Propos vulgaires: Melania Trump demande qu'on excuse son mari

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Melania Trump, femme du candidat républicain à la présidentielle, a demandé samedi aux Américains d'excuser son mari pour ses propos «inacceptables et outranciers» qui, selon elle, ne représentent pas qui est réellement Donald Trump.

«Les mots que mon mari a utilisés sont à mes yeux inacceptables et outranciers. Ils ne représentent pas l'homme que je connais», a déclaré dans un communiqué Mme Trump, en référence aux termes très crus utilisés par M. Trump dans une vidéo remontant à 2005. «J'espère que les gens accepteront ses excuses, comme je l'ai fait», a-t-elle ajouté.

Donald Trump et Mike Pence... (Photo Evan Vucci, Archives AP) - image 3.0

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Donald Trump et Mike Pence

Photo Evan Vucci, Archives AP

Pence «outré»

Il y a «zéro chance que j'abandonne» ma campagne présidentielle, a déclaré plus tôt samedi Donald Trump, alors que son colistier, Mike Pence, s'est pour sa part dit «outré» par les propos machistes et vulgaires du candidat républicain révélés la veille.

«En tant qu'époux et père, j'ai été outré par les propos et les actions décrites par Donald Trump dans cette vidéo datant de 11 ans», a indiqué le candidat à la vice-présidence. «Je ne cautionne pas ses déclarations et je ne peux pas les défendre», a-t-il ajouté, en saluant le fait que M. Trump ait présenté des excuses.

«Jamais au grand jamais je n'abandonnerai», a assuré de son côté le candidat républicain au Wall Street Journal, en démentant toute crise dans la course vers la Maison-Blanche qui l'oppose à la démocrate Hillary Clinton. «Je recueille un soutien formidable tellement Hillary Clinton est une candidate remplie de défauts effroyables», a ajouté le magnat des affaires.

Dans une vidéo compilant des images filmées par NBC en septembre 2005, Donald Trump est enregistré en train de se vanter en termes très crus de sa façon d'approcher les femmes qui l'attirent.

Ces propos évoquant des comportements proches du harcèlement sexuel ont plongé dans la tempête la campagne déjà chahutée de Donald Trump, à 48 heures d'un débat capital devant opposer les deux candidats.

Des hauts responsables républicains ont immédiatement condamné très clairement les déclarations de Trump, certains assurant qu'ils ne voteraient plus pour le candidat investi par le parti.

«Je n'ai jamais dit que j'étais une personne parfaite», a déclaré Donald Trump dans une vidéo diffusée sur Facebook au milieu de la nuit de vendredi à samedi. Dans cette séquence il se dit «rempli d'humilité» et s'engage à devenir «un homme meilleur».

Trump perd des soutiens

Mais les soutiens semblaient au contraire quitter le navire Trump, samedi. Le sénateur John McCain, figure influente du parti républicain, dont il a été le candidat malheureux à la présidentielle de 2008, a formellement retiré samedi son soutien à Donald Trump après la révélation de propos vulgaires qui ont jeté le trouble sur sa campagne.

Condolezza Rice, secrétaire d'État sous George W. Bush, a demandé que le candidat républicain se retire de la course.

«Donald Trump doit se retirer et Mike Pence devenir notre candidat de façon immédiate», a estimé John Thune, qui fait partie de l'équipe de direction des républicains du Sénat.

D'autres élus républicains ont annoncé samedi qu'ils ne voteraient plus pour le candidat investi par leur parti.

Sa campagne déjà chahutée l'est encore davantage, plaçant en position de force Mme Clinton à la veille du deuxième débat télévisé entre les deux candidats. Celui-ci s'annonce houleux, d'autant que le milliardaire avait été donné perdant après sa première confrontation avec la candidate démocrate.

Sur la défensive face à ses turpitudes, Donald Trump pourrait accuser Hillary Clinton d'avoir rudoyé les maîtresses de son mari, Bill, dans les années 1990.

Donald Trump a déjà connu des semaines noires, notamment en août, mais il s'était relevé de ses dérapages. La différence est que ces révélations émergent à seulement un mois du scrutin, tandis que les Américains commencent à voter de façon anticipée.

La panique gagne donc les rangs républicains, par crainte d'une déroute générale en novembre, quand le Congrès doit aussi être renouvelé.

