Une menace russe plane sur la présidentielle américaine

Hillary Clinton estime que le piratage informatique qui... (photo Brendan Smialowski, AFP)

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Hillary Clinton estime que le piratage informatique qui a visé son parti en juillet soulevait « de graves questions sur l'éventuelle implication des Russes dans le processus électoral (américain) ».

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Qui succédera à Barack Obama ? Consultez notre dossier sur l'élection présidentielle américaine de 2016. »

Sébastien BLANC
Agence France-Presse
WASHINGTON

Les États-Unis redoutent que la Russie tente de faire dérailler l'élection présidentielle américaine du 8 novembre, notamment par des piratages informatiques contre lesquels la police fédérale a effectué une mise en garde solennelle.

L'hypothèse d'une telle action déloyale de la part de Moscou se trouve renforcée par Hillary Clinton, qui a confié lundi ses craintes d'interférences des Russes dans le scrutin devant parachever sa course espérée vers la Maison-Blanche.

La candidate démocrate, qui continue sa campagne mardi en Floride, fonde ses inquiétudes sur le piratage informatique qui a visé son parti en juillet, un acte au sujet duquel le président Vladimir Poutine a estimé salutaire « que ce contenu ait été diffusé auprès du public ».

Le maître du Kremlin a réfuté toute implication de l'État russe, et pourtant Mme Clinton a estimé que ce piratage soulevait « de graves questions sur l'éventuelle implication des Russes dans le processus électoral (américain) ».

Et, a insisté la candidate, les autorités et experts américains s'accordent à penser que ce piratage informatique a bel et bien été orchestré par les services de renseignement russes.

Une enquête bien sensible

Une telle menace visant la présidentielle est désormais prise en compte par les plus hautes autorités fédérales qui, selon le Washington Post, ont ouvert une enquête associant CIA, FBI et services de contrespionnage.

Officiellement, ces agences se gardent de prononcer le mot « Russie ». Plusieurs membres du Congrès ont au contraire appelé Barack Obama à adresser une mise en garde ferme visant clairement Moscou.

Mais le président américain, qui a rencontré lundi son homologue russe en marge du sommet du G20 en Chine, observe une même prudence.

Fin juillet, M. Obama n'avait toutefois pas écarté la possibilité que la Russie tente d'influencer la présidentielle américaine en faveur de Donald Trump.

« Tout est possible », avait dit le chef de la Maison-Blanche, peu après la fuite des courriels de hauts responsables du Parti démocrate qui avaient été publiés par le site WikiLeaks.

Lundi, Mme Clinton a également effectué une association entre Russie et Trump, en assurant que son adversaire républicain « encourage(ait) » Moscou à l'espionner.

À plusieurs reprises, M. Trump a chanté les louanges de Vladimir Poutine, qui lui a renvoyé l'ascenseur dans des déclarations publiques.

En dehors de cette possible préférence de candidat, quel pourrait être l'intérêt de la Russie à torpiller le scrutin du 8 novembre ? Jeter un discrédit sur un modèle démocratique que Washington tente d'exporter, notamment dans les pays de l'ancien bloc soviétique.

Semer le chaos

Seize ans après l'imbroglio historique en Floride de la présidentielle opposant Al Gore et George W. Bush, le système électoral américain reste toujours menacé de grippages en raison de sa complexité et de ses disparités entre États.

Deux États, l'Arizona et l'Illinois, en ont récemment fait les frais, étant la cible d'intrusions informatiques dans leurs bases de données électorales.

Un responsable des autorités de l'Arizona, cité par le Washington Post, a souligné que le FBI avait pu remonter jusqu'à des pirates informatiques russes, sans confirmer s'il s'agissait d'agents de l'État russe.

À la suite de ces attaques malveillantes, le FBI a en tout cas diffusé un avertissement solennel visant tous les États, en particulier ceux qui permettent le vote par courriel ou par internet, jugé plus exposé aux intrusions électroniques.

Douglas Jones, un expert en informatique électorale de l'Université de l'Iowa, souligne que seulement 70 % de l'électorat américain vote avec des bulletins en papier comptés par machine, qui peuvent être recomptés si besoin.

Selon lui, il serait improbable que des « hackers » russes parviennent à faire remporter la présidentielle à un candidat au détriment d'un autre.

Mais, explique-t-il à l'AFP, « susciter le chaos est bien plus facile qu'altérer systématiquement des résultats ».

Il identifie trois modes d'action potentiels : « créer l'impression que des résultats ont pu être falsifiés - par exemple en envoyant à WikiLeaks des courriels fictifs habilement réalisés », ou bien « attaquer les bases de données électorales centralisées ».

Enfin, dit-il, « si un intrus parvenait à rayer des listes électorales y compris une petite fraction des votants dans un État, cela sèmerait la pagaille dans les bureaux de vote concernés ».

La Commission d'aide électorale (Election Assistance Commission), une agence gouvernementale chargée d'aider les États à organiser les scrutins, se réunira elle jeudi avec la sécurisation du scrutin du 8 novembre à son ordre du jour.

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