Nucléaire iranien: Washington comme Téhéran refusent de se précipiter

Le secrétaire d'État américain John Kerry marche à... (PHOTO RONAL ZAK, AP)

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Le secrétaire d'État américain John Kerry marche à l'aide de béquilles dans les jardins du Palais Coburg, à Vienne, où les négociations se déroulent.

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Siavosh GHAZI, Jo Biddle
Agence France-Presse
VIENNE

Les États-Unis, comme Téhéran, ne veulent pas se «précipiter» pour un accord sur le nucléaire iranien et les négociations internationales vont se poursuivre encore, même si les deux parties haussent le ton en fin de négociations.

«Vu que les travaux sont extrêmement techniques et les enjeux très, très élevés, on ne se précipitera pas et on ne se laissera pas précipiter vers un accord», a déclaré M. Kerry à la presse internationale massée devant le palais Coburg à Vienne, où se déroulent les négociations.

Presque au même moment, son homologue iranien Mohammad Javad Zarif tweetait : «Nous travaillons dur, mais sans précipitation. On ne change de pas de cheval au milieu du gué.»

«Combien de temps allez-vous rester à Vienne ?» ont hurlé, un peu plus tard, les journalistes à M. Zarif, apparus au balcon du palace. «Aussi longtemps que nécessaire», a répondu ce dernier.

Mais, dans ce ping-pong verbal soigneusement orchestré, M. Kerry avait tenu à préciser dans son allocution que les États-Unis ne resteraient pas «à la table de négociations pour toujours».

«Si les décisions difficiles ne sont pas prises, nous sommes tout à fait préparés à mettre fin au processus», a-t-il ajouté, mettant la pression dans cette phase finale des négociations.

«Malheureusement, on assiste à des changements de positions et à des demandes excessives (...) de la part de plusieurs pays au sein du groupe 5+1, qui ont chacune des positions différentes, ce qui rend la tâche difficile», a déclaré un peu plus tard M. Zarif à un groupe de journalistes à la sortie d'une mosquée à Vienne, selon la chaîne de télévision en arabe Al-Alam.

Un responsable iranien avait cité en exemples le rythme de levée des sanctions, la durée de l'accord et l'embargo sur les armes.

M. Zarif a ajouté que l'Iran voulait un accord «respectant la dignité» de la nation. «Nous continuons les discussions et nous ne quitterons jamais la table des négociations. Si l'autre partie cherche aussi un accord équilibré, un tel accord est à portée de main.»

Accord encore insaisissable

Si le texte d'un accord n'est pas soumis au Congrès américain ce vendredi 10 juillet à minuit, cela retardera d'au moins deux mois, vacances parlementaires obligent, sa mise en application.

En outre, vendredi à minuit, le cadre légal des négociations offert par l'accord-cadre conclu en novembre 2013 entre les grandes puissances et l'Iran, expire.

Les mesures prévues par cet accord-cadre, qui instaure un gel de certaines activités nucléaires iraniennes en échange d'une levée partielle de sanctions a déjà été renouvelée pour une semaine puis pour trois jours depuis le début de la négociation de Vienne, le 27 juin.

Toutefois, «nous ne devrions pas nous lever et partir parce que l'horloge sonne minuit», a souligné M. Kerry, laissant entendre que les négociations n'étaient soumises à aucune échéance précise.

«Nous sommes tout près. Mais si les décisions importantes, historiques ne sont pas prises dans les prochaines heures, nous n'aurons pas d'accord», a cependant estimé de son côté la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, sur l'antenne de CNN.

«Il est clair pour tout le monde que prendre ces décisions dans une, deux, trois semaines sera non pas plus facile, mais plus difficile pour tous», a-t-elle ajouté.

Treize jours après la reprise formelle à Vienne des négociations entre les grandes puissances et l'Iran, l'accord se dérobe toujours en dépit des progrès accomplis, que toutes les délégations s'accordent à reconnaître.

La communauté internationale veut placer le programme nucléaire iranien sous étroit contrôle, afin de s'assurer que Téhéran ne cherche pas à se doter de la bombe atomique, en échange d'une levée de sanctions imposées depuis une décennie.

Les négociateurs ont un texte sur la table, comprenant une centaine de pages dont cinq annexes techniques. Mais les choix les plus difficiles restent à faire.

Téhéran réclame notamment la levée des restrictions sur les armes et sur son programme balistique. Il s'agit d'une des mesures figurant parmi la série de sanctions adoptées depuis 2006 par le Conseil de sécurité de l'ONU, mais l'Iran argue que cet embargo n'a rien à voir avec le dossier nucléaire.

Moscou a apporté jeudi un soutien de poids aux demandes iraniennes en souhaitant la levée «dès que possible» de cet embargo, un des points de crispation de la négociation. Un responsable iranien a affirmé que la Chine soutenait également cette position.

Les Occidentaux, tout en convenant que chaque pays a un programme militaire conventionnel, jugent toutefois qu'une levée de l'embargo sur les armes maintenant serait difficile à faire passer politiquement, en raison du contexte régional.

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