ANALYSE

Des normes climatiques difficiles à mettre en place

Les nouvelles normes environnementales annoncées par Barack Obama... (Archives AP)

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Les nouvelles normes environnementales annoncées par Barack Obama visent en particulier plus de 600 centrales au charbon, comme celle de Juliette, en Géorgie.

Archives AP

Richard Hétu

collaboration spéciale

La Presse

(NEW YORK) «Tout le monde va se demander si Barack Obama n'a pas été le James Buchanan du changement climatique.»

En octobre 2010, l'hebdomadaire The New Yorker concluait ainsi un long reportage sur l'échec d'un projet de loi sur le climat lors d'une période au cours de laquelle les démocrates étaient majoritaires dans les deux chambres du Congrès.

La comparaison entre Barack Obama et James Buchanan n'avait évidemment rien d'élogieux, le prédécesseur d'Abraham Lincoln étant considéré par plusieurs historiens comme l'un des pires présidents de l'histoire américaine.

Mais le 44e président réussira peut-être à faire mentir ses critiques en matière d'environnement. En annonçant de nouvelles normes sur les émissions des centrales électriques, l'Agence de protection de l'environnement ne règle bien sûr pas le problème du réchauffement climatique.

Mais ces normes adoptées à son instigation permettent à Barack Obama de reprendre un rôle de premier plan dans la lutte mondiale contre un phénomène auquel son pays contribue largement. Elles pourraient également constituer une partie importante de l'héritage qu'il laissera à son successeur.

Mais la mise en place de ces normes est encore loin d'être acquise. Elle passe notamment par le maintien de la majorité démocrate au Sénat. Or, celle-ci pourrait disparaître dès novembre, à l'occasion des élections dites de mi-mandat.

Et les normes de l'EPA risquent justement de nuire aux candidats démocrates briguant les suffrages dans les États qui dépendent du charbon, dont le Kentucky.

Le sénateur républicain de cet État, Mitch McConnell, n'a pas manqué hier de critiquer l'annonce de l'EPA en la qualifiant de «coup de poignard dans le coeur de la classe moyenne américaine».

Le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, s'est montré encore plus cinglant.

«Le projet du président est dingue, il n'y a vraiment pas une autre façon de le décrire», a-t-il dit.

L'ironie veut que les républicains aient choisi en 2008 un candidat présidentiel, en l'occurrence John McCain, qui avait présenté un plan encore plus ambitieux que celui de l'EPA sur le climat.

Mais Barack Obama fait face aujourd'hui à un autre Parti républicain. Et il a décidé de miser sur l'EPA pour contourner un Congrès récalcitrant.

«Nous limitons les produits chimiques toxiques - tels que le mercure, le soufre et l'arsenic - que les centrales peuvent rejeter dans l'air ou dans l'eau. Mais celles-ci peuvent rejeter des quantités illimitées de CO2 dans l'air. Ça n'a pas de sens», a-t-il déclaré samedi lors de son allocution radiophonique hebdomadaire.

S'il parvient à gagner ce combat, Barack Obama ne pourra certainement plus être comparé à James Buchanan.




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