L'armée ukrainienne gagne du terrain dans l'est

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Dans la région de Donetsk où l'armée ukrainienne mène son offensive resserrant l'étau autour de la ville, 74 civils ont été tués en trois jours, selon l'administration régionale.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Ioulia SILINA, Maxime POPOV
Agence France-Presse
DONETSK et KIEV

L'armée ukrainienne a repris jeudi le contrôle de la route entre le bastion insurgé de Lougansk et la frontière russe, coupant ainsi l'itinéraire qu'est censé emprunter le convoi humanitaire envoyé par Moscou à destination de la ville de l'est de l'Ukraine.

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Signe de l'intensification du conflit en Ukraine, le nombre de victimes dans l'est de l'Ukraine a doublé en quinze jours atteignant désormais 2086 morts, selon l'ONU.

PHOTO SERGEI GRITS, ASSOCIATED PRESS

Face à la progression de l'armée ukrainienne et des combats de plus en plus meurtriers jusque que dans le centre de Donetsk, deux chefs rebelles dont le «ministre de la Défense» séparatiste, le Russe Igor Strelkov, ont donné jeudi leur démission.

De leur côté, les États-Unis ont exhorté jeudi l'Ukraine à la «retenue» afin de réduire le nombre de pertes civiles. «Nous avons souligné l'importance de faire preuve de retenue pour réduire le nombre de victimes civiles», a déclaré la porte-parole du département d'État, Marie Harf dans un point de presse, en demandant notamment à Kiev de ne pas avoir recours à des armes qui pourraient mettre les civils en danger.

L'armée ukrainienne s'est pour sa part félicitée d'avoir repris aux insurgés le village de Novosvitlivka, permettant de «couper la dernière connexion routière entre la ville de Lougansk et d'autres territoires contrôlés par les mercenaires russes, en particulier le poste-frontière d'Izvaryne», a indiqué le porte-parole militaire ukrainien, Andriï Lyssenko.

Il s'agit de la route que devait emprunter le convoi d'aide humanitaire russe, qui était stationné jeudi en fin d'après-midi à Kamenensk-Chakhtinski, dans la région de Rostov, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière ukrainienne, selon les médias locaux.

Pour assurer la sécurité de l'acheminement de cette aide, la Russie a appelé jeudi soir à un cessez-le-feu «urgent» en Ukraine. Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères «appelle instamment les parties du conflit à assurer d'urgence l'instauration du régime d'un cessez-le-feu», afin de permettre la distribution de «l'aide humanitaire aux populations du sud-est de l'Ukraine».

Une source administrative locale a indiqué à l'AFP que le convoi pourrait tenter de passer la frontière via le poste-frontière de Donetsk (éponyme de la ville tenue par les insurgés, mais situé à la frontière de la région de Lougansk) qui débouche sur Izvaryne du côté ukrainien.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a pour sa part fait savoir qu'un de ses représentants était entré en contact avec le chef du convoi russe, chargé, selon Moscou, notamment de plus de 1800 tonnes d'aliments et de médicaments, et a confirmé sa localisation.

L'Ukraine, comme de nombreux pays occidentaux, soupçonne que le convoi russe parti mardi matin d'une base militaire des environs de Moscou ne serve de couverture à une intervention russe en Ukraine. Un scénario qualifié «d'absurde» par Moscou.

Après avoir initialement annoncé qu'elles empêcheraient le convoi d'entrer sur son territoire, les autorités ukrainiennes ont finalement proposé mercredi que l'aide soit acheminée jusqu'à Lougansk, fief des rebelles, puis distribuée par la Croix-Rouge.

Démissions en série chez les rebelles

Le principal chef rebelle, le Russe Igor Strelkov, «ministre de la Défense» des séparatistes, a de son côté démissionné de son poste en raison d'un «changement de fonction», selon le site officiel de la République populaire de Donetsk autoproclamée, qui n'a pas précisé à quel poste il serait affecté.

Un peu plus tôt jeudi, le chef séparatiste de Lougansk, Valéri Bolotov, avait également déclaré à la télévision russe qu'il quittait ses fonctions «provisoirement» en raison «de blessures» datant de mois de mai.

La semaine dernière, c'était le «premier ministre» de Donetsk, le Russe Alexandre Borodaï, qui avait donné sa démission.

À Donetsk, bastion des rebelles qui comptait un million d'habitants avant les hostilités, les combats ont gagné jeudi le coeur de la ville, a constaté une journaliste de l'AFP. D'intenses tirs à l'arme lourde ont touché plusieurs bâtiments, dont le siège du parquet occupé par les insurgés et une université, provoquant la mort d'au moins quatre personnes.

Le quartier a été quadrillé par des rebelles armés, qui ont rapporté que deux obus étaient tombés sur le siège de la police, également occupé par les insurgés, tandis que de fortes explosions retentissaient à intervalles réguliers.

Dans la région de Donetsk où l'armée ukrainienne mène son offensive resserrant l'étau autour de la ville, 74 civils ont été tués en trois jours, selon l'administration régionale.

À Lougansk, autre bastion prorusse dans l'est du pays, 22 civils ont été tués après que des obus eurent touché un autobus, un magasin et plusieurs immeubles d'habitation.

L'armée ukrainienne avait précédemment indiqué qu'une offensive était en cours dans la partie orientale de Lougansk, et que des échanges de tirs avaient lieu sur son aérodrome. Elle a annoncé la mort de neuf soldats en 24 heures.

Selon un porte-parole militaire, les combats les plus violents se déroulent actuellement à Gorlivka, Krasny Louch dans la région de Lougansk, et Ilovaïsk dans la région de Donetsk.

En visite en Crimée, péninsule ukrainienne rattachée en mars à la Russie, le président Vladimir Poutine a estimé jeudi que la Russie ne devait pas «se couper du reste du monde», alors que ses relations avec l'Occident sont au plus bas en raison de la crise. Il a qualifié de «chaos sanglant» et de «conflit fratricide» les événements en Ukraine.




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