MH17: une première victime identifiée aux Pays-Bas

Le Boeing 777 de Malaysia Airlines, abattu par un... (PHOTO BULENT KILIC, AFP)

Agrandir

Le Boeing 777 de Malaysia Airlines, abattu par un missile le 17 juillet, avait à son bord 298 personnes.

PHOTO BULENT KILIC, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Ukraine
Ukraine

Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Bulent KILIC, Dario THUBURN, Olga NEDBAEVA
Agence France-Presse
GRABOVE, KIEV

Une première victime de la catastrophe aérienne ayant fait 298 morts dans l'est de l'Ukraine a été identifiée samedi aux Pays-Bas par une équipe d'experts médico-légaux, a annoncé le ministère néerlandais de la Justice.

«Aujourd'hui, une première victime de la catastrophe du vol MH17 a été identifiée», a indiqué le ministère dans un communiqué : «il s'agit d'une personne ayant la nationalité néerlandaise».

Son identité n'a pas été précisée.

«La famille et le maire du lieu de résidence du défunt ont été informés», a ajouté la même source, soulignant que le processus d'identification des corps pourrait durer des mois au total.

Un Boeing 777 de la Malaysia Airlines a été abattu par un missile dans l'est de l'Ukraine avec 298 personnes à son bord, dont 193 Néerlandais. Une série d'éléments ont conduit Kiev et les Occidentaux à montrer du doigt les rebelles prorusses.

Mais de nombreux corps sont encore sur les lieux de l'écrasement, où le travail des enquêteurs internationaux est compliqué par des combats entre loyalistes et séparatistes qui s'intensifient dans la région malgré un cessez-le-feu fragile aux abords directs du site.

Entre mercredi et samedi, 227 cercueils contenant les corps des victimes rassemblés jusqu'alors ont été emmenés en avion aux Pays-Bas.

Le processus d'identification se déroule dans une caserne militaire à Hilversum, au sud-est d'Amsterdam, et environ 200 experts médico-légaux issus de différents pays y participent.

Les Pays-Bas ont envoyé vendredi 40 gendarmes dans l'est de l'Ukraine pour aider des experts médico-légaux déjà sur place à trouver les dépouilles restantes. Arrivés dans la nuit de vendredi à samedi à Kharkiv, ils ne se sont pas encore rendus sur les lieux.

Les Pays-Bas, l'Ukraine et l'Australie, qui a perdu 28 de ses ressortissants dans la catastrophe, négocient actuellement en vue de l'envoi d'une mission de police pour accélérer le processus.

Les premiers proches de victimes sur le site de l'écrasement

Les premiers proches des 298 personnes mortes à bord de l'avion malaisien abattu par un missile dans l'est de l'Ukraine sont arrivés samedi sur le site de l'écrasement contrôlé les séparatistes prorusses et jonché de fragments de corps neuf jours après le drame.

Les forces australiennes et néerlandaises étaient prêtes à envoyer un contingent en Ukraine dans le cadre d'une mission de police internationale afin d'assurer la sécurité du site et permettre une enquête indépendante.

Bravant les avertissements de sécurité émis par l'Australie, un couple d'Australiens dont la fille unique Fatima, 25 ans, faisait partie des passagers du vol MH17, s'est rendu samedi sur les lieux de la tragédie.

En sanglots, Jerzy Dyczynski et Angela Rudhart-Dyczynskile ont déposé un immense bouquet de fleurs près de l'un débris sur la terre brûlée, a constaté un photographe de l'AFP.

Les derniers des 227 cercueils sont arrivés samedi aux Pays-Bas qui ont perdu dans le drame 193 de leurs ressortissants et sont chargés de l'enquête. 71 corps manquent toujours.

Aucun expert médico-légal néerlandais ne s'est en revanche rendu samedi sur le site, «pour des raisons de sécurité», selon un porte-parole du ministère néerlandais de la Sécurité et de la Justice.

