Jeb Bush, petit-frère du 43e président des États-Unis et fils du 41e, a lancé cette semaine une offensive médiatique que beaucoup analysent comme une préparation officieuse pour la course à la Maison-Blanche de 2016.    

L'ancien gouverneur de Floride a publié un livre, Immigration Wars (Les guerres de l'immigration), sur l'un des dossiers les plus brûlants du moment, et multiplié les entretiens avec les médias.

Il n'a pas annoncé sa candidature pour les primaires républicaines de 2016 - mais n'a rien exclu.

En retrait relatif de la scène médiatique depuis la fin de son mandat à la tête de la Floride, en 2007, il semblait rester comme en réserve du parti, dans l'attente du bon moment. Il n'a pas participé aux primaires de 2008 et 2012.

Cette fois, il est plus ambigu.

«Je ne dis pas oui, mais je ne dis simplement pas non», a-t-il dit mardi sur la chaîne MSNBC. «J'ai accompli des choses dans ma vie qui m'autorisent à avoir cette possibilité, à pouvoir y penser».

Le thème de l'immigration lui assure une visibilité immédiate, mais dans son livre, il a choisi de marquer sa différence sur un point crucial avec le projet de réforme préparé par de nombreux élus de son parti.

Jeb Bush se déclare dans son livre favorable à une régularisation des étrangers en situation irrégulière, mais pas à une loi qui conduirait à leur naturalisation.

Plusieurs républicains, à commencer par Marco Rubio, une étoile montante du parti qui pourrait aussi concourir en 2016, ont pourtant brisé le tabou de la naturalisation depuis la défaite présidentielle de novembre. Ils préparent une proposition de loi au Sénat qui devrait aussi recueillir le soutien de nombreux démocrates.

Jeb Bush a depuis corrigé le tir sur MSNBC. «Si on arrive à mettre dans la loi (la naturalisation) sans que cela crée une incitation pour que les gens viennent dans le pays de façon illégale, alors je suis pour».

En attendant, le microcosme politique américain imaginait déjà l'affiche de la présidentielle de 2016, dans le cas où la démocrate Hillary Clinton était elle aussi candidate : un nouveau match Bush-Clinton, 24 ans après l'élection qui opposa le président sortant George H. W. Bush au démocrate Bill Clinton.