Le chef de l'OTAN se montre conciliant face à la Russie

Un soldat ukrainien participe à une patrouille sur... (PHOTO ANATOLII BOIKO, AFP)

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Un soldat ukrainien participe à une patrouille sur une route menant à Debaltseve, dans la région de Donetsk, le 6 octobre.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Alix RIJCKAERT, Stanislaw WASZAK
Agence France-Presse
Lask et Varsovie

Insistant sur la nécessité d'une «solution politique» au conflit en Ukraine, le nouveau secrétaire général de l'OTAN a tenu lundi en Pologne un discours dont la retenue tranchait avec la rhétorique de son prédécesseur.

Nous sommes très inquiets que le cessez-le-feu soit autant violé et qu'il y ait toujours des combats» en Ukraine, a déclaré l'ancien premier ministre norvégien Jens Stoltenberg, à la base aérienne de Lask (centre de la Pologne).

Il avait rencontré dans la matinée le président Bronislaw Komorowski et la première ministre polonaise Ewa Kopacz, lors d'une visite marquant le soutien apporté par l'Alliance aux pays d'Europe de l'Est inquiets de l'agressivité de la Russie.

À Lask, M. Stoltenberg s'est longuement entretenu avec des pilotes de chasse canadiens, américains, polonais, néerlandais, portugais et allemands qui effectuent des missions de police de l'air au-dessus des pays baltes. Il est monté à bord d'un Awacs qui assure des missions de surveillance quotidiennement au-dessus de la Pologne et la Roumanie.

Ces missions ont été renforcées depuis l'annexion de la Crimée par la Russie en mars et le nombre des chasseurs alliés dans l'est de l'Europe a quadruplé.

À Varsovie, M. Stoltenberg a certes réaffirmé la volonté de l'Alliance d'assurer «une présence continue» sur le flanc est de sa zone, tout en soulignant qu'il s'agissait d'une action «pleinement défensive». Très prudent il n'a pas répété les multiples critiques émises par son prédécesseur Anders Fogh Rasmussen contre Moscou.

Interrogé sur la crise dans l'est de l'Ukraine, M. Stoltenberg n'a évoqué ni la présence de troupes russes aux côtés des combattants rebelles prorusses, ni la fourniture d'armes lourdes et d'équipements par la Russie aux séparatistes, alors que les responsables militaires de l'OTAN communiquent régulièrement à ce sujet.

Bouclier antimissile 

La semaine dernière, Jay Janzen, un porte-parole militaire de l'OTAN, a encore fait état de la présence de plusieurs centaines de soldats russes en Ukraine et de 20 000 militaires le long de la frontière, côté russe.

À la question comment la Russie pouvait contribuer à calmer la situation en Ukraine, où les combats se sont intensifiés ces derniers jours malgré l'accord de cessez-le-feu signé le 5 septembre, M. Stoltenberg s'est borné à répondre: «Nous appelons la Russie à user de toute son influence pour faire en sorte que les séparatistes respectent le cessez-le-feu».

Dans le même temps, un responsable de l'OTAN révélait qu'il y a eu deux fois et demie plus d'interceptions d'appareils russes au-dessus de la mer Baltique et de la Mer Noire par des avions de chasse alliés ces neuf derniers mois que durant toute l'année 2013.

Ces opérations reviennent à voler au large des côtes, dans l'espace aérien international, aux côtés d'aéronefs militaires russes qui ne se sont pas fait connaître aux autorités civiles en donnant un plan de vol ou en communiquant leur position, afin de les «dissuader» de s'approcher de pays membres de l'OTAN, selon ce responsable.

Basé en Lituanie, le commandant canadien David Pletz a raconté à l'AFP que les CF-18 de son équipe avaient participé à une telle interception le 11 septembre, visant un avion de transport militaire russe parti de Kaliningrad.

«Nous sommes ici pour montrer à quel point l'Alliance prend cela au sérieux, pour montrer notre crédibilité», a-t-il expliqué.

La Pologne a profité de cette visite officielle, premier voyage à l'étranger de M. Stoltenberg depuis son entrée en fonction le 1er octobre, pour plaider en faveur du déploiement d'un bouclier antimissiles auquel Varsovie contribuera fortement.

Le projet de bouclier antimissile de l'OTAN, basé essentiellement sur une technologie américaine, vise à déployer d'ici 2020 des intercepteurs de missiles et de puissants radars en Méditerranée, Pologne et Roumanie.

Présenté comme une protection contre l'Iran ou la Corée du Nord, le projet est depuis plusieurs années un grand sujet de discorde entre l'OTAN et la Russie, qui le perçoit comme une menace pour sa sécurité.

Évoquant par ailleurs la situation de la Turquie - ou il se rendra les 9 et 10 octobre - M. Stoltenberg a souligné que l'OTAN soutiendrait Ankara face à la menace du groupe Etat islamique (EI).

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