Les 40 gendarmes et 20 policiers arrivés dans la plus grande discrétion dans la nuit à Kharkiv, ville de l'est de l'Ukraine sous contrôle du gouvernement de Kiev, «évaluaient» la situation avant de partir sur les lieux de la catastrophe.

Des journalistes de l'AFP ont vu un morceau de corps dans les champs de tournesols, signalé par un ruban blanc accroché à un bâton, ainsi que les restes d'un autre cadavre sur le sol brûlé du site principal de l'écrasement.

«C'est la présence de ces corps qui fait qu'il est plus important que jamais qu'une mission internationale soit déployée sur ce site», a déclaré samedi le premier ministre australien Tony Abbot.

Vote jeudi sur la mission de police internationale 

L'Australie qui a perdu 28 de ses ressortissants dans le drame a prévu d'envoyer près de 200 hommes, principalement des policiers et un nombre indéterminé de soldats.

Les troupes néerlandaises ont vu leurs permissions annulées en vue d'un possible départ en Ukraine.

Le déploiement d'une mission policière internationale doit être ratifié par le Parlement ukrainien qui se réunit en session extraordinaire jeudi.

Mais les insurgés prorusses violemment critiqués dans le monde pour leur gestion du site et le traitement réservé aux corps ont d'ores et déjà signalé aux inspecteurs de l'OSCE qu'ils n'accepteraient pas la présence sur le site de plus de 35 étrangers.

L'équipe d'enquêteurs internationaux, issus de huit pays n'ont encore eu qu'un accès limité au site de l'écrasement alors que de nombreux éléments conduisent Kiev et les Occidentaux à accuser les rebelles prorusses d'être responsables du drame.

«Plus d'électricité, ni d'eau, ni de gaz» 

Sur le terrain, les combats faisaient rage à Donetsk et Lougansk, deux capitales régionales et places fortes des séparatistes.

De fortes explosions retentissaient samedi à intervalles réguliers dans le quartier Oktiabrski aux abords de Donetsk près de l'aéroport, selon des journalistes de l'AFP.

«Nous ne pouvons plus dormir la nuit. Les enfants poussent des cris hystériques. Ils ont peur. Nous n'avons plus d'électricité, ni d'eau, ni de gaz», confie Viktoria Konovalova, 32 ans, qui vend des abricots sur un marché improvisé dans ce quartier. «Plus de la moitié des gens d'ici sont partis. Moi, je n'ai nulle part où aller».

Neuf civils ont été tués au cours des dernières 24 heures dans des affrontements à Lougansk, selon les autorités municipales. Les forces ukrainiennes ont annoncé avoir perdu quatre hommes.

Près de 60% des habitants de Lougansk étaient privés d'électricité à la suite de bombardements dans la nuit et les trains ont cessé samedi de desservir la gare de cette ville qui comptait naguère 500 000 habitants.

Plus de 1000 personnes ont péri dans l'est de l'Ukraine depuis le début des hostilités en avril y compris les passagers de l'avion malaisien, une tragédie qui a donné au conflit une nouvelle dimension internationale.

Quelque 230 000 personnes ont fui leurs maisons, 100 000 ont été déplacées à l'intérieur de l'Ukraine et 130 000 autres vers la Russie, selon le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés.

Proches de Poutine sanctionnés

Tandis que Kiev a accusé samedi la Russie de continuer de fournir des armes aux rebelles, l'Union européenne a sanctionné les chefs des services de renseignement russes et plusieurs autres responsables de la sécurité, une décision qui, selon Moscou, porte atteinte à la coopération internationale en matière de sécurité.

Décidée à durcir le ton face à la Russie après l'écrasement, l'Union européenne devrait passer à la vitesse supérieure en prenant pour la première fois des sanctions d'envergure pour frapper l'économie russe, alors que les Européens étaient depuis des mois divisés à ce sujet.

Une nouvelle liste attendue pour mardi devrait par ailleurs toucher des milliardaires proches du président Vladimir Poutine.




À découvrir sur LaPresse.ca

la boite:1600127:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer