Syrie: combats à Raqqa pour réduire les dernières poches djihadistes

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Des des Forces démocratiques syriennes marchent dans Raqqa pour éliminer les dernières poches de résistance djihadistes.

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Le groupe État islamique

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Delil SOULEIMAN
Agence France-Presse

Les forces antidjihadistes aidées des forces spéciales américaines nettoient les dernières poches de résistance du groupe État islamique (EI) dans sa «capitale» syrienne de Raqqa, tandis qu'ailleurs en Syrie et en Irak, l'EI ne tient plus que quelques réduits où il est acculé.

«La victoire est proche», a indiqué à l'AFP à Raqqa la porte-parole de l'opération des Forces démocratiques syriennes (FDS) --une alliance de combattants arabes et kurdes--, Jihane Cheikh Ahmed, à l'occasion d'une visite organisée pour des journalistes dans cette ville du nord syrien.

«Nous sommes dans la phase finale, nous apporterons la victoire à notre peuple à Raqqa dans les semaines à venir», a-t-elle assuré.

Un djihadiste français capturé en Syrie par des rebelles syriens a été remis le 11 septembre à la France par la Turqui avec sa femme et ses deux enfants, a-t-on appris par ailleurs jeudi à Paris de source proche du dossier.

Dans l'Irak voisin, les djihadistes font l'objet de deux offensives dans l'ouest et le nord, où les forces gouvernementales ont lancé à l'aube une opération pour reprendre la ville de Hawija.

Trois ans après l'offensive-éclair qui avait permis aux djihadistes de s'emparer d'un tiers de l'Irak et de près de la moitié de la Syrie, leur territoire se réduit comme peau de chagrin.

À Raqqa, «capitale» de facto de l'EI dans le nord syrien, les combattants arabes et kurdes des FDS tentaient jeudi de reprendre les derniers réduits djihadistes, avec le soutien aérien de la coalition internationale emmenée par Washington.

Des colonnes de fumée s'élevaient au-dessus de la ville après les raids aériens, tandis que des tirs et des combats sporadiques étaient entendus, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des combats opposent toujours les FDS aux djihadistes dans «20% de la ville», a indiqué le porte-parole Talal Sello.

Mines enfouies

Épaulées sur le terrain par les forces spéciales américaines, les FDS menaient des opérations de ratissage dans tout Raqqa, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les jihadistes sont retranchés dans les sous-sols de certains bâtiments, protégés par de nombreuses mines qui empêchent une «fin rapide des opérations», selon l'OSDH.

Près de 15 000 civils seraient encore pris au piège à Raqqa, avait de son côté indiqué le Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), parlant toutefois d'une estimation «difficile à vérifier».

Ces civils «sont confrontés à des conditions incroyablement difficiles» et souffrent «de pénuries sévères de nourriture, d'eau et de médicaments», selon une responsable de l'Ocha, Linda Tom.

L'EI est la cible d'une offensive distincte des FDS dans la province de Deir Ezzor (est) frontalière de l'Irak, où les forces du régime de Damas sont également engagées.

Dans l'Irak voisin, le premier ministre Haider al-Abadi a annoncé le lancement jeudi à l'aube de «la première étape de la libération de Hawija», ville située à 230 km au nord-est de Bagdad tombée aux mains de l'EI en juin 2014.

«Moments terrifiants»

Le chef des opérations dans ce secteur, le général Abdel Amir Yarallah, a fait état de la reprise de 20 localités près de la ville d'Al-Charqat, sur la route de Hawija.

Pour sa part, la force paramilitaire du Hachd al-Chaabi, dominée par des milices chiites, a affirmé qu'un QG près d'Al-Charqat avait été détruit et que de nombreux djihadistes avaient fui vers Hawija.

«Daech perd du terrain (...) Bientôt il n'aura plus de sanctuaire en Irak», a assuré de son côté le porte-parole de la coalition internationale, le colonel Ryan Dillon, lors d'une conférence de presse à Bagdad.

Mais, comme à Raqqa, les humanitaires s'inquiètent du sort des civils.

Jason Kajer, directeur par intérim pour l'Irak de l'ONG International Rescue Committee, a fait état de «85 000 civils, dont 40 000 enfants, se trouvant à Hawija et ses environs».

«Ils connaissent des moments terrifiants, car ils craignent d'être pris dans la bataille ou d'être la cible d'un raid aérien», a-t-il dit dans un communiqué. «Ceux qui ont décidé de fuir risquent d'être la cible des tireurs embusqués de l'EI ou d'être tués par une mine».

Outre Hawija, située dans la province de Kirkouk, les djihadistes contrôlent encore trois localités dans la province d'Al-Anbar, dans l'ouest du pays: Anna, Rawa et surtout Al-Qaïm, tout près de la frontière syrienne.

Un officier supérieur irakien dans la région a indiqué à l'AFP que les forces irakiennes avaient pénétré jeudi dans le centre d'Anna et que des combats de rue y faisaient rage.

À l'ONU, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov a jugé «inacceptable» que les Européens refusent de s'engager dans la reconstruction de la Syrie tant qu'une transition politique n'est pas mise en oeuvre.




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