentucky, Rand Paul, a également mentionné les dons de l'Arabie saoudite et du Brunei pour mettre en doute la sincérité de l'engagement de la démocrate en faveur des droits des femmes.

Hillary Clinton ne voudra sans doute rien céder sur cette question au sénateur Paul, qui a annoncé la semaine dernière sa propre candidature à la présidence. Elle entend d'ailleurs miser plus fortement en 2016 qu'en 2008 sur la nature historique de sa quête présidentielle.

Briser l'ultime plafond de verre ne fait pas partie des raisons évoquées par Hillary Clinton dans sa nouvelle vidéo pour justifier sa quête présidentielle. Mais, si elle remporte l'investiture démocrate, le précédent pourrait peser sur le vote de plusieurs électrices indécises, le 8 novembre 2016.

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