Découverte d'un charnier près de la ville de Falloujah

Les forces irakiennes ont lancé il y a... (PHOTO REUTERS)

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Les forces irakiennes ont lancé il y a deux semaines une offensive pour reprendre Falloujah, située à seulement 50 km de Bagdad et aux mains des djihadistes depuis janvier 2014. Elles ont repris samedi à l'EI la localité de Saqlawiya.

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Le groupe État islamique

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Jean Marc MOJON
Agence France-Presse
BAGDAD

Un charnier contenant des centaines de corps a été découvert près de la ville irakienne de Falloujah, dans laquelle les forces paramilitaires chiites menacent d'entrer si les forces gouvernementales tardent à reprendre ce bastion du groupe État islamique (EI).

Bagdad a lancé il y a deux semaines une vaste offensive pour reprendre Falloujah, situé à 50 km à l'ouest de Bagdad et aux mains des djihadistes depuis janvier 2014.

Les forces d'élite du contre-terrorisme (CTS) tentent depuis plusieurs jours de progresser pour entrer dans le centre de Falloujah mais leur avancée est ralentie par la résistance des djihadistes et la présence d'environ 50 000 civils pris au piège de l'offensive et empêchés de fuir par l'EI.

Les forces irakiennes ont cependant pris samedi la localité de Saqlawiya, à environ 10 km au nord-ouest du fief djihadiste de Falloujah, qui permet d'assiéger totalement la ville capturée début 2014 par l'EI.

Un colonel de la police de la province d'Al-Anbar, où sont situées Saqlawiya et Falloujah, a fait état dimanche de la découverte d'«une fosse commune dans le quartier de Chouhada (à Saqlawiya) au cours d'une opération de déminage».

«La fosse commune contient environ 400 corps de militaires. Il y a aussi quelques civils», a-t-il ajouté sous couvert de l'anonymat.

Selon lui, la plupart des victimes auraient été abattues d'une balle dans la tête. «Les forces de sécurité ont ouvert la fosse commune et commencé à transférer les corps pour leur identification».

Les corps seraient principalement ceux de soldats irakiens tués par les djihadistes de l'EI au cours d'une série d'attaques meurtrières contre des bases de l'armée dans cette zone.

Civils abattus 

«L'EI a exécuté beaucoup de militaires ainsi que des civils dans cette zone à la fin de 2014 et au début de 2015», a-t-il affirmé.

Rajeh Barakat, membre du conseil provincial d'Al-Anbar, a confirmé la découverte du charnier, affirmant que la fosse comprend notamment «des civils exécutés par l'EI pour espionnage ou non-respect des règles de l'organisation».

Dimanche, les forces d'élite irakiennes affrontaient les djihadistes dans les quartiers de Chouhada et Jbeil, situés dans le sud de Falloujah.

«Il y a de la résistance mais un peu moins qu'au cours des jours précédents», a indiqué le général Abdelwahab al-Saadi, commandant de l'opération pour la reprise de Falloujah, précisant que les forces gouvernementales n'avaient pas encore réussi à pénétrer dans la cité par le nord.

Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) a indiqué pour sa part que l'EI ouvrait le feu et abattait les civils qui tentaient de fuir Falloujah.

«Les civils essayant de traverser l'Euphrate pour fuir les combats sont ciblés», a déclaré l'organisation dans un communiqué. «Un nombre indéterminé de civils ont été abattus en essayant de traverser le fleuve».

Dans l'opération pour reprendre Falloujah, les soldats et les policiers sont appuyés par les forces paramilitaires du Hachd al-Chaabi dominées par les milices chiites qui ont participé à l'encerclement de la ville il y a deux semaines mais sont jusqu'à présent restées à l'extérieur, laissant les forces du CTS donner l'assaut sur la cité.

«Nous avons accompli la tâche qui nous a été donnée, celle d'encercler (Falloujah), tandis que la libération a été assignée à d'autres forces», a affirmé dimanche à des journalistes Abou Mahdi al-Mohandis le commandant militaire des unités paramilitaires.

«Nous sommes toujours présents dans la zone et nous continuerons à (les) soutenir si la libération se fait rapidement. S'ils n'en sont pas capables, nous entrerons avec eux», a-t-il prévenu. 

Offensives contre l'EI en Syrie 

Les milices chiites - la plupart sous la responsabilité de Bagdad mais certaines répondant directement à Téhéran - ont été accusées à plusieurs reprises d'alimenter le sectarisme et leur participation aux opérations de Falloujah est considérée comme potentiellement explosive.

Par ailleurs, le Premier ministre Haider al-Abadi a ordonné la création d'un comité sur les droits de l'Homme pour examiner «toute violation des instructions relatives à la protection des civils» et émis «des ordres stricts» pour que des poursuites aient lieu dans le cas d'abus.

En Syrie voisine, les combattants d'une alliance dominée par les Kurdes et soutenue par Washington se sont rapprochés dimanche de la ville de Minbej, fief de l'EI qui pourrait perdre son principal axe de ravitaillement depuis la Turquie. Les Forces démocratiques syriennes (FDS) n'étaient plus qu'à 5 km de cette ville contre laquelle elles mènent une offensive depuis le 31 mai, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Outre Minbej, l'EI fait face à deux autres offensives dans la province de Raqa, également dans le nord du pays.

L'une est menée par l'armée syrienne qui, appuyée par l'allié russe, est entrée samedi dans cette province pour la première fois depuis deux ans. L'autre est conduite par les FDS qui y progressent avec le soutien des Américains.

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