Syrie: féroces combats aux portes de la vieille ville de Raqqa

Il y a de violents combats contre Daech... (PHOTO REUTERS)

Agrandir

Il y a de violents combats contre Daech qui a énormément recours aux mines et aux tireurs embusqués, et parfois aux voitures piégées», a affirmé mardi à l'AFP la porte-parole de la campagne de Raqqa, Jihan Cheikh Ahmad.

PHOTO REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Rana MOUSSAOUI
Agence France-Presse
Beyrouth

Le groupe État islamique défendait mardi avec acharnement un quartier à l'entrée de la vieille ville de Raqqa face à l'avancée des forces antidjihadistes soutenues par Washington cherchant à capturer le principal bastion de l'EI en Syrie.

«Il y a de violents combats contre Daech qui a énormément recours aux mines et aux tireurs embusqués, et parfois aux voitures piégées», a affirmé mardi à l'AFP la porte-parole de la campagne de Raqqa, Jihan Cheikh Ahmad.

L'offensive est menée par les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde engagée depuis novembre dans une campagne destinée à chasser l'EI de sa «capitale» en Syrie depuis sa prise en 2014.

Après être entrés dans la ville du nord de la Syrie le 6 juin, les FDS se sont emparés d'un quartier dans l'est et d'un autre dans l'ouest. Elles tentent depuis lundi de capturer le quartier d'al-Senaa, situé aux portes de la vieille ville où se trouvent d'importantes fortifications de l'organisation djihadiste la plus redoutée au monde.

Attaques répétées

Mais l'EI leur oppose une résistance farouche malgré les nombreuses frappes des avions de la coalition internationale dirigée par les États-Unis.

«Le quartier d'al-Senaa n'a pas encore été entièrement sécurisé en raison des attaques répétées des djihadistes», a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui dispose d'un large réseau de sources à travers la Syrie.

D'après l'OSDH, la prise d'al-Senaa marquera le début de la véritable bataille pour Raqqa, car les FDS s'attaqueront au centre, en commençant par la vieille ville.

«Le centre-ville sera la principale bataille à Raqqa», a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH.

Ce secteur comprend un «grand nombre de tunnels et de combattants djihadistes», selon lui.

Le centre est en outre densément peuplé, ce qui devrait compliquer les opérations, comme c'est le cas actuellement à Mossoul, le fief de l'EI en Irak, où les forces de Bagdad se heurtent à une forte résistance de l'EI.

Raqqa comptait avant l'offensive environ 300 000 habitants, dont 80 000 déplacés venus d'autres parties de la Syrie.

Après la fuite de milliers de personnes ces derniers mois, l'ONU estime à 160 000 le nombre d'habitants qui y vivent toujours dans des conditions se détériorant de jour en jour.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) a appelé mardi à «un meilleur accès (...) aux dizaines de milliers de civils qui ont désespérément besoin d'assistance humanitaire», estimant à plus de 430 000 le nombre de personnes ayant besoin d'aide dans toute la province de Raqqa.

«Jusqu'à présent, il n'y a aucune route viable disponible pour acheminer de l'aide», a déploré le HCR.

À Raqqa même, les boulangeries sont fermées faute de farine, selon des militants sur place. L'électricité est coupée, et il y a d'importantes pénuries d'eau.

Selon l'OSDH, 88 civils dont 18 enfants ont été tués depuis le lancement de l'assaut sur la ville il y a une semaine.

Aider les civils

L'ONG Human Rights Watch a appelé mardi la coalition internationale antidjihadistes et les FDS à «protéger les civils et à respecter les droits de l'Homme en priorité dans l'offensive» de Raqqa.

Il ne s'agit pas «juste de vaincre l'EI, mais aussi de protéger et de venir en aide aux civils qui ont souffert pendant trois ans et demi sous le règne de l'EI», a précisé Lama Fakih, directrice adjointe de HRW pour le Moyen-Orient.

Depuis sa prise par l'EI en 2014, Raqqa est devenue le symbole des atrocités des djihadistes en Syrie ainsi qu'une base pour la planification d'attentats sanglants commis à l'étranger. De nombreux djihadistes étrangers s'y étaient installés avec parfois leur famille.

Dans la province de Raqqa, l'EI doit faire face également à l'armée syrienne, qui n'est toutefois pas impliquée dans la bataille pour la capture de la ville.

Mardi, les troupes du régime de Bachar al-Assad se sont emparées de neuf positions et villages à l'ouest de Raqqa, a rapporté l'OSDH.

L'armée veut atteindre deux objectifs à travers cette avancée: sécuriser le flanc est de la province adjacente d'Alep (nord) et progresser contre l'EI dans les autres provinces de Homs (centre) et Deir Ezzor (est), également voisine de Raqqa.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer