Regain de violences dans l'Est ukrainien

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Les points les plus chauds se situent à Piski et à Avdiïvka, des localités sous contrôle ukrainien près de l'aéroport de Donetsk, aux mains des insurgés depuis janvier, mais aussi dans le village de Chirokiné, à 10 km de Marioupol, dernière grande ville de l'Est rebelle sous contrôle de Kiev.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Alexander GAYUK, Dmytro GORSHKOV
Agence France-Presse
CHIROKINÉ, Ukraine

Six soldats ukrainiens ont été tués et un journaliste blessé mardi dans l'Est séparatiste prorusse de l'Ukraine qui connaît un regain de tensions deux mois après l'entrée en vigueur d'une trêve, provoquant l'inquiétude des médiateurs internationaux.

La situation «reste instable et les provocations armées de l'ennemi se poursuivent quasiment de tous les côtés», a déclaré le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko, précisant qu'outre les six militaires tués, douze soldats avaient été blessés au cours des dernières 24 heures.

Les chefs des diplomaties allemande, française, russe et ukrainienne, réunis lundi soir à Berlin, ont exprimé leur «vive inquiétude» concernant les violations du cessez-le-feu arraché lors de pourparlers de Minsk le 12 février avec la médiation du président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel en présence du président russe Vladimir Poutine.

La situation en Ukraine sera sans doute encore largement discutée lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 mardi et mercredi à Lübeck (nord de l'Allemagne).

Selon M. Lyssenko, les rebelles prorusses ont tiré sur les soldats ukrainiens au mortier de 120 millimètres et avec des canons de 122 mm - armes qui auraient dû être retirées de la ligne du front selon les termes du cessez-le-feu - et avec des chars. Le survol de huit drones ennemis a également été relevé.

Les points les plus chauds se situent à Piski et à Avdiïvka, des localités sous contrôle ukrainien près de l'aéroport de Donetsk, aux mains des insurgés depuis janvier, mais aussi dans le village de Chirokiné, à 10 km de Marioupol, dernière grande ville de l'Est rebelle sous contrôle de Kiev.

Journaliste blessé par une mine

Un journaliste de la chaîne de télévision russe Zvezda, appartenant au ministère russe de la Défense, y a été blessé mardi après avoir marché sur une mine artisanale.

L'incident s'est produit au moment où l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) effectuait une mission de surveillance dans le village.

Un journaliste de l'AFP qui se trouvait sur place a indiqué que le journaliste de la chaîne russe se trouvait avec un groupe de journalistes escortés par des rebelles lorsqu'il a été blessé.

Des médecins de l'OSCE lui ont alors porté secours.

«Nous avons entendu deux explosions, dont l'une a blessé un des journalistes présents. C'est très probablement une munition non explosée qui l'a blessé dans la partie supérieure de son corps», a indiqué Alexander Hug, chef adjoint de la mission spéciale d'observation de l'OSCE en Ukraine.

Il a appelé au cours d'une conférence de presse dans la soirée les deux parties en conflit à retirer leurs armes de Chirokiné et à assurer l'accès dans le village d'observateurs de l'OSCE, déplorant que ces derniers n'aient pu avancer que de 300 mètres lors de leur inspection la veille.

«Il y a plus de dégâts, beaucoup d'obus non explosés», a-t-il souligné.

Aller plus loin dans le retrait des armes

Malgré l'entrée en vigueur d'un nouveau cessez-le-feu mi-février, à la suite de la signature le 12 février des accords de paix de Minsk 2, les incidents armés se poursuivent dans l'est de l'Ukraine, où le conflit a fait plus de 6000 morts en un an.

Lundi soir, les chefs des diplomaties allemande Frank-Walter Steinmeier, française Laurent Fabius, russe Sergueï Lavrov et ukrainienne Pavlo Klimkine ont exprimé leur «vive inquiétude» sur les violations du cessez-le-feu en Ukraine.

Ils ont appelé au «retrait des armes lourdes», mais aussi des «mortiers, armes lourdes d'un calibre inférieur à 100 mm ainsi que de tous les types de chars».

Cet appel va «au-delà» de l'accord de Minsk signé en février, qui prévoyait un retrait des armes d'un calibre supérieur à 100 mm le long de la ligne de front pour créer une zone tampon de 50 à 140 km en fonction du type d'armement, a affirmé le chef de la diplomatie allemande.

Au cours d'une visioconférence avec les émissaires séparatistes mardi, l'émissaire de Kiev Léonid Koutchma a réitéré cette proposition en proposant également de démilitariser Chirokiné, a indiqué la porte-parole de M. Koutchma, Darka Olifer.

Dans un communiqué conjoint, les émissaires séparatistes ont indiqué mardi soir que ces discussions n'avaient donné «aucun résultat».

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