Ukraine: les négociations de paix piétinent

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Le principal point d'achoppement entre belligérants est la demande des séparatistes que Kiev reprenne le financement budgétaire des régions séparatistes, coupé à la mi-novembre.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Ania TSOUKANOVA
Agence France-Presse
KIEV

Le président ukrainien pro-occidental Petro Porochenko a rencontré à Kiev son homologue bélarusse Alexandre Loukachenko, visite suivie lundi par celle du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev dans ce qui apparaît comme une prise de distance avec la Russie de la part de ses alliés traditionnels.

Parallèlement, un nouveau round de négociations entre Kiev et rebelles était attendu dimanche à Minsk pour relancer le processus de paix, mais les protagonistes ne sont pas parvenus à confirmer cette date ni même à en avancer une autre.

«Il n'y a aucune nouvelle information quant à la date de la rencontre de Minsk», a déclaré dimanche à l'AFP Denis Pouchiline, représentant de la République autoproclamée de Donetsk (DNR).

Selon des sources au sein du pouvoir ukrainien, M. Loukachenko, bête noire des Occidentaux et allié de longue date de la Russie, mais qui s'est notamment gardé de soutenir les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine, a souhaité solliciter Kiev pour l'aider à se rapprocher de l'Europe.

Le président bélarusse s'est déclaré prêt à «tout faire» pour aider l'Ukraine à apaiser le meurtrier conflit armé dans l'Est rebelle lors de sa rencontre avec son homologue pro-occidental Petro Porochenko.

«Nous allons tout faire pour qu'il y ait la paix et le calme ici», a déclaré M. Loukachenko, cité par son service de presse alors que le conflit armé a déjà fait plus de 4700 morts depuis son début en avril.

L'Allemagne, principal médiateur européen dans la crise ukrainienne, a à plusieurs reprises souligné cette semaine l'importance d'une rencontre «physique» entre les rebelles et le Groupe de contact composé de représentants de l'Ukraine, de la Russie et de l'OSCE.

La chancelière Angela Merkel a eu un entretien téléphonique samedi avec M. Porochenko à ce sujet.

«Il est crucial d'organiser la rencontre», a souligné la présidence ukrainienne dans un communiqué.

Le vice-président américain Joe Biden s'est également entretenu samedi par téléphone avec M. Porochenko pour discuter du processus de Minsk et de la situation financière de l'Ukraine, entretien au cours duquel le président ukrainien a remercié les États-Unis pour leur soutien, selon un résumé de la conversation.

Le principal point d'achoppement entre belligérants est la demande des séparatistes que Kiev reprenne le financement budgétaire des régions séparatistes, coupé à la mi-novembre. Kiev exige en revanche que soient annulés les résultats du vote séparatiste de novembre dans les deux républiques autoproclamées.

Loukachenko s'éloigne de Moscou

Malgré le retard des négociations, la nouvelle trêve instaurée le 9 décembre dans l'est de l'Ukraine continue à être globalement respectée. Aucun soldat ukrainien n'a été tué au cours des dernières 24 heures, a indiqué Kiev dimanche.

La visite du président bélarusse à Kiev sera suivie lundi de celle de son homologue du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev.

Loukachenko et Nazarbaïev «ont senti la faiblesse de (Vladimir) Poutine» et souhaitent que «l'Ukraine les aide à améliorer leurs relations avec l'Europe», a déclaré à l'AFP un haut responsable ukrainien, sous couvert de l'anonymat.

Le président Porochenko a proposé dimanche à son homologue bélarusse de «soutenir» le développement des relations de Minsk avec les pays du Partenariat oriental de l'Union européenne, selon la présidence ukrainienne.

Les événements en Ukraine ont déclenché le pire affrontement politique depuis la guerre froide entre l'Occident et la Russie, frappée par des sanctions occidentales qui ont provoqué un effondrement record du rouble.

Selon certains analystes, MM. Loukachenko et Nazarbaïev, qui sont tous deux à la tête d'ex-républiques soviétiques voisines de la Russie, craignent pour leur indépendance depuis l'annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée en mars et son soutien aux rebelles dans le conflit armé dans l'est de l'Ukraine.

Les deux présidents ont publiquement soutenu l'intégrité territoire de l'Ukraine, au risque de déplaire à Moscou.

De son côté, Barack Obama a repoussé l'idée d'avoir pu être dupé par son homologue russe dans la crise ukrainienne.

Vladimir Poutine n'est pas «un maître des échecs dupant l'Occident et dupant M. Obama, et ceci et cela», a indiqué le président américain dans un entretien à CNN diffusé dimanche, mais enregistré vendredi avant son départ en vacances à Hawaï.

Au contraire, la politique de M. Poutine et les sanctions occidentales à la Russie ont mené son pays à une crise, a-t-il ajouté.

«Maintenant, il est à la tête de la chute de sa devise, d'une crise financière majeure et d'une contraction économique gigantesque», a indiqué le président américain.

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