Ebola: l'Afrique de l'Ouest intensifie ses efforts

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L'état d'urgence a été instauré en Sierra Leone, où les travailleurs de la santé ont revêtu des vêtements et de l'équipement de protection contre le virus Ebola, samedi à Kenema.

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Virus Ebola
Virus Ebola

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Zoom DOSSO, Rod MAC JOHNSON
Agence France-Presse
MONROVIA et FREETOWN

Les pays d'Afrique de l'Ouest ont intensifié ce week-end leurs efforts pour contenir l'épidémie d'Ebola responsable de près de 1000 morts, et espèrent pouvoir recourir à un anticorps expérimental ou un vaccin en cours d'élaboration.

Le Liberia, qui a décrété le 6 août l'état d'urgence pour 90 jours, a inauguré un centre d'appels téléphoniques pour améliorer la prévention, essentielle pour limiter la propagation du virus à l'origine de cette fièvre hémorragique.

Les opérateurs travaillent dans un «centre de ressources» installé dans les locaux d'une agence étatique à Monrovia, et créé pour coordonner «tous les efforts» dans la lutte contre Ebola, a expliqué à l'AFP la porte-parole du centre, Barkue Tubman.

En trois jours, ils ont traité près de 3500 appels signalant notamment des malades ou des décès suspects, selon Mme Tubman.

L'armée contrôlait strictement les accès à la capitale, Monrovia, en provenance de régions touchées par la flambée de fièvre, qui affecte deux autres États voisins - la Guinée et la Sierra Leone - ainsi que le Nigeria.

L'épidémie, déclarée en Guinée, est la plus grave depuis la découverte en 1976 en Afrique centrale du virus, qui se transmet par contact direct avec le sang et des liquides biologiques de personnes ou d'animaux infectés. La fièvre Ebola est hautement contagieuse et son taux de décès varie de 25 à 90 %.

Elle a fait plus de 960 morts sur près de 1800 cas (confirmés, probables ou suspects) dans les quatre pays touchés, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), évoquant une «urgence de santé publique de portée mondiale».

L'état d'urgence sanitaire a été instauré en Sierra Leone et au Nigeria.

En Sierra Leone, quelque 1500 militaires et policiers étaient déployés sous le nom de code «Opération Octopus» (pieuvre) pour veiller à l'application stricte des mesures anti-Ebola.

Ces mesures bouleversent le quotidien: lieux de loisirs fermés, déplacements limités, transport et distribution de produits de base perturbés. Des dispositions durement vécues surtout à Kailahun et Kenema (est), zones agricoles et minières en quarantaine depuis le 7 août.

La Guinée avait annoncé samedi la fermeture de ses frontières terrestres avec le Liberia et la Sierra Leone. Mais elle est revenue sur cette décision quelques heures plus tard: elle veut éviter une multiplication de déplacements transfrontaliers clandestins et préfère désormais «des mesures contraignantes» pour mieux contrôler les voyages.

Cas suspect au Sénégal 

Au Sénégal, pays voisin de la Guinée, un premier cas suspect a été signalé: dans le nord-est du pays, un Malien présentant des symptômes proches de ceux d'Ebola a été mis en quarantaine, dans l'attente des résultats de ses analyses.

Pays le plus peuplé d'Afrique, le Nigeria, qui a déjà enregistré deux morts d'Ebola (sur un total de 13 cas), cherche à tout prix à éviter une propagation du virus.

Il a suspendu les vols de la compagnie nationale gambienne sur son territoire, jugeant ses mesures de précaution «insatisfaisantes» alors qu'elle opère notamment au Liberia et en Sierra Leone.

Hors du continent, un Roumain de retour du Nigeria a été placé en quarantaine dimanche dans un hôpital de Bucarest. L'hôpital estime «à près de 99 %» qu'il ne s'agit pas d'Ebola, mais attend les résultats des analyses pour en avoir la certitude.

À Hong Kong, les examens se sont révélés négatifs sur un Nigérian qui avait été mis en isolement. Cette ville de quelque 7 millions d'habitants reste marquée par l'épidémie de pneumonie atypique (SRAS) qui y a fait 300 morts il y a onze ans.

Les appels se sont multipliés ces derniers jours en faveur de mesures d'exception, de prévention ou de mise à disposition de moyens extraordinaires, y compris l'éventuelle utilisation de traitements curatif ou préventif encore expérimentaux, en cours de développement dans des laboratoires occidentaux.

Il n'existe pour l'instant aucun traitement ou vaccin spécifiques contre la fièvre Ebola.

Certains Etats ont souhaité pouvoir utiliser un anticorps expérimental développé aux États uni, le «ZMAPP», jamais testé sur l'homme, et qui a été administré à deux Américains infectés au Liberia. Ces deux personnes ont été transférées aux États-Unis et mises en quarantaine.

Un prêtre espagnol contaminé au Liberia et rapatrié à Madrid devrait bénéficier du sérum expérimental, dont l'Espagne a autorisé l'importation.

L'OMS doit se réunir la semaine prochaine pour examiner l'éventualité d'utiliser le «ZMAPP» en Afrique de l'Ouest.

Un traitement préventif contre Ebola mis au point par le laboratoire britannique GSK pourrait faire l'objet d'essais cliniques en septembre, et s'ils sont concluants, être disponible en 2015, d'après Jean-Marie Okwo Bélé, un responsable à l'OMS.




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