Les Américains passent à la vitesse supérieure

Des Haïtiens brandissent un drapeau américain et chantent... (Photo: AFP)

Agrandir

Des Haïtiens brandissent un drapeau américain et chantent des slogans pro-Obama dans un camp de réfugiés à Port-au-Prince.

Photo: AFP

Clarens Renois
Agence France-Presse
Port-au-Prince

Des troupes américaines ont pris position mardi à des endroits clés de Port-au-Prince et de sa région pour sécuriser les opérations humanitaires destinées à répondre à une population aux abois, une semaine après le séisme qui a fait au moins 75 000 morts en Haïti.

Le tremblement de terre de magnitude 7 qui a secoué le sud-ouest de l'île francophone à 16H53 mardi dernier a fait 75 000 morts, 250 000 blessés et un million de sans-abri, selon un bilan fourni mardi par la Direction de la protection civile haïtienne.

La moitié des bâtiments dans la région de la capitale haïtienne ont été détruits par la secousse, ont ajouté les autorités, qui ont donné carte blanche aux Etats-Unis pour accélérer l'acheminement des secours.

En matinée, une centaines de parachutistes de la 82e division aéroportée ont débarqué près du palais présidentiel en ruines de Port-au-Prince pour sécuriser l'Hôpital général tout proche.

Dans le même temps, quelque 130 Marines sont arrivés à Léogâne, à 30 km à l'ouest de Port-au-Prince, une ville située sur l'épicentre du séisme et détruite à 90% selon l'ONU. Ils ont invité la foule ébahie qui assistait à leur débarquement par hélicoptère à se rassembler dans le stade local où ils devaient distribuer des vivres.

Ils font partie d'une avant-garde qui sera suivie par 1 300 autres Marines, qui seront également déployés au Grand-Goâve et au Petit-Goâve pour faire la liaison avec les Casques bleus.

Ces troupes d'élite ont aussi déployé des hélicoptères et des aéroglisseurs. Plus d'une centaine de véhicules, deux systèmes de purification d'eau, neuf citernes pour le transport d'eau, six citernes pour le transport de carburant, 16 groupes électrogènes, vingt tentes ainsi que des médicaments doivent être déployés à terre.

L'afflux d'hommes en armes près du palais présidentiel était fraîchement accueilli par certains Haïtiens, alors que d'autres s'en félicitaient.

«C'est une occupation. Le palais représente notre pouvoir, notre identité, notre fierté», a lancé Feodor Desanges.

«On n'a pas le contrôle de l'Hôpital. Des gens viennent chercher du travail, faire du racket. Il y a eu pas mal de vols, des malades se sont fait dérober leur téléphone portable, leur sac à main.(...) C'est pourquoi on a fait appel à eux», expliquait de son côté le chef de la sécurité de l'établissement, Limar Angrand.

L'importante mobilisation américaine en Haïti a suscité des tensions sur la scène internationale, le Venezuela accusant Washington de vouloir «occuper» Haïti. Mais pour M. Angrand, «vu la situation du pays, on a besoin de bras».

Le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé mardi la demande du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, d'envoyer 3 500 Casques bleus de plus en Haïti afin de renforcer sa mission sur place, la Minustah. Ceci portera à plus de 12 500 le nombre de Casques bleus dans le pays.

L'ONU a affirmé que «l'espoir persiste» de retrouver des survivants mais le général Daniel Allyn, chef adjoint de l'opération américaine en Haïti, a annoncé mardi que la phase de recherche des survivants allait «très bientôt» s'achever.

Depuis une semaine, «au moins 90 survivants» ont été tirés des décombres, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).

Selon la Minustah, la sécurité à Port-au-Prince «reste stable, avec des violences et des pillages limités et localisés», et «la plupart des incidents ont été relevés dans des quartiers déjà classées à haut risque avant le séisme».

Mardi, le Comité international de la Croix-Rouge a dû interrompre une distribution d'aide dans le quartier de Delmas, à Port-au-Prince, en raison d'une «atmosphère tendue».

Sur le front des secours, le temps presse pour éviter une catastrophe sanitaire: sans accès à l'eau potable et à des sanitaires, les risques d'épidémie augmentent à chaque instant.

«Les priorités immédiates continuent d'être l'aide médicale, la gestion des cadavres, la fourniture d'abris, d'eau potable et l'accès à des sanitaires», a indiqué l'OCHA mardi.

Pour accélérer l'acheminement de l'aide, et délester l'aéroport de Port-au-Prince en sur-régime (200 vols par jour, contre 13 vols commerciaux quotidiens avant le séisme), l'armée américaine a annoncé mardi l'ouverture d'ici mercredi d'une nouvelle piste d'atterrissage près de la capitale.

«La première piste (supplémentaire) convenable entrera en activité dans les environs de (la ville de) Jacmel», à environ 40 km au sud-est, a indiqué à la presse le général Daniel Allyn.

A Port-au-Prince, huit hôpitaux, dont la moitié sont des structures de campagne, sont opérationnels et le navire-hôpital américain Comfort, avec 1 000 lits.

Malgré des débuts difficiles dans la distribution de l'aide dus à des problèmes logistiques et de coordination, «il y a des progrès, nous avançons sur l'assistance humanitaire d'urgence», a estimé la porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) Emilia Casella.

Elle a précisé que, selon les dernières données disponibles, le PAM a jusqu'à présent pu porter assistance à «au moins 270 000 personnes».

Selon des données communiquées mardi par l'ONU, des promesses de dons de plus de 1,2 milliard de dollars, provenant d'Etats, de personnes privées et d'entreprises, ont déjà été recueillies.

Une cinquantaine d'orphelins qui devaient être adoptés par des familles américaines sont arrivés mardi à Pittsburgh.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer