Moscou accuse l'Occident de vouloir «changer le régime» en Russie

«L'Occident a montré sans ambiguïté qu'il ne cherche... (PHOTO SERGEI KARPUKHIN, REUTERS)

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«L'Occident a montré sans ambiguïté qu'il ne cherche pas à forcer la Russie à changer sa politique, mais qu'il veut obtenir un changement de régime», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, devant un forum d'experts politiques à Moscou.

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Edward Snowden, un ancien consultant de la CIA, a révélé l'existence de programmes secrets de surveillance des communications électroniques en remettant des documents compromettants aux quotidiens The Guardian et The Washington Post. Il s'est depuis réfugié à Hong Kong alors que le gouvernement américain a lancé une enquête contre lui. »

Oleksandr SAVOCHENKO, Olga NEDBAEVA
Agence France-Presse
Kiev

Moscou a accusé samedi l'Occident de vouloir provoquer un changement de régime en Russie, frappée par des sanctions pour son rôle dans la crise ukrainienne, au moment où Kiev dénonce la présence de 7500 soldats russes dans l'Est séparatiste du pays.

Accusée par Kiev et l'OTAN d'avoir déployé des chars et des troupes dans l'est de l'Ukraine, la Russie dément toute implication dans ce conflit qui a fait, selon l'ONU, plus de 4300 morts dont 1000 depuis la trêve conclue en septembre avec la participation de Moscou.

Dans une nouvelle phase de l'escalade verbale, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déclaré samedi que l'Occident avait «montré sans ambiguïté qu'il voulait obtenir un changement de régime en Russie».

«Il y a des dirigeants occidentaux qui disent qu'il faut mettre en place des sanctions qui détruiraient l'économie [russe] et provoqueraient des protestations populaires», a-t-il ajouté, cité par les agences de presse russes.

Les sanctions européennes et américaines introduites après l'annexion en mars de la Crimée et renforcées à la suite de la chute de Boeing malaisien avec 298 personnes à bord, vraisemblablement abattu par un missile au-dessus du territoire contrôlé par les séparatistes prorusses en Ukraine, portent un coup dur à l'économie russe au bord de la récession. Le rouble a perdu près du tiers de sa valeur face à l'euro depuis le début de l'année.

En visite à Kiev vendredi, coïncidant avec l'anniversaire de la révolte pro-occidentale du Maïdan, le vice-président américain Joe Biden a averti que la Russie paierait encore plus cher son «agression» en Ukraine.

À l'occasion de cette visite l'armée américaine a fourni à l'Ukraine trois radars antimortiers, destinés à détecter et localiser les positions de tir.

Le ministre ukrainien de la Défense Stepan Poltorak a pour sa part fait état de la présence de 7500 soldats russes dans l'est de l'Ukraine en rencontrant vendredi soir des attachés militaires étrangers.

L'état-major de l'opération militaire que Kiev mène depuis la mi-avril dans l'Est a de son côté affirmé que «plusieurs dizaines» de blindés russes se trouvaient dans l'Est, faisant état de l'entrée depuis la Russie de 20 nouveaux équipements militaires par le poste-frontière d'Izvariné, sous contrôle des rebelles prorusses. Ces équipements étaient en route vers Lougansk, capitale régionale et bastion rebelle, selon la même source.

Au total, 140 chars sont concentrés dans l'est de l'Ukraine, selon une source gouvernementale européenne qui fait état également d'une «pression» sur Marioupol, ville située au bord de la mer d'Azov, que les séparatistes pourraient être tentés de conquérir pour faire la jonction avec la Crimée.

Sur le terrain, quatre soldats ukrainiens et un civil ont été tués dans des combats au cours des dernières 24 heures.

Ambition d'adhérer à l'OTAN 

Après la perte humiliante de la Crimée et face à l'incapacité de reconquérir l'Est prorusse, les pro-occidentaux, forts d'une victoire écrasante aux législatives du 26 octobre, ont annoncé la veille que l'adhésion à l'OTAN serait une priorité pour l'Ukraine.

La majorité pro-occidentale au nouveau Parlement ukrainien qui siègera à partir de la semaine prochaine s'est engagée vendredi à modifier d'ici à la fin de l'année la législation nationale afin d'«annuler le statut de non-aligné de l'Ukraine» et de «relancer la politique en vue d'une adhésion à l'OTAN», au risque de provoquer le courroux la Russie.

Le nombre d'Ukrainiens favorables à l'adhésion de leur pays à l'OTAN a bondi cette année pour atteindre 51 % en novembre et ce sujet était au coeur de la campagne électorale de plusieurs partis pro-occidentaux.

Mais selon un analyste interrogé samedi par l'AFP, la volonté affichée par la majorité pro-occidentale est à usage intérieur.

«Les pays membres de l'OTAN sont incapables de trouver un consensus quant aux sanctions contre la Russie, et d'accepter dans les rangs de l'Alliance un pays en proie à un conflit armé avec la Russie, c'est de la science-fiction», a déclaré à l'AFP Vassyl Filiptchouk du Centre international pour les études politiques à Kiev.

L'Ukraine, qui a célébré vendredi le premier anniversaire du Maïdan, mouvement populaire ayant abouti à la chute le régime prorusse de Viktor Ianoukovitch après un bain de sang, commémore samedi les dix ans de la Révolution orange pro-occidentale, un soulèvement pacifique qui s'était également déroulé dans le centre de Kiev, sur la même place de l'Indépendance.

Ces mouvements sont perçus en Russie comme inspirés et financés par les États-Unis.

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