Sanctions américaines contre ceux qui menacent «l'intégrité de l'Ukraine»

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Célia SAMPOL
Agence France-Presse
Washington

Accentuant la pression sur Moscou, Washington a annoncé jeudi la mise en place de restrictions de visas et ouvert la voie à de possibles gels d'avoirs en réponse à la violation par la Russie de «l'intégrité territoriale» de l'Ukraine.

Le président Barack Obama a en outre riposté à l'annonce de l'organisation d'un référendum sur le rattachement de la Crimée à la Russie, qui à ses yeux «violerait la Constitution ukrainienne et le droit international».

«Toute discussion sur l'avenir de l'Ukraine doit inclure le gouvernement légitime» du pays, a ajouté M. Obama lors d'une brève intervention à la Maison-Blanche, quelques heures après que son gouvernement eut annoncé la mise en place de restrictions de visas en réponse à «la violation en cours par la Russie de l'intégrité territoriale de l'Ukraine».

«En 2014, l'époque où les frontières pouvaient être redéfinies en méprisant les dirigeants démocratiquement élus est bien révolue», a insisté le président américain.

Plus tôt, le département d'État a fait savoir qu'il mettait en place «des restrictions de visas sur un certain nombre de responsables et d'individus, reflétant ainsi une décision politique» visant à refuser des visas à ceux qui menacent la souveraineté de l'Ukraine.

La Maison-Blanche n'a cependant donné aucune précision sur le nombre de personnes concernées ou leur identité, mais, précise-t-on de source officielle américaine, la liste concerne à la fois sur des responsables ukrainiens et russes.

La porte-parole du département d'État, Jennifer Psaki, a en outre laissé entendre que le président russe Vladimir Poutine ne figurait pas sur cette liste. «Prendre une telle mesure contre un chef d'État serait un grand pas, et ce n'est pas ce dont il s'agit dans ce processus», a-t-elle expliqué lors de son point de presse quotidien.

Sanctions supplémentaires possibles

Le président Barack Obama a par ailleurs signé un décret qui autorise des gels d'avoirs sur les individus ou entités dont les activités «minent le processus démocratique et les institutions en Ukraine» et «menacent la paix, la sécurité, la stabilité».

Ces actions constituent un pas de plus de la part de Washington pour accentuer la pression sur Moscou. Le décret signé par M. Obama «est un outil flexible qui va nous permettre de sanctionner ceux qui sont le plus directement impliqués dans la déstabilisation de l'Ukraine, y compris l'intervention en Crimée», souligne la Maison-Blanche.

Après un bain de sang et la fuite en Russie du président Viktor Ianoukovitch, la crise en Ukraine s'est transformée en une confrontation inédite depuis la fin de la Guerre froide entre Moscou et les Occidentaux.

Les tractations diplomatiques se poursuivent, mais restent pour le moment dans l'impasse. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré jeudi qu'il «n'y avait pas d'accord sur l'Ukraine» après s'être entretenu à Rome avec son homologue américain John Kerry.

Les États-Unis ont pris la tête des protestations occidentales pour pointer du doigt Moscou, menaçant la Russie de sanctions diplomatiques et économiques.

Lundi, le Pentagone a annoncé la suspension de «tous les liens militaires» entre Washington et Moscou. Cela comprend les exercices et réunions bilatérales, les escales de navires et les conférences de planification militaire.

Washington a également interrompu sa participation aux réunions préparatoires en vue du prochain G8, en juin à Sotchi, et averti les Russes que leur pays n'avait pas sa place dans ce club des pays industrialisés s'il poursuivait sa politique actuelle.

«En fonction de l'évolution de la situation, les États-Unis sont prêts à examiner de nouvelles mesures et des sanctions si nécessaire», a souligné la Maison-Blanche jeudi.

L'exécutif américain soutient en outre le déploiement urgent d'observateurs internationaux et des droits de l'homme pour s'assurer «que les droits de tous les Ukrainiens sont protégés, y compris ceux des minorités ethniques russes».

Au Congrès, l'aide économique américaine à l'Ukraine devait être soumise au vote de la Chambre des représentants jeudi dans la journée.

Les observateurs de l'OSCE persona non grata en Crimée

Les observateurs envoyés en Ukraine à la demande du nouveau pouvoir à Kiev ont été interdits d'entrée en Crimée, a confirmé jeudi à Vienne l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Les 40 militaires non armés, issus de 21 pays membres de l'organisation, ont rebroussé chemin vers la ville de Kherson, où ils doivent décider de la suite de leur mission, a précisé un porte-parole.

L'OSCE confirmait les déclarations faites précédemment à l'AFP par une source occidentale.

Les États-Unis avaient exigé lundi l'envoi «immédiat» des observateurs. La Russie, également membre de l'OSCE, avait fait part en revanche de ses doutes, rappelant le précédent de la mission de l'OSCE en Ossétie du Sud, qui n'avait, selon elle, «pas apaisé, mais aggravé la situation».

Avant même la confirmation officielle de l'OSCE, la délégation américaine auprès de l'organisation a jugé jeudi le blocage des observateurs «inacceptable et malencontreux».

Kiev avait adressé une demande à l'OSCE pour l'envoi d'une telle mission du 5 au 12 mars.

Les observateurs interviennent dans le cadre du Document de Vienne, qui encourage notamment les pays membres de l'OSCE à inviter d'autres États membres à observer certaines activités militaires, et prévoit aussi des consultations et des coopérations «en cas d'activités militaires inhabituelles ou de tensions accrues».




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