Risque d'une «guerre totale» entre l'Ukraine et la Russie

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Des membres de forces ukrainiennes patrouillent près de la ville d'Artemivsk, dans l'est de l'Ukraine, le 4 juin.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Laetitia PERON, Ioulia SILINA
Agence France-Presse
GUEORGUIIVKA et KIEV

L'Ukraine a mis en garde jeudi contre la menace d'une «guerre totale» avec la Russie, accusée de soutenir la rébellion dans l'Est séparatiste, au lendemain d'une flambée de violence qui a fait 26 morts.

L'Union européenne, ainsi que Paris et Berlin, parrains des très fragiles accords de paix de Minsk 2, ont unanimement exprimé leur préoccupation concernant une reprise tous azimuts des combats dans l'est du pays, Moscou avertissant de son côté que le processus de paix risquait de «voler en éclats».

Les affrontements de mercredi près de Mariinka, un village sous contrôle ukrainien, ont été les plus violents depuis la reprise par les rebelles du noeud ferroviaire stratégique de Debaltseve, à mi-chemin des bastions séparatistes de Donetsk et de Lougansk, peu après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 15 février.

«La menace d'une reprise d'actions militaires de grande envergure des groupuscules terroristes russes demeure gigantesque», a souligné M. Porochenko lors de son adresse annuelle au Parlement ukrainien, affirmant que plus de 9000 soldats russes se trouvaient actuellement en Ukraine.

«En raison de la menace permanente que la Russie lance une guerre totale contre l'Ukraine, la défense de notre pays demeure une priorité clé», a-t-il poursuivi.

Les autorités ukrainiennes n'ont cessé de dénoncer la menace d'une reprise des hostilités, voire d'une invasion par le voisin russe, qui a annexé en mars 2014 la péninsule de Crimée.

L'Union européenne a fait écho à ces préoccupations, estimant que l'«escalade» des combats la veille, considérée comme «la plus grave violation» du cessez-le-feu depuis février, risquait d'enclencher «une nouvelle spirale de violences».

Alors que les rebelles ont nié toute implication dans l'offensive, la Russie, accusée par l'Ukraine et par les Occidentaux de soutenir et d'armer les séparatistes prorusses, a pour sa part dénoncé des «provocations» ukrainiennes.

Les accords de Minsk 2, signés le 12 février, «sont en permanence menacés de voler en éclats à cause des actes des autorités de Kiev», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, cité par l'agence Interfax.

«Ce que nous avons observé ces dernières 24 heures en Ukraine est un rappel qui montre que la trêve est très fragile», a déclaré le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg.

Mouvement d'armes lourdes

Les autorités ukrainiennes accusent les rebelles d'avoir déclenché une «offensive majeure» avec plus de 10 chars et 1000 hommes contre leurs positions à Mariinka, à une vingtaine de kilomètres de Donetsk, mercredi à l'aube.

Dans un rapport, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a indiqué avoir observé le «mouvement d'un grand nombre d'armes lourdes dans les territoires contrôlés par la République populaire de Donetsk, généralement vers l'ouest de la ligne de front, près de Mariinka, avant et durant les combats».

La mission, basée à Donetsk, a de plus rapporté avoir entendu environ 100 tirs sortants d'artillerie, lancés depuis une zone située entre un et cinq kilomètres de Donetsk à l'aube mercredi, ainsi que des tirs sortants de lance-roquettes multiples Grad. «Le calme était revenu dans la soirée», a précisé l'organisation.

«Nous sommes restés dans le sous-sol toute la journée hier», a témoigné à l'AFP une habitante de Mariinka, Svetlana Mokraïa, 49 ans, qui a pu se réfugier dans la localité voisine de Gueoguiivka avec l'aide d'une ambulance.

Les rebelles ont tenté «de trouver des points faibles, mais nous avons repoussé (l'attaque, NDLR). Ils sont repartis à Donetsk», a affirmé pour sa part Sergueï, un soldat ukrainien de 30 ans.

Le bilan des affrontements s'élève à 26 morts. Un représentant de la République populaire autoproclamée de Donetsk, Edouard Bassourine, a déclaré à l'AFP que 16 rebelles et 5 civils avaient été tués ces dernières 24 heures. De son côté, Iouri Birioukov, un proche conseiller du président ukrainien, a fait état de cinq soldats tués, sur sa page Facebook.

Cette flambée des violences fait craindre que les accords de Minsk, qui visaient à mettre fin à une crise qui a conduit à une confrontation sans précédent depuis la Guerre froide entre la Russie et les Occidentaux, ne volent en éclat. Le conflit dans l'est a déjà fait plus de 6400 morts depuis son déclenchement en avril 2014.

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