MH17: des tirs d'artillerie perturbent les recherches

Des experts internationaux examinent des morceaux du Boeing malaisien... (PHOTO SERGEI KARPUKHIN, REUTERS)

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Des experts internationaux examinent des morceaux du Boeing malaisien abattu dans une zone contrôlée par les insurgés armés, aux abords du village de Grabove.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Anna MALPAS, Olga NEDBAEVA
Agence France-Presse
GRABOVE et Kiev

Des dizaines d'experts doivent reprendre dimanche leurs recherches de restes humains et de débris sur le site de l'écrasement du vol MH17, secoué la veille par des tirs d'artillerie qui ont perturbé leur travail dans cette zone d'Ukraine contrôlée par les séparatistes prorusses.

À Grabové, où sont tombés les débris de l'avion le 17 juillet, des dizaines d'enquêteurs néerlandais, australiens et malaisiens ont passé plusieurs heures samedi à s'affairer dans les morceaux épars du Boeing sous la surveillance de rebelles armés, a constaté une journaliste de l'AFP.

Des chiens renifleurs étaient également sur place à la recherche des restes de victimes, qui constituent la priorité à ce stade plutôt que l'élucidation des causes de la catastrophe.

Un petit groupe d'experts qui s'était rendu sur une autre partie du site à la recherche de morceaux de fuselage a choisi en revanche de quitter les lieux alors que des explosions dues à des tirs d'artillerie se rapprochaient, a indiqué l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) qui encadre l'équipe d'experts.

«C'était suffisamment proche pour que nous décidions de partir, l'impact des tirs d'artillerie était très bruyant et le sol tremblait», a expliqué à la presse Alexander Hug, chef adjoint de la mission en Ukraine de l'OSCE.

En revanche, sur la partie du site où sont menées les recherches les plus actives, les travaux ont pu continuer malgré des tirs de mortiers entendus à distance et ont permis de mettre à jour de nouveaux restes humains, pour le deuxième jour consécutif, a indiqué la mission néerlandaise dans un communiqué.

Les restes doivent être soumis à un premier examen médico-légal à Kharkiv, plus au nord, avant de rejoindre les Pays-Bas à des fins d'identification.

Les victimes de la catastrophe aérienne ont été honorées samedi à la célèbre Gay Pride sur les canaux d'Amsterdam. Des collègues des spécialistes du sida morts dans l'écrasement brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: «À la mémoire de nos collègues du MH17».

Six spécialistes du sida, dont l'expert néerlandais Joep Lange, se trouvaient à bord de l'avion de Malaysia Airlines. Ils se rendaient à une conférence sur le sida à Melbourne, en Australie.

La chute du Boeing, abattu par un missile le 17 juillet avec 298 personnes à bord, dont 193 Néerlandais, a provoqué un choc dans le monde entier et conduit à l'introduction de sanctions contre Moscou qui touchent les secteurs vitaux de l'économie.

Tirs meurtriers à Donetsk

Les combats font rage dans l'Est, où l'armée tente de couper les séparatistes des zones frontalières. Elle est parvenue ces dernières semaines à les repousser autour de leurs principaux bastions: Donetsk, Lougansk ou encore Gorlivka.

Les forces ukrainiennes ont repris en 24 heures aux insurgés deux localités situées à une vingtaine de kilomètres à l'est de Donetsk : Krasnogorivka et Staromykhaïlivka, selon un porte-parole militaire ukrainien.

À Donetsk, des tirs d'artillerie d'origine indéterminée ont détruit plusieurs immeubles et une école. Une correspondante de l'AFP a vu le corps sans vie d'une femme sur les lieux.

Lougansk, ville qui comptait 500.000 habitants avant le début des hostilités, se trouve «bloquée et isolée» et «au bord d'une catastrophe humanitaire», a averti samedi le maire Serguiï Kravtchenko dans un communiqué. Il n'y a pas de couloir humanitaire sécurisé pour permettre aux habitants de quitter la ville pourtant privée d'électricité, d'eau et de communications, a-t-il dénoncé.

Samedi, des centaines de Russes se sont rassemblés à Moscou pour appeler le président Vladimir Poutine à «passer à l'action» en Ukraine, en y envoyant des troupes de maintien de la paix, afin de mettre un terme à l'effusion de sang dans l'est de cette ex-république soviétique.




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