Les uns après les autres, les ténors du parti continuaient samedi à prendre leurs distances. La liste comprend notamment l'homme fort du Congrès, Paul Ryan, l'ancien candidat aux primaires républicaines Marco Rubio, l'ex-candidat républicain en 2012 Mitt Romney.

«Pour la première fois depuis que je suis devenu citoyen américain en 1983, je ne voterai pas pour le candidat républicain à la présidentielle», a déclaré de son côté Arnold Schwarzenegger, ex-gouverneur de Californie.

Samedi, Hillary Clinton a retweeté une phrase d'un éditorial du journal Denver Post énonçant que «la présidente Hillary Clinton, même dans son pire jour, serait meilleure que le président Donald Trump quel que soit le jour».

La vidéo de 2005 «est un couteau planté dans le coeur de Trump, au débat il est certain qu'on va lui poser la question», prédit Larry Sabato, politologue de l'Université de Virginie.

«Trump ne perdra aucune voix au sein de sa base électorale, ils s'en fichent», dit cet expert. «Mais Trump ne parviendra pas à élargir sa base de soutien».

Des dérapages répétés sur les femmes

«Personne ne respecte les femmes autant que moi». Cette affirmation, le candidat républicain à la présidentielle américaine Donald Trump l'a assénée à de multiples reprises dans ses rassemblements, mais cette perfection revendiquée est mise en doute par ses dérapages répétés, sexistes ou graveleux.

«J'ai tenté de la baiser, elle était mariée (...) Je suis automatiquement attiré par les beautés. J'embrasse, j'attends même pas. Et quand t'es une star, elles te laissent faire. Tu peux tout faire. Les choper par la chatte.»

Cette dernière sortie de route du candidat républicain, révélée vendredi, est peut-être la plus choquante et sans doute la plus vulgaire.

Les propos datent de 2005, mais ils ont fait l'effet d'une bombe avant le débat crucial qui opposera dimanche soir Donald Trump et Hillary Clinton.

Pour tenter de limiter les dommages, le trublion républicain a diffusé une vidéo tournée en urgence, dans laquelle il se dit «rempli d'humilité» et s'engage à devenir «un homme meilleur».

«Regardez-moi cette tête. Qui voterait pour ça?»

Donald Trump avait ainsi qualifié son ex-rivale aux primaires républicaines, Carly Fiorina. Celle-ci avait ensuite épinglé le magnat de l'immobilier pour sa misogynie, lors d'un débat télévisé.

«On pouvait voir du sang gicler de ses yeux, du sang gicler de son... d'où que ce soit.»

Donald Trump avait décrit sous cette forme imagée la prétendue animosité que lui vouait une journaliste de Fox News, Megyn Kelly, lors du premier débat des primaires républicaines en août 2015.

Il avait ensuite démenti avoir voulu faire une allusion aux règles de la jeune femme, qu'il avait aussi qualifiée de «bimbo».

«Elle avait pris énormément de poids, ce qui posait un vrai problème.»

Ce récent commentaire de Donald Trump visait Alicia Machado, une Vénézuélienne couronnée Miss Univers 1996, du temps où l'homme d'affaires organisait ces concours de beauté.

La femme, passée dans le camp de Mme Clinton, a par ailleurs souligné que Trump l'avait appelée «Miss Piggy» (Peggy la cochonne).

Bill Clinton «a été le pire agresseur de femmes de l'histoire de la politique (...). Et Hillary a été complice en traitant ces femmes de façon effroyable».

Pour regagner un électorat féminin rendu méfiant, Donald Trump a depuis plusieurs mois adopté cet angle d'attaque, accusant son adversaire démocrate de cautionner les liaisons extra-maritales de son époux.

«C'est une truie. Elle parle comme un chauffeur routier.»

En 2006 Donald Trump avait proféré ces insultes sexistes visant la comédienne Rosie O'Donnell, qui l'avait elle-même qualifié de «charlatan des affaires».

«Arianna Huffington est peu séduisante, à la fois intérieurement et extérieurement. Je comprends parfaitement pourquoi son mari l'a quittée pour un homme. Il a fait le bon choix.»

Donald Trump s'était ainsi moqué dans un tweet en août 2012 de cette éditorialiste américaine, dont l'ancien mari avait révélé être homosexuel un an après leur divorce.

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