États-Unis et Somalie tournent la page

Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud et la secrétaire... (PHOTO SAUL LOEB, AFP)

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Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud et la secrétaire d'État Hillary Clinton.

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WASHINGTON
Agence France-Presse
Nicolas REVISE

Les États-Unis et la Somalie ont tourné la page de deux décennies de guerre et de chaos dans ce pays de la Corne de l'Afrique, Barack Obama recevant jeudi son homologue somalien et Washington reconnaissant pour la première fois depuis 1991 un gouvernement à Mogadiscio.

Le geste diplomatique des États-Unis est d'autant plus significatif que les Américains restent profondément marqués par l'échec de leur intervention militaire en Somalie au début des années 1990.

M. Obama a accueilli à la Maison-Blanche le président Hassan Cheikh Mohamoud, élu le 10 septembre 2012 à l'issue d'un laborieux processus, parrainé par la communauté internationale et visant à reconstruire l'État central somalien qui s'était effondré avec la chute du dictateur Mohammed Siad Barre en 1991.

Le président américain a « pris note des progrès impressionnants en matière politique et de sécurité dans l'année écoulée en Somalie », selon un communiqué de la Maison-Blanche, mais a également « reconnu les nombreuses difficultés auxquelles la Somalie doit faire face ».

M. Obama a toutefois « exprimé son optimisme pour l'avenir de la Somalie », exhortant son hôte à « saisir cette opportunité unique de tourner la page de deux décennies de conflit ».

Avant d'avoir les honneurs de la Maison-Blanche, le président somalien - un universitaire de 56 ans et une figure respectée de la société civile - avait gagné la reconnaissance de son gouvernement par la secrétaire d'État Hillary Clinton.

Cette dernière s'est félicitée que « pour la première fois depuis 1991, ce pays ait un gouvernement représentatif avec un nouveau Parlement, un nouveau Premier ministre et une nouvelle Constitution ».

« Nouvelle ère »

De fait, ces institutions politiques sont le résultat d'une décennie d'efforts de la communauté internationale et des États-Unis ces trois dernières années. Depuis 2000, la Somalie, peuplée d'environ huit millions d'habitants, a été dirigée par des autorités de transition sans grande légitimité.

Saluant une « nouvelle ère » pour son pays ravagé par la guerre et les famines, Hassan Cheikh Mohamoud a expliqué que la Somalie « sortait d'une très longue et très difficile période » et comptait passer de « l'instabilité, l'extrémisme et la piraterie (...) au développement et à la paix ».

Depuis deux décennies, la Somalie a été livrée au chaos et à la guerre civile jusqu'à ce que les islamistes shebab, affiliés à Al-Qaïda, soient chassés en août 2011 de Mogadiscio par une force de l'Union africaine (ANISOM). Ces radicaux armés contrôlent encore de larges zones rurales du sud et du centre de la Somalie.

Les shebab sont apparus en 2007 des décombres d'un précédent mouvement islamiste, l'Union des tribunaux islamiques, expulsés de Mogadiscio par l'armée éthiopienne.

« Notre politique ces quatre dernières années en Somalie et dans la région a fait la différence en consolidant (les institutions centrales) à Mogadiscio, en contribuant à se débarrasser d'éléments clés de la cellule d'Al-Qaïda en Afrique de l'Est et en cassant les reins des shebab », s'était vanté le secrétaire d'État adjoint pour l'Afrique, Johnnie Carson, en dévoilant mercredi à l'avance la reconnaissance américaine de la Somalie.

Cela devrait ouvrir à Mogadiscio les portes de l'aide de la Banque mondiale et du Fonds monétaire internationale, selon M. Carson.

« Nous sommes très loin du 3 octobre 1993 lorsqu'est survenu Black Hawk Down à Mogadiscio », avait dit le diplomate en référence à la bataille de Mogadiscio il y a plus de 19 ans au cours de laquelle des hélicoptères américains furent abattus et 18 soldats tués.

Les images des corps des militaires traînés dans les rues furent un traumatisme pour les États-Unis qui ont piloté entre décembre 1992 et mars 1995 une opération de l'ONU en Somalie.

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