Les États-Unis «répondront» à l'attaque informatique de la Corée du Nord

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Elodie MAZEIN, Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
WASHINGTON

Le président Barack Obama a promis vendredi que les États-Unis «répondront» à la Corée du Nord à l'origine de la plus grave cyber-attaque jamais menée sur le territoire américain, ce que Pyongyang a aussitôt nié.

Le FBI a annoncé vendredi que la Corée du Nord avait mené le piratage informatique majeur contre le studio de cinéma Sony fin novembre.

«Ils ont provoqué beaucoup de dégâts et nous répondrons. Nous répondrons de manière proportionnée et nous répondrons à un moment, à un endroit et d'une manière que nous choisirons», a prévenu le président américain lors d'une conférence de presse, excluant qu'un autre pays ait agi avec Pyongyang.

En matière de représailles, peu de choix cependant semblent possibles pour les Américains.

«Ils sont en train d'envisager différentes options clandestines mais à travers le prisme +Nous ne voulons pas déclencher un conflit armé avec les Nord-Coréens», a fait remarquer James Lewis, ancien conseiller auprès de la Maison-Blanche sur les questions de cyber-sécurité.

Il a par ailleurs estimé que Sony Pictures Entertainment (SPE) avait commis «une erreur» en annulant la sortie en salles de The interview, comédie satirique sur un complot fictif de la CIA pour assassiner le leader nord-coréen Kim Jong-Un.

Sony n'a pas «capitulé» face aux menaces de pirates informatiques et espère toujours sortir cette comédie parodique ailleurs qu'en salle, a affirmé le studio vendredi.

«Le président, la presse et l'opinion se trompent sur ce qu'il s'est réellement passé», a expliqué le directeur général Michael Lynton, affirmant avoir emboîté le pas aux principales chaînes de cinéma qui ont renoncé à le projeter.

Le FBI a affirmé avoir «suffisamment de preuves pour conclure que le gouvernement nord-coréen est responsable de ces actions», considérant qu'il s'agissait d'un «comportement inacceptable pour un État».

Le conseiller politique de la Corée du Nord à l'ONU à New York, Kim Song, a rapidement nié toute implication de Pyongyang. «Notre pays n'a aucun lien avec ce pirate», a-t-il déclaré à l'AFP.

Le sénateur démocrate Robert Menendez, président de la Commission des Affaires étrangères, a écrit au secrétaire d'État John Kerry pour réclamer l'inscription de la Corée du Nord sur la liste des pays soutenant le terrorisme après ce «dangereux précédent».

La porte-parole de la diplomatie américaine, Jennifer Psaki, a affirmé que l'administration se «réservait le droit d'utiliser tous les moyens nécessaires (...) pour protéger et défendre (la) nation».

La police fédérale américaine a souligné avoir «déjà vu une grande variété et un nombre croissant d'intrusions informatiques, (mais) la nature destructrice de cette attaque, associée à sa nature coercitive, la classe dans une catégorie à part».

Sony a été victime d'une attaque informatique d'envergure, revendiquée par le groupe de pirates informatiques GOP («Guardians of Peace»), au cours de laquelle d'innombrables informations ont été dérobées et certaines mises en ligne. Le studio avait reçu ensuite des menaces évoquant les attentats du 11-Septembre puis décidé d'annuler sa sortie prévue le 25 décembre.

La Corée du Nord, rapidement pointée du doigt, avait alors démenti toute implication dans ce piratage, tout en le qualifiant d'«acte légitime».

Une ardoise d'un demi-milliard pour Sony

Cela «confirme une nouvelle fois le fait que les cyber-menaces représentent l'un des plus graves dangers pour la sécurité nationale des États-Unis», a relevé le FBI, se disant «extrêmement inquiet de la nature destructrice de cette attaque contre une entreprise privée et les citoyens qui y travaillent».

Ce n'est «pas seulement une attaque contre une entreprise et ses employés. C'est aussi une attaque contre notre liberté d'expression et notre mode de vie», a estimé le secrétaire à la Sécurité intérieure Jeh Johnson, après cette annonce.

De son côté, Chris Dodd, président du lobby de l'industrie du cinéma américain, la Motion Picture Association of America, a qualifié ce piratage d'«acte méprisable et criminel».

Cette agression «menace les emplois de milliers d'Américains qui travaillent pour l'industrie du cinéma et de la télévision, de même qu'il menace des millions d'autres qui veulent tout simplement aller au cinéma», a-t-il poursuivi.

Le sénateur républicain John McCain, qui va présider en janvier la puissante commission des forces armées du Sénat, avait parlé «d'acte de guerre».

Le président du syndicat des réalisateurs américains (DGA), Paris Barclay, a regretté qu'internet permettait aujourd'hui «à quelques cybercriminels de prendre, à distance, toute une industrie en otage».

Outre le vol de données sensibles concernant SPE et la vie privée de ses employés, le piratage a «détruit» le système informatique du groupe en «rendant inopérables plusieurs milliers d'ordinateurs», a précisé le FBI. Il pourrait en coûter un demi-milliard de dollars au studio, selon des experts.

Le FBI a conclu à la responsabilité nord-coréenne après avoir notamment constaté des correspondances «importantes» entre les infrastructures de ce piratage et celles utilisées dans d'autres attaques directement attribuées à Pyongyang, ainsi que des «similarités» dans les outils employés contre SPE et une attaque des Nord-Coréens en mars 2013 contre des banques et des médias de Corée du Sud.

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