La présidentielle de 2020 hante déjà les républicains

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Paul Ryan peine à dissimuler ses ambitions pour la Maison-Blanche à moyen terme.

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Maison-Blanche 2016

Qui succédera à Barack Obama ? Consultez notre dossier sur l'élection présidentielle américaine de 2016. »

Jerome CARTILLIER
Agence France-Presse
Cleveland

Officiellement, personne n'en parle. Mais avant même que celle de 2016 ne soit passée, l'élection présidentielle de 2020 accapare les esprits à la convention républicaine de Cleveland.

Les grand-messes politiques américaines ont toujours été le lieu idéal pour vanter ses propres mérites, raconter sa version du «rêve américain» et poser des jalons pour de lointains rendez-vous électoraux.

Mais elles se veulent aussi un concert sans fausses notes pour le candidat qui vise la Maison Blanche à court terme.

Celle de Cleveland 2016 a un parfum particulier.

Certains ne cachent pas leurs réserves: «Comme républicain, il est tragiquement imparfait, et il est incapable d'être président», déplorait sans détour Regina Thomson, déléguée du Colorado, au premier jour de la convention, en parlant de Donald Trump.

Au sein des cadres et des élus du parti, le candidat Trump, qui a tout écrasé sur son passage lors des primaires, interpelle, dérange, divise. Ses prises de position abruptes, son style agressif, parfois vulgaire, fait aussi redouter une perte de la majorité au Sénat, voire à la Chambre.

Si Hillary Clinton l'emporte au soir du 8 novembre et offre aux démocrates un troisième mandat consécutif à la Maison-Blanche - du jamais vu depuis la Seconde guerre mondiale - le Grand Old Party sera un champ de ruines.

En cas de défaite, tous ceux qui comptent au sein du parti veulent être bien positionnés à l'heure de la reconstruction.

«La plupart des dirigeants du parti pensent que Trump va perdre», souligne Larry Sabato, politologue de l'université de Virginie. «Ils ne lui doivent rien, ils sont nombreux à ne l'avoir même jamais rencontré».

17 candidats? 

Cette situation singulière pousse les ténors républicains à une étrange danse, à l'image de celle que pratique depuis plusieurs mois Paul Ryan, l'un des plus influents personnages de Washington.

Colistier de Mitt Romney, candidat malheureux en 2012 face à Barack Obama, il est devenu à l'automne président de la Chambre des représentants.

Celui qui peine à dissimuler ses ambitions pour la Maison-Blanche à moyen terme, a, au prix de spectaculaires contorsions, fini par soutenir Trump du bout des lèvres.

Mardi à Cleveland, quelques heures seulement après le sacre officiel de l'homme d'affaires, il s'est posé, dans un discours au style posé et au ton pédagogique, en figure rassurante.

«Gagnons cette affaire», a-t-il conclu d'une formule reflétant sa posture bancale: ni attaques frontales, ni soutien clair.

Dans un éditorial au vitriol, le New York Times dénonçait mardi «l'opportunisme» et les petits calculs de celui «qui fut un homme politique prometteur».

D'autres, à Cleveland, ont les yeux rivés bien au-delà de 2016.

C'est le cas du sénateur de l'Arkansas Tom Cotton, 39 ans, étoile montante du parti. Lors de son discours lundi, cet infatigable pourfendeur de Barack Obama n'a évoqué le candidat républicain fraîchement investi qu'une seule fois.

L'attitude du sénateur ultra-conservateur Ted Cruz, champion de la droite religieuse qui devrait tenter une nouvelle fois sa chance pour la Maison-Blanche, est scrutée à la loupe.

«Ce que je sais est que chacun a l'obligation de suivre sa conscience», a-t-il déclaré mercredi à Cleveland en marge de la convention dans un discours retraçant les succès de sa campagne (8 millions de votes, 12 États remportés). A aucun moment, il n'a prononcé le nom de Trump dans ce discours interrompu par ses partisans scandant: «2020! 2020!»

Détail révélateur: Mike Lee, sénateur de l'Utah dont il est très proche, faisait partie du groupe de délégués anti-Trump qui protestaient lundi dans l'enceinte de la convention pour contester l'adoption d'une motion sans vote.

Le sénateur Marco Rubio, ancienne star qui a chuté sans gloire lors des primaires, espère lui aussi rebondir.

Si M. Trump est défait et - comme il l'a laissé entendre - s'éloigne de la politique, qui se battra donc lors des prochaines primaires, dans quatre ans?

Ryan, Cruz, Rubio, Cotton, «mais peut-être des tas d'autres aussi», souligne Larry Sabato.

«On pourrait se retrouver une nouvelle fois avec 17 candidats sur la ligne de départ».

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