Trump s'enfonce dans les théories du complot

Donald Trump, candidat présumé du Parti républicain à... (Photo Damon Winter, The New York Times)

Agrandir

Donald Trump, candidat présumé du Parti républicain à l'élection présidentielle, a multiplié les déclarations incendiaires depuis la tuerie d'Orlando, dimanche.

Photo Damon Winter, The New York Times

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les observateurs qui s'attendaient à voir Donald Trump modérer ses envolées incendiaires depuis qu'il est le candidat présidentiel probable du Parti républicain ont maintenant leur réponse : depuis la tuerie d'Orlando, dimanche, Donald Trump a insinué que le président Obama était de mèche avec les terroristes, a dit que les musulmans cherchaient à « s'emparer des États-Unis » et affirmé qu'ils mèneraient la première puissance mondiale à sa perte.

« À terme, [le pays] ne survivra pas. Il faut que ce soit bien clair », a-t-il conclu hier dans un discours devant ses partisans à Atlanta.

«Sept Américains sur dix ont désormais une opinion négative du candidat à l'investiture républicaine.»


Le public américain juge durement la façon dont Donald Trump se comporte depuis la tragédie de dimanche, dans laquelle au moins 49 personnes ont été abattues et plus de 50 ont été blessées. Un sondage dévoilé hier par CBS montre que 51 % des électeurs désapprouvent la réponse du candidat à la tuerie d'Orlando, tandis que 25 % l'approuvent.

L'impopularité personnelle de Donald Trump a quant à elle fait un bond : sept Américains sur dix ont maintenant une opinion défavorable du probable candidat républicain à la présidentielle, le pire score en plus d'un an, selon un sondage Washington Post-ABC News. Une analyse du site Politico a aussi montré hier que Hillary Clinton était en avance dans les intentions de vote de 8 des 11 États clés (swing states), selon les plus récents sondages.

«Dit froidement, il y avait un potentiel pour Donald Trump dans cette tragédie, mais il ne l'a pas saisi. Il est allé beaucoup trop loin et a encore creusé le fossé avec l'élite de son parti. C'est de très mauvais augure pour lui.»

Rafael Jacob,
chercheur associé à l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM

Devant ses partisans réunis à Atlanta, hier, « The Donald » s'en est pris aux musulmans qui immigraient aux États-Unis. « Ces gens ne nous respectent pas. Ils viennent dans notre pays, ils veulent s'en emparer. »

Il a aussi déclaré que les musulmans voulaient imposer la charia, ou loi islamique, aux États-Unis. « Ne vous contez pas d'histoires. C'est ce qu'ils croient. C'est ce qu'ils veulent. »

Comme solution, Donald Trump propose de mieux surveiller les quartiers à prédominance musulmane et les mosquées. « Nous ne sommes pas vigilants, et nous ne sommes pas ingénieux. Nous devons aller surveiller, respectueusement, les mosquées. »

ÉLUS RÉPUBLICAINS DÉÇUS

Les élus du Parti républicain ont été nombreux à critiquer la réponse de Donald Trump depuis l'attaque de dimanche.

Bob Corker, sénateur républicain et président du Comité des affaires étrangères du Sénat des États-Unis, a déclaré : « Traditionnellement [après une tragédie nationale], c'est le moment où les gens se rallient autour du pays, ce n'est manifestement pas ce qui s'est produit, et c'est très décevant. »

Le sénateur et ancien candidat à la présidence Lindsey Graham a été plus loin. « Je ne crois pas que [Donald Trump] ait le jugement ou le tempérament pour s'occuper de ces choses. »

Ces critiques surviennent après une série de remarques insultantes faites par Donald Trump, qui a remis en question l'impartialité d'un juge américain d'origine mexicaine, a renouvelé son appel à ce que les musulmans provenant de certains pays soient interdits de séjour aux États-Unis et a fait part de ses soupçons concernant le président Obama, qui aurait pu savoir que l'attaque d'Orlando allait survenir, selon lui.

« SOYEZ SILENCIEUX »

Hier, Donald Trump a aussi recommandé aux élus et aux leaders républicains de cesser de faire des commentaires à son endroit.

« Nos leaders doivent être plus durs, et ils doivent être silencieux. S'il vous plaît, soyez silencieux. Ne parlez pas. Soyez silencieux, parce qu'ils doivent être plus durs, plus ingénieux. Soit les républicains sont unis et s'entraident, soit ils me laissent le faire par moi-même. »

Rafael Jacob rappelle qu'il reste encore environ cinq mois avant les élections présidentielles. « Or, ça ne veut pas dire que Donald Trump a cinq mois pour unifier le Parti républicain, dit-il. Donald Trump n'est pas seul sur le bulletin de vote. Il y a des centaines, voire des milliers de candidats républicains qui jouent leur vie politique dans cinq mois. Ils ne vont pas lui donner 50 chances encore. Le risque, c'est que le parti atteigne un point de rupture. »

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer