Washington accuse Poutine de chercher à déstabiliser l'Ukraine

Washington soutient depuis un an les autorités pro-occidentales... (Photo: AP)

Agrandir

Washington soutient depuis un an les autorités pro-occidentales de Kiev et affirme que Moscou est militairement présent dans l'est ukrainien aux côtés de rebelles qu'il arme, ce que les Russes démentent.

Photo: AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Ukraine
Ukraine

Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Stéphane Jourdain, Oleksandr SAVOCHENKO
Agence France-Presse
Washington et Kiev

Le cessez-le-feu semblait enfin tenir dans l'est séparatiste prorusse de l'Ukraine après que la pression occidentale s'est encore accrue sur la Russie, accusée par les États-Unis de «mentir» sur son rôle dans le conflit qui a fait 5800 morts en 10 mois.

Sur le terrain, l'armée ukrainienne a fait état d'une «baisse considérable» des tirs rebelles et s'est félicitée du fait qu'aucun soldat n'ait été tué en 24 heures, pour la première fois depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 15 février.

Le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko a toutefois souligné que la trêve n'était pas entièrement respectée, dénonçant notamment le passage d'«un grand nombre de chars, de lance-roquettes multiples Grad et d'autres équipements» vers la ville côtière de Novoazovsk contrôlée par les rebelles et située à 30 km du port stratégique de Marioupol.

Le secrétaire d'État américain John Kerry a fait écho à ses propos, estimant qu'«à ce jour, ni la Russie, ni les forces qu'elle soutient ne (...) remplissaient leurs engagements» contenus dans l'accord de paix de Minsk du 12 février.

Beaucoup craignent en Ukraine que Marioupol, dernière grande ville de l'Est rebelle contrôlée par Kiev, ne soit la prochaine cible des séparatistes prorusses qui ont pris il y a une semaine la ville stratégique de Debaltseve, en dépit du cessez-le-feu.

«Bien sûr qu'une attaque est possible. Les gens ont peur», a déclaré à l'AFP Anatoli, un retraité de 59 ans, habitant du quartier de Marioupol où plus de 30 civils avaient été tués dans des bombardements le 24 janvier.

Les rebelles ont de leur côté amené un groupe de journalistes à Obilné, à une vingtaine de kilomètres au sud de Donetsk pour leur montrer ce qu'ils ont présenté comme un «retrait d'armes lourdes».

Des journalistes de l'AFP ont vu une colonne de 14 canons mobiles de 122 mm et de plusieurs camions se déplacer sur la route, en provenance de l'ouest, où se situe la ligne de front et en direction de la ville de Starobecheve au sud.

«Nous appliquons les accords de Minsk», signés avec la médiation des dirigeants français François Hollande et allemand Angela Merkel, et en présence du président russe Vladimir Poutine, qui prévoient le retrait des armes lourdes permettant la création d'une zone tampon élargie autour de la ligne de front, a affirmé à l'AFP Nikolaï, un commandant rebelle.

La mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sur place a pour sa part souligné qu'elle ne pouvait confirmer aucun retrait.

Guerre du gaz 

A Donetsk, bastion des séparatistes prorusses, on n'a presque plus entendu de tirs mercredi, ce qui laissait pour la première fois en 10 jours l'impression que le cessez-le-feu était respecté.

Sur le front énergétique, le ton est monté entre l'Ukraine et la Russie, Vladimir Poutine qualifiant de «génocide» le refus des autorités de Kiev de livrer du gaz aux régions rebelles.

Le géant gazier russe Gazprom a commencé la semaine dernière à approvisionner directement les zones sous contrôle des rebelles sans l'aval de Kiev, et Moscou estime que c'est l'Ukraine qui doit payer.

Sur le plan diplomatique, la pression est aussi montée d'un cran contre la Russie, accusée par Kiev et les Occidentaux d'armer les rebelles prorusses de l'Est et d'y avoir déployé des troupes régulières. Moscou dément toute implication dans le conflit.

La Russie «se livre à l'exercice de propagande le plus flagrant et le plus important depuis le plus fort de la Guerre froide», a jugé M. Kerry, affirmant que les dirigeants russes «mentaient» avec aplomb concernant «ce qu'ils font là-bas» en Ukraine.

Il n'a pas exclu l'adoption de sanctions supplémentaires contre Moscou.

De son côté, le général américain Philip Breedlove, commandant des troupes de l'Otan en Europe, a estimé que la Russie avait «mis la barre très haut (...) dans ses interactions en Ukraine orientale et au Donbass» en matière militaire, avec «plus d'un milliers de véhicules de combat, des forces de combat, certaines des défenses anti-aériennes les plus sophistiquées, des bataillons d'artillerie».

Quant au Premier ministre britannique David Cameron, il a évoqué l'idée d'exclure la Russie du système de paiement interbancaire Swift si Moscou continuait à «démanteler» l'Ukraine, annonçant également l'envoi d'instructeurs militaires pour conseiller et entraîner les troupes ukrainiennes.

Pour le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, la question de nouvelles sanctions contre Moscou «serait à nouveau posée au niveau européen» en cas d'attaque des séparatistes prorusses contre Marioupol.

La Pologne a annoncé envisager d'envoyer en Ukraine des instructeurs militaires pour y former des sous-officiers ukrainiens, selon le général Boguslaw Pacek, responsable de la formation au ministère polonais de la Défense.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer