Le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk démissionne

L'ex-premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk.... (Photo François Lenoir, archives Reuters)

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L'ex-premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk.

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Laetitia PERON
Agence France-Presse
KIEV

L'Ukraine se cherchait lundi un nouveau gouvernement prooccidental après l'annonce de la démission du premier ministre Arseni Iatseniouk au terme de mois d'une crise politique qui a paralysé le travail du cabinet.

Le futur chef du gouvernement héritera d'une situation compliquée avec la question irrésolue du Donbass, territoire de l'est de l'Ukraine sous le contrôle des séparatistes prorusses, et une crise économique aiguë aggravée par la détérioration des relations avec la Russie, premier partenaire commercial de l'Ukraine.

Vivement critiqué pour l'insuffisance des réformes promises et accusé de défendre les intérêts des oligarques, M. Iatseniouk a annoncé dimanche sa démission lors d'une émission de télévision hebdomadaire. Son départ doit être entériné mardi par le Parlement. Le candidat le plus probable pour lui succéder semble être le président du Parlement, Volodymyr Groïssman.

«Je m'attends à ce que ce soit M. Groïssman, mais je travaillerai avec n'importe quel premier ministre», a ainsi déclaré dimanche le président Petro Porochenko.

M. Groïssman, qui avait par le passé indiqué être prêt à occuper les fonctions de premier ministre, a de son côté salué la décision de M. Iatseniouk. «Ce fut un geste réfléchi et digne, sans doute pas facile, mais qui mérite le respect», a-t-il dit, selon l'agence Interfax-Ukraine.

Le président du Parlement a ensuite appelé à la formation d'une nouvelle coalition au Parlement «capable de former un nouveau gouvernement réformateur et de choisir un premier ministre».

La démission d'Arseni Iatseniouk ouvre en effet la voie à un gouvernement totalement nouveau en Ukraine, qui devrait toutefois continuer sur une même politique pro-occidentale.

Selon les experts et les médias ukrainiens, l'un des plus importants changements pourrait concerner la ministre des Finances d'origine américaine Natalie Jaresko, appelée à partir.

Ascension et chute éclair

La démission d'Arseni Iatseniouk, 41 ans, qui a assuré avoir fait tout son possible pour «assurer la stabilité du pays et construire une transition aussi calme que possible», intervient après des mois de mécontentement en Ukraine, en raison de l'insuffisance des réformes promises et de scandales de corruption touchant son entourage.

Il avait ainsi échappé il y a moins de deux mois à une motion de censure du Parlement. «La crise politique en Ukraine est alimentée artificiellement. La volonté de remplacer un homme (Iatseniouk, NDLR) a aveuglé les hommes politiques du pays et paralysé leur volonté de changements réels dans le pays», a fustigé dimanche M. Iatseniouk à l'adresse des politiciens ukrainiens. Il n'a pour l'instant rien dit du rôle qu'il comptait désormais jouer dans la politique ukrainienne.

Nommé chef du gouvernement en février 2014, dans la foulée du succès du mouvement pro-européen du Maïdan, Arseni Iatseniouk avait d'abord été le chouchou des Occidentaux, parlant couramment anglais et rompant avec ses prédécesseurs aux passés et habitudes soviétiques.

Lors d'une conversation téléphonique dimanche, le vice-président américain Joe Biden l'a d'ailleurs «remercié» «pour son partenariat durant une période historique pour l'Ukraine,» selon un communiqué.

Alors que Kiev est confronté à une crise économique gravissime, sa politique de rigueur budgétaire drastique lui a permis d'obtenir une perfusion indispensable du Fonds monétaire international (FMI).

Ses prises de position antirusses et son plaidoyer en faveur de l'adhésion à l'OTAN, idée dont la popularité a bondi depuis 2014 en Ukraine, ont touché la fibre patriotique d'une bonne partie de la population, ce qui a permis à son parti Front national d'arriver en tête du scrutin proportionnel lors des législatives de fin 2014.

Mais son étoile a pâli. Crédité de seulement 8 % de taux d'approbation dans des sondages, la coalition qu'il forme avec le président Petro Porochenko est fragilisée et il est lâché en février 2016 par le chef de l'État, qui appelle à sa démission.

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