Nucléaire iranien: le «sommet» enfin en vue?

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«On arrive à de vraies décisions», a estimé dimanche John Kerry, évoquant un «petit nombre de points» toujours en suspens.

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Philippe SCHWAB, Siavosh GHAZI
Agence France-Presse
Vienne

Les grandes puissances et l'Iran tentent de conclure lundi, avant l'expiration d'un énième délai, un accord historique sur le nucléaire iranien, au terme de seize jours de pourparlers acharnés à Vienne, comparés par Téhéran à une ascension de montagne.

Les chefs de cordée, le secrétaire d'État américain John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, ne quittent guère la table de négociations depuis fin juin.

Toutes les parties s'accordent à le dire: pas à pas, d'importants progrès ont été réalisés.

«Nous avons fait un long chemin. Nous devons atteindre un sommet dont nous sommes très proches. Nous sommes si près que si l'on regarde d'en bas on a l'impression qu'on y est arrivé. Mais lorsqu'on est en haut on sait qu'il reste encore quelques pas à faire», a confié dimanche soir le président iranien Hassan Rohani à l'agence Isna.

«Il reste du travail à faire», a confirmé dans la foulée M. Zarif, depuis le balcon du palais Coburg qui sert de camp de base aux négociateurs.

Une source allemande proche des négociations a confirmé que les négociateurs étaient «tout proches du but». Mais «tout peut encore échouer», a-t-elle prévenu.

MM. Kerry et Zarif, ainsi que le Français Laurent Fabius, le Russe Sergueï Lavrov et le Britannique Philip Hammond devaient se retrouver à Vienne lundi pour poursuivre leurs pourparlers, ainsi que des représentants chinois et allemands.

L'Iran et le groupe P5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) tentent de finaliser un accord dans ce dossier qui empoisonne les relations internationales depuis plus de douze ans.

L'objectif est de garantir que les activités nucléaires iraniennes sont strictement pacifiques, comme l'assure Téhéran, en échange d'une levée des sanctions internationales qui brident l'économie du pays depuis 2006.

Engagés depuis septembre 2013, les pourparlers sont entrés dans leur phase finale le 27 juin, avec pour objectif initial un accord pour le 30 juin, un délai déjà repoussé à trois reprises, la dernière fois jusqu'à au lundi 13 juillet.

«Vraies décisions» 

Alors que débute le 17e jour de pourparlers, le round de négociations internationales est d'ores et déjà l'un des plus longs, au niveau ministériel et en un seul lieu, depuis celui qui a abouti aux accords de Dayton (États-Unis) mettant fin à la guerre en Bosnie-Herzégovine en 1995.

Les négociateurs travaillent à la finalisation d'un texte volumineux -une centaine de pages- en raison de la complexité du dossier. Selon le chef du programme nucléaire iranien, Ali Akbar Salehi, les négociations techniques sont «terminées de fait».

Reste le volet le plus délicat: celui des ultimes arbitrages politiques.

«On arrive à de vraies décisions», a estimé dimanche John Kerry, évoquant un «petit nombre de points» toujours en suspens.

Son homologue français Laurent Fabius, qui a décidé d'annuler un déplacement en Afrique prévu lundi pour rester à la table des négociations, a, lui aussi, dit «croire» que les négociations étaient entrées dans «leur dernière phase».

En avril, à Lausanne, les négociateurs ont obtenu à l'arraché un accord-cadre, selon lequel l'Iran a notamment accepté de réduire le nombre de ses centrifugeuses et son stock d'uranium enrichi, ce qui, en pratique, doit rendre quasi impossible la fabrication rapide d'une bombe atomique.

Les négociations ont notamment buté jusqu'ici sur la levée de restrictions sur le programme balistique de l'Iran ainsi que le commerce des armes, réclamés par Téhéran avec le soutien de Moscou. Les Occidentaux jugent cette demande délicate en raison de l'implication iranienne dans plusieurs conflits, en particulier en Syrie et en Irak.

Autre point de désaccord : le rythme de la levée des sanctions. Les Iraniens souhaitent une levée rapide, mais les puissances occidentales envisagent une levée graduelle et la possibilité de revenir en arrière en cas de violation de l'accord.

Le P5+1 demande aussi que des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) puissent accéder à des sites militaires «si nécessaire», ce que rejettent certains responsables iraniens.

Enfin, les deux camps se disputent sur la durée de l'accord.

Un dénouement marquerait le début d'une normalisation des relations de l'Iran avec la communauté internationale. Cette perspective se heurte à l'hostilité des puissances régionales sunnites et d'Israël.

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