La Sierra Leone confine à nouveau sa population

Les quelque six millions d'habitants du pays, à... (PHOTO FRANCISCO LEONG, ARCHIVES AFP)

Agrandir

Les quelque six millions d'habitants du pays, à l'exception des travailleurs de la santé et sauf autorisations spéciales, sont contraints de rester chez eux depuis vendredi à 6 h locales (2 h, heure de Montréal), jusqu'au dimanche à 18 h, selon une décision du président Ernest Bai Koroma.

PHOTO FRANCISCO LEONG, ARCHIVES AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Virus Ebola

International

Virus Ebola

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Rod MAC JOHNSON
Agence France-Presse
FREETOWN

Les Sierra-Léonais ont vécu vendredi dans le calme vendredi le premier jour de leurs trois jours de confinement, mesure radicale imposée pour la deuxième fois en six mois pour couper les chaînes de transmission d'Ebola, qui a conduit à des débordements dans une localité frontalière en Guinée.

À l'exception des personnels de santé et des autorisations spéciales, les quelque six millions d'habitants du pays sont contraints de rester chez eux depuis vendredi 6h, jusqu'à dimanche 18h, selon une décision du président Ernest Bai Koroma.

Cependant, quelques centaines de Sierra-Léonais voulant échapper au confinement ont traversé la frontière avec la Guinée, pour Forécariah (ouest) et ses environs, où ils ont été accueillis avec hostilité par les habitants, selon une source sécuritaire et des témoins joints tard vendredi soir depuis Conakry par l'AFP.

Les forces de l'ordre ont placé les Sierra-Léonais sous leur protection et se sont interposés entre eux et les habitants qui voulaient les renvoyer de Guinée.

Des échauffourées ont éclaté entre policiers et habitants, faisant une trentaine de blessés, pour l'essentiel parmi les habitants en colère, selon la source sécuritaire. Le calme était revenu vendredi soir, les Sierra-Léonais demeuraient sous protection de gendarmes.

«Nous luttons avec nos maigres moyens pour tenter d'éradiquer Ebola dans nos villages (...). En pareille situation, c'est chacun pour soi», a protesté un résident de Forécariah, Alassane Fofana.

L'épidémie actuelle d'Ebola est partie en décembre 2013 du sud de la Guinée, puis s'est propagée au Liberia et à la Sierra Leone. Ces trois pays comptent plus de 99% des plus de 10 300 morts identifiés sur quelque 25 000 cas, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) arrêté au 22 mars.

Sur les trois Etats, qui espèrent tous atteindre zéro cas à la mi-avril, c'est en Guinée que les réactions à la lutte contre Ebola sont les plus fréquentes et les plus violentes, en particulier dans le Sud.

Près de 26 000 volontaires mobilisés 

En Sierra Leone, où ont été enregistrés plus de 3700 morts sur plus de 11 800 cas d'Ebola d'après le même bilan de l'OMS, le calme a en revanche prévalu toute la journée de vendredi, selon un journaliste de l'AFP à Freetown, la capitale, et des témoins dans plusieurs villes de province.

Un allègement des restrictions a été observé pendant trois heures pour permettre aux musulmans - majoritaires dans le pays - d'effectuer la grande prière hebdomadaire, et il en sera de même dimanche de 07h00 à 14h00 pour permettre aux chrétiens d'aller à la messe pour le Dimanche des Rameaux, a indiqué à l'AFP Palo Conteh, chef du Centre national de lutte contre Ebola (NERC).

Le porte-parole du gouvernement, Abdulai Bayratay, citant des «rapports» reçus de toutes les régions, a indiqué à l'AFP que les populations ont manifesté leur «appui total» au confinement, y voyant «un effort déterminé pour débarrasser le pays d'Ebola».

Un premier confinement général avait déjà été imposé à toute la population en Sierra Leone il y a un peu plus de six mois, du 17 au 19 septembre 2014.

Ce nouvel isolement a été décidé face à une recrudescence des cas dans certaines zones risquant de compromettre le reflux général noté depuis décembre 2014, selon les autorités, qui veulent par ailleurs réduire les risques à l'approche de la réouverture des écoles, le 14 avril, après huit mois de fermeture.

Jusqu'à dimanche, près de 26 000 volontaires sont mobilisés pour faire du porte-à-porte et il n'est plus envisagé de poursuivre la même opération pour les samedis 4, 11 et 18 avril comme initialement prévu, selon Palo Conteh, du NERC.

«La campagne se déroule à l'échelle nationale, mais en mettant plus l'accent sur quatre districts: la région de l'Ouest (comprenant Freetown), Port Kolo, Bombali et Kambia (nord)», proches de Forécariah, où sont localisés les foyers actuels, a expliqué M. Conteh.

Hors de Sierra Leone, au Liberia, un dernier cas reste sous surveillance, tandis qu'en Guinée, une campagne de vaccination à grande échelle contre Ebola est en cours depuis le 24 mars.

Le vaccin utilisé est le VSV-EBOV mis au point par l'Agence de la santé publique canadienne. Le VSV-EBOV est, avec le VSV-ZEBOV, un des deux vaccins expérimentaux contre le virus Ebola jugés sans risque par l'Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID).

A Londres, une infirmière britannique contaminée par Ebola en Sierra Leone est sortie guérie vendredi de l'hôpital après avoir reçu un nouveau traitement expérimental utilisé pour la première fois selon les médecins, le MIL 77, fabriqué en Chine.

Il n'y a à ce jour ni traitement, ni vaccin autorisés contre Ebola, mais l'OMS a donné le feu vert pour accélérer les essais cliniques de vaccins candidats prometteurs pour endiguer l'épidémie.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer