Reprise de Mossoul: les jours de l'EI «sont comptés», martèle Trump

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La perte de Mossoul ne marque pas pour autant la fin de la guerre contre les djihadistes, selon la coalition internationale.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Les jours du groupe État islamique (EI) «sont comptés», a martelé lundi le président des États-Unis Donald Trump en félicitant le Premier ministre irakien Haider al-Abadi pour sa «victoire» dans la ville de Mossoul reprise à l'organisation djihadiste.

Quelques minutes plus tôt, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson soulignait que la «libération» de la deuxième ville d'Irak représentait une «étape cruciale» dans le combat mondial contre l'EI mais que la lutte antidjihadiste n'était pas terminée.

«La victoire à Mossoul» montre que les «jours (de l'EI) en Irak et en Syrie sont comptés», a assuré le président Trump dans un communiqué de félicitations à M. Abadi.

Le chef de la diplomatie américaine, actuellement en tournée dans le Golfe, a également vanté un «succès de l'effort international conduit par les forces de sécurité irakiennes».

Mais M. Tillerson a averti qu'«il restait beaucoup à faire pour vaincre cet ennemi».

«La coalition mondiale continuera d'être aux côtés de nos partenaires irakiens pour faire en sorte que l'EI soit vaincu où qu'il demeure en Irak», a écrit le secrétaire d'État depuis le Koweït où il tente de régler la crise régionale avec le Qatar.

Il a également assuré que les États-Unis et leurs alliés, sous les auspices de Bagdad, «continueraient à travailler étroitement avec les Nations unies pour stabiliser les zones libérées à Mossoul en soutenant le retour chez eux de civils déplacés» par les combats.

Le patron de la diplomatie américaine a enfin dénoncé «l'occupation brutale de Mossoul par l'EI qui a terrorisé et tué des milliers de civils».

Le Premier ministre Abadi a proclamé lundi la victoire sur «la brutalité et le terrorisme» après que ses forces ont mis fin à la mainmise des djihadistes sur cette deuxième ville du pays dévastée par des mois de combats.

Après une offensive d'envergure soutenue par la coalition internationale dirigée par les États-Unis et lancée le 17 octobre 2016, les forces irakiennes ont quasiment repris la totalité de la ville septentrionale tombée en 2014 aux mains du groupe EI.

Victoire sur «la brutalité»

Le premier ministre irakien Haider al-Abadi a proclamé lundi la victoire sur «la brutalité et le terrorisme» après que ses forces ont mis fin à la mainmise des djihadistes sur cette deuxième ville du pays dévastée par des mois de combats.

Des dizaines de membres des forces de sécurité ont explosé de joie après la fin de la déclaration télévisée de M. Abadi, en chantant, dansant et en brandissant les drapeaux irakiens ou leurs armes en signe de victoire.

Après une offensive d'envergure soutenue par la coalition internationale dirigée par les États-Unis et lancée le 17 octobre 2016, les forces irakiennes ont quasiment repris la totalité de la ville septentrionale tombée en 2014 aux mains du groupe État islamique (EI).

Pour la coalition, la perte de son dernier grand bastion urbain en Irak est un «coup décisif» porté à l'EI mais ne marque pas pour autant la fin de la guerre contre cette organisation ultraradicale responsable d'atrocités et d'attentats meurtriers.

Le président américain Donald Trump et son ministre des Affaires étrangères Rex Tillerson ont félicité Bagdad pour la «libération de Mossoul».

«Notre victoire aujourd'hui est une victoire sur la brutalité et le terrorisme. J'annonce aujourd'hui au monde entier la fin, l'échec et l'effondrement de l'État terroriste fictif» de l'EI, a lancé M. Abadi, en uniforme militaire noir et casquette sur la tête.

Entouré de commandants et d'officiers à Mossoul-Ouest, il a également affirmé que les priorités de son gouvernement étaient désormais la «stabilité et la reconstruction», alors qu'une tâche titanesque attend le pouvoir pour reconstruire la ville en partie en ruines et aider les centaines de milliers de civils déplacés.

«Les opérations ont été planifiées et menées par les forces irakiennes», a ajouté M. Abadi qui a également remercié «tous les pays qui se sont tenus au côté de l'Irak dans sa guerre contre le terrorisme».

«Nous voulons mourir»

Avant les déclarations de M. Abadi qui s'était rendu aussi dimanche à Mossoul, les forces irakiennes s'efforçaient d'éliminer l'ultime poche de résistance dans la vieille ville de Mossoul, où les derniers djihadistes sont encerclés dans un petit réduit, selon les commandants irakiens.

Les affrontements se déroulaient encore dans un réduit d'environ 200 m sur 100, selon le général Sami al-Aridhi, un commandant irakien.

Des soldats armés de mitrailleuses et de fusils ont tiré des toits des bâtiments largement détruits, alors que des colonnes de fumée s'élevaient du Vieux Mossoul après le passage de l'aviation.

Les djihadistes «n'acceptent pas de se rendre. Ils crient >Nous ne nous rendrons pas, nous voulons mourir"», a ajouté le général Aridhi, en jugeant «probable que (les combats) se terminent» lundi.

Selon lui, entre 3000 et 4000 civils restent dans la poche djihadiste mais ce chiffre n'a pu être confirmé de source indépendante.

Des photos montrent l'ampleur des dégâts dans la vieille ville. Plus un toit ne semble tenir debout et nombre de bâtiments sont complètement aplatis.

La reprise de Mossoul constitue le plus important succès de Bagdad depuis que le groupe extrémiste sunnite s'était emparé en 2014 de vastes régions en Irak dont Mossoul.

Cette victoire ne porte toutefois pas le coup de grâce à l'EI, qui détient toujours des portions de territoires en Irak, et des secteurs plus importants encore en Syrie voisine, même s'il a également perdu du terrain dans ce pays où son fief de Raqa est assiégé par des forces soutenues par les États-Unis.

La victoire à Mossoul a été obtenue au prix de milliers de victimes, civils et militaires, d'une crise humanitaire énorme et de destructions colossales.

«Plus de maison»

Près d'un million de civils ont fui la ville depuis le début de l'offensive et 700 000 d'entre eux sont toujours déplacés, selon l'ONU.

Ceux qui sont restés piégés longtemps dans la ville ont vécu dans des conditions «terribles», subissant pénuries, bombardements et intenses combats, et servant de «boucliers humains» à l'EI, d'après l'ONU.

«C'est un soulagement que la campagne militaire à Mossoul touche à sa fin. Le combat est peut-être terminé mais la crise humanitaire ne l'est pas», a dit Lisa Grande, coordinatrice humanitaire de l'ONU pour l'Irak.

«Il est probable que des milliers de personnes vont devoir rester déplacées pendant des mois», a prévenu le Haut-commissariat pour les réfugiés. «Beaucoup n'ont de plus maison et les services de base comme l'eau et l'électricité. Les infrastructures comme les écoles et les hôpitaux ont besoin d'être reconstruits ou réparés».

Vingt-huit organisations humanitaires présentes en Irak ont demandé aux autorités de ne pas forcer les déplacés à rentrer chez eux et exhorté la communauté internationale à soutenir la reconstruction.

Mossoul était un symbole pour l'EI: son chef Abou Bakr al-Baghdadi y avait fait en juillet 2014 son unique apparition publique après la proclamation d'un «califat» sur les territoires conquis en Irak et en Syrie, désormais en lambeaux.

La Russie a affirmé début juin l'avoir probablement tué dans un raid aérien en Syrie, mais aucune confirmation de sa mort n'a suivi cette annonce.




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