L'UE met en garde contre un «point de non-retour» en Ukraine

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Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Agence France-Presse
BRUXELLES

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a mis en garde samedi contre un «point de non-retour» dans le conflit ukrainien, en souhaitant que les dirigeants soient prêts à prendre de nouvelles sanctions contre la Russie.

«Nous sommes dans une situation très dramatique», a déclaré M. Barroso à l'issue d'une rencontre avec le président ukrainien Petro Porochenko, précisant qu'il avait également adressé cette mise en garde au président russe Vladimir Poutine lors d'un entretien téléphonique la veille.

«Nous pourrions nous retrouver dans une situation où nous arriverions à un point de non-retour si l'escalade se poursuit «, a-t-il ajouté.

«Personne n'a d'intérêt à avoir une guerre sur le continent (...) Je pense qu'il n'est pas encore trop tard pour trouver une solution politique», a-t-il continué. «Cela n'a pas de sens d'avoir un conflit de ce genre, une nouvelle Guerre froide», a-t-il plaidé alors que les Occidentaux ont dénoncé la participation de troupes russes aux combats dans l'est de l'Ukraine, aux côtés des séparatistes, ce que Moscou dément.

«Nous voulons la paix, pas la guerre», a de son côté assuré M. Porochenko. Mais «nous sommes trop près de la frontière où il n'y aurait pas de retour», a-t-il lui aussi souligné, en accusant la Russie d'avoir envoyé «des milliers de troupes» et «des centaines de chars» sur le territoire ukrainien.

«Aujourd'hui, nous parlons du sort de l'Ukraine, mais demain ce pourrait être celui de la sécurité et de la stabilité de l'Europe», a-t-il estimé.

Interrogé sur d'éventuelles sanctions supplémentaires de l'Union européenne contre la Russie, M. Barroso a indiqué que la Commission avait «déjà préparé des options au cas où les États membres décideraient de renforcer les sanctions». «J'espère qu'ils seront prêts à prendre de nouvelles mesures», a-t-il ajouté. «Nous sommes prêts à prendre des mesures très fortes et claires, mais en même temps nous gardons la porte ouverte», a assuré M. Barroso.

Le président français François Hollande a annoncé que les sanctions contre la Russie «seraient sans doute augmentées» lors du Conseil européen de samedi soir à Bruxelles. M. Porochenko, qui doit informer dans l'après-midi les chefs d'État et de gouvernement de la situation sur le terrain dans l'est de l'Ukraine, a lui aussi espéré que «l'agression russe ne restera pas sans réponse de l'UE».

La Commission européenne est «disposée à accueillir une conférence de donateurs à la fin de l'année qui influerait la reconstruction des régions de l'est (de l'Ukraine) particulièrement affectées» par le conflit, a par ailleurs annoncé M. Barroso.

Agression d'un député qui enquêtait sur la présence de soldats russes en Ukraine

Un député régional russe a été agressé et hospitalisé avec une blessure à la tête après avoir assisté aux funérailles secrètes de soldats russes présumés tués en Ukraine, a annoncé samedi son parti.

Lev Chlosberg a été attaqué vendredi soir par trois inconnus, alors qu'il enquêtait sur la présence de soldats russes en Ukraine, selon le parti d'opposition Iabloko, dont il est le responsable régional à Pskov, ville au nord-ouest de Moscou.

Blessé à la tête et aux yeux, M. Chlosberg, 51 ans, a été hospitalisé avec une commotion cérébrale et semblait souffrir de légère amnésie, a raconté sa femme sur les ondes de la radio Ekho Moskvy, affirmant que le député ne se souvenait plus d'avoir été frappé.

«Je pense que l'attaque de Lev Chlosberg a un lien avec son enquête sur le déploiement des parachutistes de Pskov en Ukraine», a accusé sur le réseau social Twitter Grigori Iavlinski, président du parti Iabloko. Quelques jours avant son agression, M. Chlosberg avait assisté aux funérailles secrètes d'un soldat, qu'il soupçonnait d'avoir été tué en Ukraine.

«C'est une unité entière qui a été tuée», a-t-il assuré à l'AFP sur son lit d'hôpital, estimant à une centaine le nombre de soldats de la région de Pskov présents en Ukraine.

Trois d'entre eux auraient été enterrés à Pskov en août, selon le député.

Kiev et les Occidentaux accusent Moscou d'avoir envoyé dans l'est de l'Ukraine des soldats de l'armée régulière pour soutenir les rebelles prorusses qui affrontent les forces loyales à Kiev, ce que la Russie a démenti.

Mais la hiérarchie militaire comme les familles des soldats refusent de parler publiquement du déploiement éventuel des soldats russes.

«Qui a besoin de ce silence? Qui peut-il sauver?», avait interrogé M. Chlosberg dans les pages du journal local Pskovskaïa Goubernia.

Jeudi, des femmes et épouses de soldats russes s'étaient réunies près d'une base militaire à Kostroma, à 330 km de Moscou, pour exiger des autorités russes des explications sur le sort de leurs proches, qui n'ont pas donné signe de vie depuis plusieurs jours.

«Tout le monde est vivant et va bien», avait annoncé Vladimir Chamanov, commandant des troupes parachutistes russes.




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