Poutine nie que les forces russes soient intervenues en Crimée

Interrogé lors d'une rencontre avec la presse dans... (PHOTO ALEXEY NIKOLSKY, AFP/RIA NOVOSTI)

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Interrogé lors d'une rencontre avec la presse dans la banlieue de Moscou par un journaliste lui demandant si des forces russes opéraient en Crimée, où les bases ukrainiennes sont encerclées par des hommes en uniforme ne portant aucun signe d'identification, Valdimir Poutine a répondu : «non, elles ne participent pas. Ce sont des forces locales d'autodéfense».

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Benoit FINCK avec Karim TALBI à Kiev, Mike MAINVILLE à Simferopol
Agence France-Presse
Moscou

Le président russe Vladimir Poutine est sorti de son silence mardi pour nier l'implication russe en Ukraine et dénoncer un «coup d'État» contre le «seul président légitime», Viktor Ianoukovitch, quelques heures après l'annonce par Washington de sanctions contre Moscou.

Alors que les Ukrainiens et les Occidentaux craignaient une opération militaire de grande envergure en Ukraine, le chef de l'État russe a estimé que l'envoi de troupes russes n'était «pas nécessaire pour le moment».

Mais le président américain Barack Obama a sérieusement mis en doute la bonne foi de M. Poutine affirmant que ses déclarations «ne trompent personne».

En visite à Kiev, le secrétaire d'État américain, John Kerry, a de son côté vivement condamné l'«acte d'agression» de la Russie contre l'Ukraine ajoutant toutefois que son pays ne cherche pas «la confrontation» avec Moscou.

En fait, M. Poutine n'a pas entièrement écarté l'envoi de troupes en Ukraine. «Cette possibilité existe», a-t-il dit en précisant que la Russie se réservait le droit de recourir à «tous les moyens» pour protéger ses citoyens dans cette ancienne république soviétique, notamment en Crimée où la population est composée à 60 % de citoyens russes.

Les marchés financiers ont relâché la pression et veulent croire à un apaisement après les déclarations de Vladimir Poutine.

Au lendemain d'un vent de panique sur les places boursières, la Bourse de Paris s'affichait ainsi en nette hausse de 2,3 %. Celle de Francfort gagnait 2,29 % et Londres prenait 1,65 %. L'Eurostoxx, qui regroupe les principales valeurs européennes, progressait de 2,45 %.

Dans la péninsule de Crimée, objet de l'attention de toutes les chancelleries des grandes puissances, le face-à-face se poursuit entre l'armée ukrainienne et des milliers de membres des forces russes qui les contiennent dans leurs casernes. Depuis plusieurs jours, responsables militaires ukrainiens et russes se livrent une guerre des nerfs à coups d'ultimatums sur un possible assaut des forces russes.

Vladimir Poutine, avare de déclarations depuis la destitution le 22 février du président Ianoukovitch après trois mois d'un mouvement de contestation qui a tourné à la confrontation violente se soldant par la mort de 98 personnes à travers le pays, s'est longuement expliqué.

Il a nié que des forces russes opéraient en Crimée, affirmant que ce sont des «forces locales d'autodéfense» qui bloquent les bases ukrainiennes.

«Forces locales d'autodéfense»

Interrogé sur les nouvelles autorités au pouvoir en Ukraine, Vladimir Poutine a répété qu'il n'y avait «qu'un seul président légitime», Viktor Ianoukovitch.

«Il ne peut y avoir qu'une seule appréciation sur ce qui s'est passé à Kiev et en Ukraine : il s'agit d'un coup d'État anticonstitutionnel, d'une prise de pouvoir par les armes», a martelé M. Poutine.

Il a enfin accusé les Occidentaux d'avoir eu recours à des «entraîneurs» pour former les «unités de combat», en référence aux contestataires ukrainiens.

Les déclarations du maître du Kremlin, stigmatisé par la communauté internationale, interviennent quelques heures après que les États-Unis ont accentué leur pression sur la Russie en rompant toute coopération militaire avec Moscou et en menaçant de nouvelles sanctions.

«Le message que nous faisons passer aux Russes est que, s'ils continuent sur leur trajectoire actuelle, nous examinerons un ensemble de mesures économiques et diplomatiques qui isoleront la Russie», a prévenu Barack Obama.

Un responsable américain voyageant avec le secrétaire d'État John Kerry, arrivé à Kiev, a prévenu que des sanctions américaines contre la Russie interviendront «probablement dans la semaine».

Dans un entretien à la chaîne d'informations en continu italienne Sky TG24, l'ex-première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko a appelé les Occidentaux à imposer des «sanctions économiques surtout si l'escalade de la violence se poursuit».

En visite à Tunis, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé que les menaces de sanctions ne changeront pas la position russe sur l'Ukraine.

Et à Moscou, un conseiller du président Vladimir Poutine a répliqué aux menaces de Washington en promettant «l'apocalypse financière» à Washington.

«Les tentatives d'annoncer des sanctions contre la Russie mèneront au krach du système financier américain et à la fin de la domination des États-Unis dans le système financier mondial», a déclaré Sergueï Glaziev à l'agence publique Ria Novosti.

Parallèlement, Moscou va utiliser l'arme économique contre Kiev, ayant décidé de mettre fin au rabais sur le gaz vendu à l'Ukraine accordé en décembre dernier.

L'Union européenne pour sa part s'engage à aider Kiev à régler sa dette de deux milliards de dollars pour ses achats de gaz russe.

«L'aide de la Commission sera complétée par des aides accordées par certains États», a expliqué le commissaire européen à l'Énergie, Gunther Oettinger, en soulignant que l'aide d'un milliard de dollars annoncée mardi par les États-Unis servirait également à régler cette dette.

Parallèlement, les négociations ont repris entre Kiev et le Fonds monétaire international (FMI) pour un plan de sauvetage de l'économie ukrainienne, a indiqué Arseni Iatseniouk, le premier ministre ukrainien. «J'espère que l'accord avec le FMI sera signé et mis en oeuvre», a-t-il dit.




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