L'OSCE met en garde contre une escalade militaire

À Luhansk, dans l'est de Ukraine, les résidents... (Photo SERGEY PONOMAREV, The New York Times)

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À Luhansk, dans l'est de Ukraine, les résidents n'ont plus ni électricité ni eau courante depuis plus de deux mois.

Photo SERGEY PONOMAREV, The New York Times

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Ania TSOUKANOVA, Evguen VOVK, Nicolas DELAUNAY
Agence France-Presse
KIEV, Donetsk, La Haye

L'OSCE a mis en garde mardi contre le risque croissant d'une escalade militaire dans l'est de l'Ukraine où convergent des matériels militaires lourds.

L'ambassadeur ukrainien à l'ONU a assuré que la Russie prévoyait «une invasion à grande échelle».

«Je pense que l'ONU devrait être informée que la Russie projette une invasion à grande échelle en Ukraine», a écrit le diplomate, Yuriy Sergeyev, sur Twitter. «Les derniers faits ne laissent aucun doute», a-t-il estimé.

Peu avant, la chancelière allemande Angela Merkel avait déclaré que l'Union européenne ne prévoyait pas de nouvelles sanctions contre la Russie, accusée de soutenir militairement les rebelles en Ukraine, mis à part la possibilité d'allonger la liste des responsables ukrainiens prorusses visés par des sanctions européennes.

«Au-delà, aucune nouvelle sanction économique n'est prévue pour l'instant», a-t-elle affirmé au cours d'une conférence de presse à Berlin.

Le dossier doit être abordé pendant une rencontre ministérielle à Bruxelles lundi prochain.

A l'ONU, où chaque réunion du Conseil de sécurité tourne au dialogue de sourds depuis le début de la crise ukrainienne, l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine s'est abstenu lors du vote sur le renouvellement de l'autorisation d'opérer de la Force de l'Union européenne en Bosnie (Eufor Althea). Dans une allusion transparente à l'Ukraine, M. Tchourkine a estimé que «les exemples malheureux de pressions extérieures pour imposer un avenir européen abondent».

La situation en Ukraine, où plus de 4000 personnes ont péri depuis le début des hostilités en avril, a aussi été évoquée par Barack Obama et Vladimir Poutine à Pékin.

Les présidents américain et russe se sont entretenus «à trois occasions pendant la journée» de l'Ukraine, de l'Iran et de la Syrie, a indiqué la Maison Blanche, qui s'est déclarée «profondément troublée par les actes de la Russie» en Ukraine.

Après avoir annexé en mars la péninsule ukrainienne de Crimée, Moscou «poursuit son agression militaire contre l'Ukraine et se prépare de facto à l'occupation de son territoire», a lancé mardi dans un communiqué le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères Evguen Perebynis.

«Le fait que la Russie enlève les identifiants de son matériel et de ses militaires ne doit tromper personne», a-t-il ajouté.

Les autorités ukrainiennes dénoncent depuis vendredi l'entrée sur leur territoire de chars et pièces d'artillerie en provenance, selon elles, de  Russie.

Convois d'armements lourds 

«Le niveau de violence dans l'est de l'Ukraine ainsi que le risque d'une escalade demeurent élevés et continuent d'augmenter», a déclaré à la presse Michael Bociurkiw, le porte-parole de la mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) déployée dans l'Est de l'Ukraine.

La mission chargée d'observer l'application de l'accord de cessez-le-feu du 5 septembre, aujourd'hui moribond, a encore signalé mardi un convoi d'armements lourds en mouvement vers le fief séparatiste de Donetsk.

Selon les observateurs de l'OSCE, 43 camions militaires sans plaques d'immatriculation se dirigeaient vers le centre-ville dans la matinée.

Cinq camions tractaient des pièces d'artillerie lourde et cinq autres des lance-roquettes multiples, a indiqué l'organisation dans un communiqué.

Dans la région de Donetsk, une douzaine d'experts néerlandais se sont rendus mardi sur le site du crash en juillet du Boeing malaisien en territoire sous contrôle rebelle, selon des journalistes de l'AFP sur place.

L'avion du vol MH17 de la Malaysia Airlines, qui devait assurer la liaison Amsterdam-Kuala Lumpur, s'est disloqué en vol et les 298 personnes se trouvant à son bord ont péri.

Accompagnés de rebelles armés, les experts ont examiné un champ près du village de Grabové où les débris de l'appareil sont tombés et jonchent toujours le sol, mais n'ont pas procédé à leur récupération.

Des journalistes de l'AFP y ont notamment vu une grande partie d'une aile, un morceau de fuselage long d'environ trois mètres, un gilet de sauvetage jaune ainsi qu'un reste de sac féminin.

Selon le ministère néerlandais de la Sécurité et de la Justice, la mission «a pu rassembler des restes humains sur le site de la catastrophe» et a reçu deux documents d'identité de victimes transmises par un habitant de la région.

En revanche, le ministère n'a pas pu indiquer la date de la récupération des débris de la carcasse en raison de la «situation de sécurité fragile».

La tragédie du vol MH17 a choqué l'Occident, qui a mis en cause Vladimir Poutine, et entraîné de lourdes sanctions économiques américaines et européennes contre la Russie, même si la lumière n'est toujours pas faite sur ses causes exactes.

Kiev et les États-Unis affirment que l'avion a été abattu par un missile fourni aux séparatistes par la Russie alors que Moscou montre du doigt les forces ukrainiennes.

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