La bataille de Mossoul s'intensifie

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C'est au sud de Gogjali que, selon l'armée, les forces irakiennes ont pénétré mardi dans Mossoul proprement dite pour la première fois depuis la prise de la ville par l'EI en juin 2014.

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Le groupe État islamique

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Sarah BENHAIDA
Agence France-Presse
GOGJALI

Des organisations humanitaires s'inquiétaient mercredi du sort de plus d'un million de civils pris au piège à Mossoul, alors que les combats s'intensifiaient à la périphérie du bastion du groupe État islamique (EI).

Les jihadistes tentaient notamment de résister aux forces d'élite du contreterrorisme (CTS) dans le village de Gogjali, à la sortie est de Mossoul, a constaté une journaliste de l'AFP.

Le crépitement des armes automatiques était entendu à l'arrière de la ligne de front, située à environ 600 mètres de la deuxième ville d'Irak.

Dans la zone déjà conquise de Gogjali, un soldat irakien brandit un drapeau noir de l'organisation jihadiste. «On l'a enlevé et on a planté le drapeau irakien à la place», explique Mohammed Ali qui, comme ses camarades, cherche à déloger les derniers jihadistes.

Déjà, des habitants ressortent dans la rue, après s'être calfeutrés chez eux.

C'est au sud de Gogjali que, selon l'armée, les forces irakiennes ont pénétré mardi dans Mossoul proprement dite pour la première fois depuis la prise de la ville par l'EI en juin 2014.

Ces forces, soutenues par la coalition internationale menée par Washington, n'ont pas encore établi une tête de pont dans la ville. Mais la présence de soldats dans l'agglomération marque le «véritable» coup d'envoi de la bataille de Mossoul, a précisé un responsable militaire.

Sur les autres fronts, les forces irakiennes étaient mercredi à deux kilomètres au nord de la ville alors que celles attaquant du sud, qui ont le plus de terrain à couvrir, s'approchaient de Hamam al-Alil, à une trentaine de kilomètres de Mossoul.

La plupart des responsables tablent sur une opération longue car l'EI a eu deux ans pour se préparer à défendre Mossoul, où le groupe extrémiste a déclaré en juin 2014 son «califat».

Les quelque 4000 à 7000 jihadistes présents dans la zone (dont 3000 à 5000 dans Mossoul) ont déjà prouvé qu'ils vendront chèrement leur peau face aux dizaines de milliers de membres des forces irakiennes.

Depuis le 17 octobre, ces forces ont déjà eu à faire face à de nombreux attentats suicide, d'engins piégés et de tirs de mortiers.

«Pour le pire»

Mardi, les forces irakiennes ont d'ailleurs pu déjouer un attentat suicide grâce à un émetteur radio pris aux jihadistes.

«J'ai laissé (les kamikazes) derrière la butte de terre. Dès qu'ils (les forces irakiennes) avancent, ils (les kamikazes) sortiront à leur rencontre», a dit un jihadiste sur les ondes, dans une conversation entendue par un journaliste de l'AFP présent avec l'armée.

Un officier a alors ordonné à deux véhicules militaires de s'approcher pour faire sortir ces candidats au suicide de leur cachette puis de rebrousser chemin pour les laisser exposés à une attaque. Une frappe aérienne a ensuite scellé leur sort.

Maintenant que les forces irakiennes sont en position d'entamer le combat dans des zones densément peuplées, les organisations humanitaires se préparent à une fuite massive des habitants et appellent à l'ouverture des couloirs sécurisés pour les évacuer.

Plus de 20 000 personnes ont déjà été déplacées depuis le début le 17 octobre, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Mais ce chiffre pourrait rapidement exploser.

«Nous nous préparons à présent pour le pire. Les vies de 1,2 million de civils sont en grand danger et l'avenir de l'Irak tout entier est maintenant en jeu», s'est alarmé le directeur pour l'Irak du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).

«Les habitants ont pendant près de deux ans et demi vécu un cauchemar terrifiant et ininterrompu. Nous avons tous à présent la responsabilité de mettre un terme à cela», a ajouté Wolfgang Gressmann.

Selon lui, «des familles ont été séparées, de nombreux civils blessés et d'autres tués par des tireurs embusqués ou des engins explosifs» depuis le début des opérations sur Mossoul.

L'ONU a déjà exprimé mardi ses «sérieuses inquiétudes» quant au sort de dizaines de milliers de civils que l'EI aurait emmenés pour possiblement les utiliser comme boucliers humains.

Les jihadistes auraient ainsi tenté de transporter dans des camions et autocars «quelque 25 000 civils» de Hamam al-Alil pour les rapprocher de la métropole, selon le Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme.

D'autres informations font également état de l'exécution par les jihadistes d'environ 300 personnes dans la région depuis une semaine, selon les Nations unies.

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