Israël a-t-il encore manqué le chef militaire du Hamas?

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Selon des témoins, pas moins de trois roquettes ont été décochées contre la bâtisse, qui a laissé place à un cratère encombré de gravats et de métal, à proximité des locaux de la radio du Hamas, Al-Aqsa

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Offensive israélienne à Gaza

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Offensive israélienne à Gaza

L'armée israélienne mène l'opération «Bordure protectrice», la plus importante offensive militaire contre la Bande de Gaza depuis la sanglante et controversée mission «Plomb durci» lancée en 2008-2009, qui avait fait plus de 1400 morts. »

Jean-Luc RENAUDIE
Agence France-Presse
JÉRUSALEM

Un épais mystère entourait mercredi la tentative d'élimination par Israël du chef militaire du Hamas Mohammed Deif, dont le mouvement a annoncé qu'il était toujours vivant et aux commandes de ses puissantes Brigades Ezzedine al-Qassam.

Ce mystère est à l'image de la cible elle-même, chef insaisissable vivant dans la clandestinité et ennemi numéro un d'Israël dans la bande de Gaza. La dernière photo connue de Mohammed Deif remonte à une vingtaine d'années.

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La dernière photo connue de Mohammed Deif remonte à une vingtaine d'années.

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Les informations sur l'opération israélienne sont rares. Vers 21 h 30 (14 h 30 mardi à Montréal), l'armée israélienne pulvérise un bâtiment de plusieurs étages dans le quartier d'immeubles de Cheikh Radouane, dans le nord-ouest de la ville de Gaza, au moment où un cessez-le-feu qui tenait depuis neuf jours est en train de voler en éclats.

Selon des témoins, pas moins de trois roquettes ont été décochées contre la bâtisse, qui a laissé place à un cratère encombré de gravats et de métal, à proximité des locaux de la radio du Hamas, Al-Aqsa.

La femme et l'enfant dont les secours annoncent la mort sont les premiers tués par la reprise des hostilités. C'est dans la nuit seulement que le Hamas révèle de qui il s'agit : la femme et la fillette de Mohammed Deif. La fillette est en fait un garçon, un bébé de sept mois, s'avère-t-il plus tard.

Mais Mohammed Deif, lui, «est toujours vivant et dirige les opérations militaires», a assuré mercredi à l'AFP un responsable proche du Hamas sous couvert de l'anonymat.

Israël n'a pas revendiqué avoir cherché à supprimer Mohammed Deif. Mais pour les responsables israéliens et palestiniens, cela ne fait pas de doute. Israël s'est servi de la reprise des tirs de roquettes comme «prétexte pour prendre pour cible un grand responsable du Hamas», a déclaré Moussa Abou Marzouk, numéro deux du bureau politique du Hamas.

Trois ministres israéliens ont justifié le principe de la liquidation de Mohammed Deif, sans confirmer qu'elle ait eu lieu.

«Mohammed Deif mérite la mort comme ben Laden, c'est une cible légitime, et lorsqu'une occasion se présente il faut l'exploiter pour le liquider», a déclaré le ministre de l'Intérieur Gideon Saar à la radio militaire.

L'occasion s'est-elle effectivement présentée? Mohammed Deif serait-il sorti de sa cachette pour voir les siens, et Israël, qui surveille le territoire en permanence et qui passe pour avoir dans la bande de Gaza des informateurs risquant la mort s'ils sont découverts, l'aurait-il appris?

Politique d'assassinats ciblés

Quelques minutes avant les frappes de Cheikh Radouane, les autorités israéliennes, comme prévoyant un accès de rage du Hamas, ont appelé les habitants du sud à se réfugier dans les abris et à ne pas en sortir jusqu'à nouvel ordre.

Effectivement, le feu du Hamas s'est déchaîné. Les brigades al-Qassam ont même invoqué «ce massacre» pour revendiquer le tir d'une cinquantaine de roquettes sur Jérusalem, Tel-Aviv et d'autres villes israéliennes.

À l'enterrement de la femme et du bébé de Deif, aucun des chefs du mouvement islamiste ne s'est mêlé aux 2000 participants.

Dans la foule, le père de la défunte, deuxième femme de Mohammed Deif, dit n'avoir vu son gendre qu'une seule fois en sept années de mariage.

«Ma fille savait qu'elle mourrait en martyr quand elle a décidé d'épouser Mohammed Deif. À chaque instant, je m'attendais à ce qu'on m'annonce sa mort», a dit Mostafa Harb Asfoura.

Widad, 27 ans, et Deif ont eu deux filles et un garçon.

Plusieurs dirigeants politiques et militaires du Hamas sont morts victimes des assassinats ciblés d'Israël. Parmi eux figure un prédécesseur de Mohammed Deif à la tête des brigades al-Qassam, Yahya Ayyash, tué en 1996 par l'explosion d'un téléphone portable piégé. Le fondateur du Hamas, le cheikh Ahmed Yassine, et le dirigeant Abdelaziz Rantissi ont été tués lors de raids israéliens en 2004 à Gaza.

Le Mossad, les services de renseignements israéliens, passe clairement pour avoir assassiné en 2010 Mahmoud al-Mabbouh, un des fondateurs des brigades al-Qassam, dans un hôtel de Dubaï. La dernière liquidation en date a fait disparaître Ahmed Jaabari, bras droit de Deif, en 2012.




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