L'armée irakienne proche d'une cité antique, l'offensive anti-EI perturbée en Syrie

Un soldat irakien lors d'un combat à Karamah,... (PHOTO GORAN TOMASEVIC, REUTERS)

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Un soldat irakien lors d'un combat à Karamah, au sud de Mossoul.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

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W.G. DUNLOP, Delil SOULEIMAN
Agence France-Presse
Bagdad et Aïn Issa

Les forces irakiennes progressaient jeudi vers la cité antique de Nimrod sur leur route vers Mossoul, tandis qu'une tempête de sable freinait l'offensive lancée contre Raqa, le fief des djihadistes en Syrie.

Située à une trentaine de kilomètres au sud de Mossoul, la cité de Nimrod est l'un des lieux historiques que le groupe Etat islamique (EI) a saccagés depuis son implantation en Irak et en Syrie.

L'armée irakienne a annoncé que la 9e division blindée et les milices tribales Hachd al-Achaeri avaient pris jeudi Abbas Rajab, un village contrôlé par l'EI et situé à proximité de la ville antique.

Elle n'a pas précisé si ces forces avaient l'intention de se rendre sur le site archéologique, joyau de l'empire assyrien fondé au XIIIe siècle avant J.C le long du fleuve Tigre.

Au printemps dernier, des vidéos et des images satellites avaient témoigné des destructions provoquées au bulldozer, à la pioche ou à l'explosif par les djihadistes. L'un des monuments endommagés est le temple de Nabû, vieux de 2800 ans et dédié au dieu mésopotamien de la sagesse et de l'écriture.

Les djihadistes du groupe extrémiste avaient également pris pour cible la cité antique de Hatra, construite au 2e ou 3e siècle avant J.C et située également sur la route des forces irakiennes vers Mossoul.

Cette offensive pour reconquérir la deuxième ville du pays a ralenti sa progression ces derniers jours, les forces irakiennes consolidant les gains réalisés sur le terrain depuis le 17 octobre. Elles font face à une résistance déterminée des djihadistes, notamment dans les quartiers est de la ville peuplée majoritairement de musulmans sunnites.

Amnesty International a exhorté Bagdad à enquêter sur des «allégations» selon lesquelles «des combattants en uniforme de la police fédérale irakienne ont torturé et exécuté de façon extrajudiciaire» six villageois «qu'ils avaient faits prisonniers».

Vents de sable

À quelque 400 km à l'ouest, de l'autre côté de la frontière irako-syrienne, l'offensive des forces kurdo-arabes soutenues par Washington pour reconquérir Raqa est perturbée par des vents de sable.

«La situation est dangereuse aujourd'hui, car il n'y a aucune visibilité dans cette région désertique à cause de la tempête de sable», a confié à l'AFP un chef militaire des Forces démocratiques syriennes (FDS).

«Nous craignons que Daech (acronyme arabe de l'EI) en profite, s'infiltre et lance une contre-attaque», a ajouté ce responsable présent près d'Aïn Issa, à 50 km de Raqa.

Faute d'une visibilité suffisante, l'aviation de la coalition internationale conduite par les États-Unis n'a pu mener des frappes précises sur des positions de l'EI.

Depuis le début de l'offensive «Colère de l'Euphrate», «nous avons pu effectuer le tiers de la distance qui nous sépare de Raqa. Notre stratégie vise à encercler l'ennemi avant de procéder à des opérations de ratissage», a expliqué Jihan Cheikh Ahmad, la porte-parole de l'opération.

Elle a précisé que les FDS s'étaient emparées de 15 villages et hameaux. «Aujourd'hui les combats se déroulent dans le village d'al-Hicha» tenu par l'EI à environ 40 km au nord de Raqa.

Ces combats ont forcé plus de 5000 personnes à fuir leur domicile pour trouver refuge dans les zones reprises à l'EI.

En grande partie désertique, la province de Raqa compte 800 000 habitants, selon le géographe spécialiste de la Syrie Fabrice Balance.

L'administration locale est mal équipée pour faire face à un afflux de déplacés. «Nous avons besoin d'une aide internationale, car nos capacités sont limitées et il n'y a pas de camp pour les accueillir alors que l'hiver approche», a déclaré Jihan Cheikh Ahmad.

L'ONU a exprimé sa «forte préoccupation» pour les habitants de Raqa, qui, selon les informations disponibles, «ont des difficultés à assurer leurs besoins immédiats», car les accès à la ville «sont fortement limités par l'insécurité et les restrictions établies par l'EI».

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