Écrasement à San Francisco: l'avion était trop lent à l'atterrissage

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Des inspecteurs de l'Agence américaine de sécurité des transports examinent les débris de l'avion de la compagnie Asiana Airlines, samedi.

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Josh EDELSON
Agence France-Presse
SAN FRANCISCO

Les pilotes du vol Asiana 214, dont l'écrasement samedi à San Francisco a fait deux morts, ont essayé de remettre les gaz et d'éviter l'atterrissage, alors que la vitesse de l'appareil sur les derniers mètres était «nettement inférieure» à la normale, selon les enquêteurs.

Les experts de l'agence américaine de sécurité des transports (NTSB) ont livré dimanche à San Francisco les premiers résultats de leur enquête, après l'écrasement qui a coûté la vie à deux adolescentes chinoises et fait plus de 180 blessés, dont six sont toujours dans un état «critique».

Les deux boîtes noires, retrouvées dans la nuit et immédiatement expédiées à Washington, ont été analysées et ont fourni de «bonnes données», a déclaré Deborah Hersman, présidente de la NTSB, lors d'une conférence de presse.

D'après les conversations du cockpit, le vol s'est déroulé normalement et les problèmes n'ont surgi que dans les dernières minutes, lorsque l'équipage a tenté de remettre les gaz juste avant l'atterrissage et demandé à la tour de contrôle l'autorisation de reprendre de l'altitude.

«La requête de l'un des membres d'équipage pour accélérer a été lancée environ sept secondes avant l'impact. Et l'appel (à la tour de contrôle) pour reprendre de l'altitude est arrivé une seconde et demie» avant que la queue de l'appareil ne heurte le sol, provoquant l'accident, selon Mme Hersman.

Les données de la boîte noire enregistrant les paramètres techniques ont confirmé qu'à l'approche de la piste, «l'appareil avait ralenti et que la vitesse était inférieure à la vitesse optimale», a-t-elle expliqué.

«Les gaz ont été remis quelques secondes avant l'impact, et les moteurs ont répondu normalement», a-t-elle ajouté.

Invitée à préciser si la vitesse de l'appareil était légèrement ou nettement inférieure à la vitesse optimale, Mme Hersman a affirmé qu'elle était «très nettement inférieure».

La présidente de la NTSB a par ailleurs précisé qu'il était «trop tôt pour arriver à une quelconque conclusion» sur les causes de l'accident. «Toutes les options sont sur la table», a-t-elle dit.

«Nous avons des informations préliminaires, mais nous avons encore beaucoup de travail. Nous devons interroger l'équipage. Nous devons interroger les secouristes. Nous devons analyser les données brutes des boîtes noires et les bandes de la tour de contrôle», a-t-elle expliqué, rappelant que l'enquête pourrait prendre «jusqu'à 18 mois».

L'agent du FBI David Johnson avait affirmé samedi qu'il n'y avait «aucune indication d'un quelconque acte terroriste ou criminel lié à l'accident».

Les équipes de la NTSB devraient rester à l'aéroport de San Francisco environ une semaine pour poursuivre leur enquête.

Le Boeing 777 de la compagnie sud-coréenne Asiana Airlines en provenance de Séoul a pris feu après que la queue de l'appareil a heurté la piste.

Le dernier décompte officiel samedi soir faisait état de deux morts - deux adolescentes chinoises de 15 et 16 ans -, 182 blessés et 123 passagers indemnes parmi les 307 passagers et membres d'équipage à bord.

Dix-neuf personnes étaient encore hospitalisées dimanche au San Francisco General Hospital. «Des 19, six sont dans un état critique, dont un enfant», a précisé Rachel Kagan, porte-parole de l'hôpital.

«Les blessures les plus graves sont des traumatismes crâniens et de lourdes blessures abdominales avec hémorragie», a précisé Margaret Knudson, responsable du service de chirurgie de l'hôpital. «Il y a aussi plusieurs personnes avec de sérieuses fractures de la colonne vertébrale, dont certaines vont entraîner une paralysie», a-t-elle ajouté.

Les deux adolescentes décédées dans l'accident faisaient partie d'un groupe de 35 étudiants chinois qui devaient passer trois semaines à la West Valley Christian School, au nord de Los Angeles. L'école a annoncé sur son site internet qu'une cérémonie serait organisée jeudi à leur mémoire.

Le PDG d'Asiana, Yoon Young-Doo, a affirmé au cours d'une conférence de presse dimanche à Séoul que les premières informations écartaient a priori la thèse de l'avarie technique.

«D'après ce que nous savons, il n'y a pas eu de problème de moteur ou mécanique» avant l'écrasement, ajoutant que les pilotes étaient chevronnés avec environ 10 000 heures de vol chacun.

L'aéroport de San Francisco, où de nombreux vols étaient encore retardés de plusieurs heures, a annoncé qu'une troisième piste - sur quatre - avait été rouverte dimanche.

La carcasse de l'appareil, dont la cabine calcinée est éventrée au niveau du toit, gisait encore à proximité des pistes.

L'avion, dont les passagers étaient majoritairement asiatiques, avait commencé son voyage à Shanghai avant de faire escale à Séoul et de continuer jusqu'à San Francisco.

Deuxième compagnie sud-coréenne après Korean Air, Asiana Airlines jouit d'une excellente réputation en matière de sécurité. Le dernier accident impliquant un vol commercial remonte à juin 1993 lorsqu'un Boeing 737 s'était écrasé sur une montagne dans le sud-ouest du pays, faisant 68 morts et 44 blessés.

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