À Minbej, les combattants syriens antidjihadistes savourent leur victoire

Des soldats des Forces démocratiques syrienne indiquent aux habitants... (PHOTO DELIL SOULEIMAN, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Des soldats des Forces démocratiques syrienne indiquent aux habitants les rues sécurisées.

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Delil SOULEIMAN
Agence France-Presse
Minbej

Savourant leur victoire, des combattants antidjihadistes déambulent dans Minbej en ruines, avant de se lancer à la traque des derniers membres du groupe Etat islamique (EI) retranchés dans cette ville du nord syrien.

La grande majorité des djihadistes ont été chassés le 6  août de leur fief qui leur servait de carrefour vital d'approvisionnement à partir de la frontière turque et vers leurs zones de contrôle en Syrie, dont Raqa, considérée comme la capitale de facto de l'EI en Syrie.

Les reporters de l'AFP ont été les premiers journalistes d'un média occidental à pouvoir entrer dimanche dans la cité et parvenir à la dernière ligne de front entre les Forces démocratiques syriennes (FDS), appuyées par Washington, et quelques dizaines d'irréductibles djihadistes acculés dans le centre-ville.

«Nous sommes tout proches de leur réduit. Plus que 75 mètres et nous les prendrons d'assaut», lance, confiant, Abou Ammar, un combattant robuste entouré de ses compagnons d'armes.

Les plafonds aplatis des maisonnettes en béton, les décombres et les douilles jonchant le sol, les vitrines dévastées, l'amas de fils électriques qui pendent des balcons, sont autant de signes de la violence de la bataille à Minbej, où sont entrées les FDS le 23 juin.

«Minbej libre»

Sourire aux lèvres, à bord de motos faisant le signe de la victoire ou échangeant des plaisanteries, les combattants des FDS -une alliance dominée par les Kurdes, mais comprenant des combattants arabes- ont le moral au zénith.

Après de violents combats de près de deux mois, ils ont fini par infliger à l'EI sa plus importante défaite en Syrie, ravagée par la guerre depuis plus de cinq ans.

«Il ne reste plus qu'un ou deux quartiers aux mains de Daech (acronyme de l'EI en arabe). C'en est fini de l'EI. Minbej sera annoncée ville totalement libre dans les prochaines heures», assure le combattant Ibrahim al-Hussein, une ceinture à munitions autour du cou.

Selon les estimations des FDS, il n'y a plus que 130 djihadistes dans cette poche encerclée de toutes parts. «C'est là-bas que se concentreront les derniers combats», explique Fayyad al-Ghanem, chef de la Brigade Souqour al-Raqa (Faucons de Raqa), une des factions arabes membres des FDS.

La bataille pour Minbej a été terrible, impliquant des frappes quotidiennes de la coalition internationale dirigée par Washington et des voitures piégées du côté de l'EI.

En plus de deux mois, au moins 1687 personnes ont péri dans les combats et les bombardements - 973 djihadistes, 433 civils et 281 membres des FDS, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

«Ne sortez pas!»

«L'EI a planté beaucoup de mines dans la ville pour entraver notre avancée. Vous devez nous suivre pour les éviter», lance le guide des FDS aux journalistes de l'AFP.

Les djihadistes ont opposé une résistance acharnée pour défendre Minbej, leur plus important fief dans la province d'Alep, utilisant un grand nombre de kamikazes et de voitures piégées pour freiner l'avancée des FDS.

Du réduit djihadiste, une épaisse fumée noire s'élève vers le ciel, les djihadistes brûlant des pneus pour brouiller la vue des avions de la coalition, selon les FDS.

Quelques tirs se font entendre. «Ramenez une voiture, il faut évacuer quatre de nos compagnons pris pour cible par les tireurs de l'EI. Ne tardez pas», crie un combattant sur walkie-talkie.

À quelques mètres des ruelles où sont retranchés les djihadistes, les commandants militaires tempèrent. «On retarde l'assaut pour permettre aux civils piégés de sortir», explique le commandant Ghanem.

Des dizaines de milliers de civils sont parvenus à quitter Minbej depuis l'entrée des FDS dans la cité.

«Cela a été très dur», confie Mohammad Benchi, la quarantaine, qui a réussi de fuir le réduit djihadiste avec une quinzaine de membres de sa famille. «Nous étions tous dans un seul appartement, pris au piège des combats».

«L'EI nous interdisait de bouger. Les djihadistes nous disaient: Ne sortez pas sans notre accord», assure-t-il. «Il y a eu des gens qui étaient parvenus à sortir en cachette. Une femme a tenté de fuir de la sorte, mais elle a été abattue par un tireur embusqué».

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