Nucléaire iranien: Obama et Cameron contre de nouvelles sanctions

De nouvelles sanctions «compromettraient la possibilité d'une solution... (PHOTO MANDEL NGAN, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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De nouvelles sanctions «compromettraient la possibilité d'une solution diplomatique à l'une des plus difficiles questions de sécurité nationale que nous ayons à traiter depuis longtemps», a expliqué le premier ministre britannique, reçu à Washingto par le président Barack Obama.

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Anne RENAUT
Agence France-Presse
Washington

Le président américain Barack Obama, soutenu par le premier ministre britannique David Cameron, a menacé vendredi de mettre son veto à toute loi qui imposerait de nouvelles sanctions à Téhéran car elles compromettraient les négociations cruciales en cours sur le programme nucléaire iranien.

«Le Congrès doit faire preuve de patience», a déclaré le président américain lors d'une conférence de presse commune avec M. Cameron à la Maison-Blanche. «J'ai dit à mes collègues du caucus démocrate hier que je mettrais mon veto à toute proposition de loi qui atterrirait sur mon bureau», a-t-il ajouté.

De nouvelles sanctions «compromettraient la possibilité d'une solution diplomatique à l'une des plus difficiles questions de sécurité nationale que nous ayons à traiter depuis longtemps», a-t-il expliqué.

L'adoption de nouvelles sanctions «à ce stade n'aidera pas les discussions» et pourrait «fissurer l'unité de la communauté internationale» sur l'Iran, a renchéri M. Cameron, faisant valoir que les négociations avaient besoin de «temps» pour aboutir.

«Nous restons entièrement déterminés à nous assurer que l'Iran ne puisse pas fabriquer d'arme nucléaire», a affirmé David Cameron, en visite à Washington jeudi et vendredi.

Les négociations entre Téhéran et les grandes puissances (soit le groupe P5+1: É.-U., Russie, Chine, Royaume-Uni, France et Allemagne) doivent reprendre officiellement dimanche à Genève, en vue de sceller un accord d'ici le 1er juillet.

L'Iran demande une levée des sanctions économiques qui le frappent, et les grandes puissances veulent s'assurer que Téhéran ne cherche pas à se doter de l'arme nucléaire, sous couvert d'un programme civil.

Les chefs de la diplomatie américaine et iranienne, John Kerry et Mohammad Zarif, ont eu des entretiens «substantiels» la semaine dernière à Genève et se sont revus vendredi à Paris.

D'importantes questions «restent à résoudre» toutefois en vue d'un accord, a estimé vendredi le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, après avoir lui aussi rencontré à Paris Mohammad Zarif.

Débat sur l'Iran au Sénat avant février

Les grandes puissances et l'Iran ont déjà échoué à deux reprises à trouver un accord dans les délais qu'ils s'étaient imposés, dont la dernière date butoir du 24 novembre.

M. Obama a exhorté les élus du Congrès à «s'abstenir pendant quelques mois pour voir si nous pouvons résoudre cette grande question sans avoir potentiellement recours à la guerre».

Le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, Bob Corker, a prédit jeudi que le débat parlementaire sur le nucléaire iranien démarrerait au Sénat d'ici début février.

Deux voies distinctes, voire concurrentes, sont envisagées au Congrès pour que les élus fassent pression sur Obama afin d'influencer le contenu de tout accord final.

La première voie, initiée par Bob Corker, vise à adopter une loi obligeant le président Barack Obama à soumettre tout accord sur le nucléaire à un vote du Congrès.

La seconde voie, proposée par le démocrate Robert Menendez et le républicain Mark Kirk, prend la forme d'une loi qui déclencherait de nouvelles sanctions quasi-automatiquement à une date prédéterminée, au cas où Téhéran refuserait de signer un accord final, ou ne respecterait pas ses engagements.

Mais avec une simple menace de sanctions, a prévenu M. Obama, «le risque que toutes ces négociations s'effondrent est très élevé».

MM. Obama et Cameron ont toutefois reconnu que les sanctions économiques existantes avaient eu de l'effet sur l'Iran puisqu'elles l'avaient «amené à la table des négociations», selon M. Obama. «Cette pression a conduit aux discussions et ces discussions ont au moins une chance d'aboutir», a renchéri M. Cameron.

Et le président américain n'a pas écarté à terme la possibilité de prendre de nouvelles sanctions. «Personne dans le monde, et surtout les Iraniens, ne doute de ma capacité à prendre de nouvelles sanctions si les négociations échouent», a-t-il prévenu. «Si on n'a pas d'accord, on fera de nouveau pression sur l'Iran», a ajouté M. Cameron.

Car «personne n'est intéressé par un texte qui minerait nos sanctions et donnerait à l'Iran la possibilité de se doter secrètement et progressivement de l'arme nucléaire», a expliqué le président américain.

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