Israël réduit sa présence diplomatique en Turquie

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Des manifestants turcs soutenant la Palestine se sont runis devant le consulta israélien à Istanbul, vendredi.

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Offensive israélienne à Gaza

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Offensive israélienne à Gaza

L'armée israélienne mène l'opération «Bordure protectrice», la plus importante offensive militaire contre la Bande de Gaza depuis la sanglante et controversée mission «Plomb durci» lancée en 2008-2009, qui avait fait plus de 1400 morts. »

Burak AKINCI
Agence France-Presse
ANKARA

Israël a décidé de réduire au minimum sa présence diplomatique en Turquie, qui a vivement condamné ses opérations militaires à Gaza, après de violentes manifestations à Istanbul et Ankara devant les missions israéliennes.

«À la suite des manifestations d'hier, il a été décidé de réduire le personnel diplomatique en Turquie», a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'ambassade d'Israël, qui a précisé que les représentations israéliennes ne seraient cependant pas fermées.

La Turquie avait expulsé l'ambassadeur d'Israël en Turquie et rappelé le sien dans ce pays en 2011 après l'affaire du Mavi Marmara, un traversier turc qui tentait de briser le blocus israélien sur Gaza et qui avait été attaqué et arraisonné en mai 2010 par un commando israélien.

Dix militants turcs avaient été tués dans cette attaque qui avait provoqué une grave crise entre les deux pays, autrefois alliés régionaux. Depuis lors, le nombre des diplomates israéliens en poste en Turquie a déjà été sensiblement réduit.

Des centaines de manifestants ont attaqué aux premières heures de vendredi le consulat général d'Israël dans le centre d'Istanbul, provoquant une intervention musclée des forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau.

Réunie à l'appel d'organisations islamistes, la foule a lancé des pierres, brisant des vitres de la représentation tandis que certains manifestants tentaient de franchir les grilles et de pénétrer dans l'enceinte du bâtiment avec des drapeaux palestiniens.

«Israël assassin» scande la foule

La police antiémeute est intervenue à plusieurs reprises, jusqu'à l'aube, tirant des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants qui scandaient «Israël assassin, quitte la Palestine!» ou «Juif assassin!».

À Ankara, des députés du parti islamoconservateur dirigé par le premier ministre Recep Tayyip Erdogan, champion de la cause palestinienne, ainsi que ceux de l'opposition, ont manifesté de leur côté dans la nuit devant la résidence de l'ambassadeur d'Israël.

La police a pris vendredi d'importantes mesures de sécurité autour des représentations israéliennes à Istanbul et Ankara alors que des ONG islamistes ont appelé à de nouvelles manifestations dans la journée dans les deux villes.

Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a condamné avec véhémence les opérations d'Israël, exhortant la communauté internationale à faire «cesser l'agression israélienne qui tue cruellement femmes et enfants».

«Nous sommes confrontés à une tragédie humanitaire», a-t-il dit en marge d'une réunion de haut niveau de la Communauté des Caraïbes (CARICOM).

Le chef de l'État Abdullah Gül a lui aussi fermement réagi contre Israël, redoutant «une situation encore plus grave, si cette agression ne s'arrête pas».

Le parlement turc devait adopter une déclaration commune vendredi, pour dénoncer Israël.

Jeudi, M. Erdogan, qui entretient des liens étroits avec le mouvement islamiste Hamas qui contrôle Gaza, a qualifié les bombardements israéliens sur Gaza de «tentative de génocide systématique» des Palestiniens.

Vendredi, il a de nouveau attaqué Israël, mais également l'Égypte, pays avec lequel son gouvernement a rompu lorsque l'armée à évincé du pouvoir il y a un an le président islamiste Mohammed Morsi, soutenu par Ankara.

Il (le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi) n'est pas différent des autres (Israël). Sissi lui-même est un tyran», a lancé M. Erdogan, accusant l'administration égyptienne d'agir «ensemble» avec l'État hébreu contre le Hamas, soutenu par le gouvernement turc.

M. Erdogan, qui part favori dans la course à l'élection présidentielle d'août en Turquie, avait accusé mardi Israël de «terrorisme d'État» et exclu toute normalisation avec ce pays.

Les efforts en faveur d'une réconciliation entamés l'an dernier à la suite d'une médiation américaine entre les deux pays sont désormais au point mort, a indiqué M. Erdogan.

«Tant que je serais au pouvoir, il n'y aura rien de positif avec Israël», a dit M. Erdogan accusant une nouvelle fois l'État hébreu de perpétrer «un génocide» contre les Palestiniens, sous les regards de la communauté internationale.

La Turquie recevra vendredi le président palestinien Mahmoud Abbas, qui s'entretiendra à Istanbul avec son homologue turc et M. Erdogan.




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