L'OMS montrée du doigt pour sa gestion de l'épidémie d'Ebola

L'épidémie d'Ebola, une fièvre hémorragique très dangereuse, a... (PHOTO DANIEL BEREHULAK, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES/AP)

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L'épidémie d'Ebola, une fièvre hémorragique très dangereuse, a commencé en décembre 2013 en Guinée et s'est rapidement propagée aux deux pays voisins, la Sierra Leone et le Liberia (ci-dessus), à un rythme exponentiel, avec des centaines de cas par mois.

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L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Marie-Noëlle BLESSIG
Agence France-Presse
GENÈVE

Une semaine avant le rendez-vous annuel des États membres de l'OMS, un groupe d'experts mandatés par l'ONU a dénoncé les défaillances et les dysfonctionnements de l'organisation internationale dans sa gestion de l'épidémie d'Ebola, qui a fait plus de 11 000 morts.

«Nous ne comprenons toujours pas pourquoi les avertissements précoces» lancés entre mai et juin 2014 n'ont «pas reçu une réponse effective et adéquate», écrivent les experts dans leur rapport préliminaire, après plus de 2 mois d'enquête.

L'épidémie d'Ebola, une fièvre hémorragique très dangereuse, a commencé en décembre 2013 en Guinée et s'est rapidement propagée aux deux pays voisins, la Sierra Leone et le Liberia, à un rythme exponentiel, avec des centaines de cas par mois. L'OMS n'a cependant tiré la sonnette d'alarme qu'en août 2014, en déclenchant une «urgence sanitaire mondiale», bien après les alertes lancées par des ONG comme Médecins sans frontières.

En outre, l'OMS n'a pas «cherché le soutien d'autres agences de l'ONU» et des ONG spécialisées dans l'humanitaire. Si cela avait été fait à un «stade précoce», cela aurait pu faire «éviter la crise» qui a conduit à la nécessité de la création d'une autre structure, la Mission des Nations Unies pour la lutte contre l'Ebola (UNMEER), indique le rapport.

Le rapport des experts, qui sera publié dans sa version définitive en juin prochain, ne se prononce pas sur la responsabilité de la directrice générale de l'OMS, le Dr Margaret Chan, dans la gestion de la crise.

Interrogée à ce sujet lors d'une conférence de presse lundi à Genève, Mme Barbara Stocking, présidente du groupe d'experts, a répondu qu'il «faut être prudent, la responsabilité ne peut pas reposer sur une seule personne, on n'a pas compris tout de suite que cette fois-ci l'épidémie d'Ebola était différente des autres».

Le rapport, qui n'est «pas destiné à finir au fond d'une étagère», selon Mme Stocking, fait aussi des propositions concrètes. Il recommande notamment de renforcer la capacité opérationnelle de l'OMS.

Être prêts à l'avenir

Les États membres sont invités à mettre sur pied un fonds d'urgence ainsi qu'une force internationale d'intervention sanitaire qui pourrait être mobilisée immédiatement.

L'OMS doit aussi mettre en place une équipe pluridisciplinaire qui serait déchargée de ses autres fonctions pour répondre à l'urgence.

Une structure de commandement claire, unique au sein de l'agence doit être créée aussi rapidement que possible. Les experts recommandent que le Conseil exécutif de l'OMS prenne une décision à cet égard en janvier 2016.

Parmi les raisons du retard à la réponse de la crise, Mme Stocking a aussi évoqué le problème des changements de mentalité sur place en Afrique, dans des communautés qui ont pratiqué pendant des centaines d'années des rites funéraires et auxquelles on demande brutalement de les abandonner, car ils favorisent la transmission du virus mortel.

«Il y a eu sur place un très haut niveau de résistance» aux nouvelles consignes d'inhumation, qui ont été diffusées de manière «brutale», avec des messages tels qu'«Ebola tue», a-t-elle dit.

Les ONG locales auraient dû être aussi associées plus rapidement au travail des experts de l'OMS, a-t-elle ajouté, en précisant qu'il y a eu aussi de grosses difficultés dans la collecte des statistiques.

Ce groupe de six experts présidé par Mme Stocking, a été constitué le 9 mars dernier, pour faire la lumière sur la gestion de la crise Ebola par l'OMS.

Le rapport remis lundi est destiné aux États membres de l'OMS, qui se réuniront en Assemblée générale annuelle la semaine prochaine à Genève.

Ebola sera d'ailleurs l'un des points forts de l'assemblée 2015, et le document remis lundi sera discuté en séance plénière. Avant la version du rapport, les experts veulent se rendre dans les pays les plus touchés pour continuer leur enquête sur place.

Les pays les plus touchés, le secrétariat de l'OMS, et plus globalement la communauté internationale ont été «en retard» sur l'expansion rapide du virus Ebola, ont constaté les experts.

Le virus s'est en effet très rapidement propagé. À ce jour, plus de 11 000 personnes sont décédées des suites d'Ebola et 26 722 ont été affectées par le virus.

Le virus a particulièrement touché 3 pays d'Afrique occidentale : la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia.

Le Liberia n'est cependant plus considéré depuis samedi dernier comme un pays touché par l'épidémie d'Ebola. Le virus y a fait cependant plus de 4700 morts sur plus de 10 500 cas en presque 18 mois.

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