La France veut reprendre Mossoul et Raqqa à l'EI en 2016

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Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

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Valérie LEROUX
Agence France-Presse
BAGDAD

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a appelé lundi à accroître la pression sur le groupe État islamique (EI), selon lui en perte de vitesse, afin de reconquérir ses places fortes de Mossoul (Irak) et Raqqa (Syrie) en 2016.

«La situation dans la région a basculé, entre la fin de l'année dernière et le début de cette année. Que ce soit en Syrie ou ici en Irak, DAECH perd désormais du terrain», s'est félicité M. Le Drian lors d'une visite à Bagdad.

Il faut «faire de 2016 l'année d'un tournant majeur dans notre combat contre le soi-disant État islamique, l'année de la libération des principaux centres de population qu'il contrôle encore», a ajouté le ministre, dont le pays est l'un des principaux contributeurs de la coalition anti-EI menée par les États-Unis.

«Raqqa et Mossoul en 2016 doivent tomber (...) 2016 doit être l'année du début de la fin pour DAECH», a-t-il martelé devant les responsables du Service de contre-terrorisme irakien (ICTS), une unité d'élite relevant du premier ministre Haider al Abadi, formée en partie par des soldats français à Bagdad.

Les États-Unis ont évoqué pour leur part la fin de l'année ou le début 2017 pour la reprise de Mossoul, deuxième ville d'Irak, par les forces irakiennes en pleine recomposition.

Selon le Pentagone, la coalition est néanmoins mieux préparée pour reprendre Mossoul plutôt que Raqqa, capitale autoproclamée du groupe en Syrie, où la coalition arabo-kurde nécessaire pour mener l'opération n'est pas encore constituée.

DAECH «plus dangereux que jamais»

La France effectue environ 5 % des frappes aériennes de la coalition - jusqu'à 15 % à son pic de contribution - et compte quelque 400 militaires en Irak, chargés de former des soldats de l'ICTS et de conseiller l'état-major de la 6e division d'infanterie.

Évoquant les récentes pertes territoriales de l'EI, de Ramadi en Irak à Palmyre en Syrie - cette dernière ayant été reprise par l'armée syrienne avec l'aide de forces spéciales russes - M. Le Drian a insisté sur la nécessité de pousser l'avantage alors que le groupe reste une menace majeure, notamment en Europe.

«Parce qu'il est acculé, DAECH reste plus dangereux que jamais», a-t-il affirmé, en rappelant les récents attentats de Paris et Bruxelles.

Les États-Unis, qui mènent la grande majorité des frappes aériennes contre l'EI et mobilisent 4000 à 5000 militaires en Irak, ont aussi promis d'accentuer la «pression» sur les djihadistes dans ce pays.

Le Pentagone doit soumettre prochainement des propositions au président Barack Obama pour un renforcement militaire en appui à l'armée irakienne.

«Maintenant que nous avons repris l'avantage, il nous faut exploiter cette dynamique avec nos partenaires», a insisté M. Le Drian à l'attention notamment des forces irakiennes et des combattants kurdes engagés au sol en Irak.

Désertions?

Il faut continuer à frapper et réduire les «ressources, les chefs, les capacités de planification d'attaques (de l'EI) sur le sol européen», a-t-il dit.

La capacité financière de l'EI semble déjà considérablement atteinte, en raison notamment des frappes de la coalition contre ses centres d'extraction de pétrole.

Mais le groupe dispose encore de 25 000 à 30 000 combattants même s'il en a perdu plusieurs milliers et se retrouve de plus en plus confiné géographiquement, avec des difficultés croissantes de déplacement entre la Syrie et l'Irak et une fermeture progressive de ses accès au monde extérieur via la Turquie, estime-t-on au ministère français de la Défense.

Des interrogations semblent toutefois poindre parmi certains de ses soutiens, notamment d'anciens officiers de Saddam Hussein qui ont rejoint ses rangs, mais «commencent à se demander s'ils ont fait le bon plan», ajoute-t-on de même source.

«La pression (contre DAECH) accroîtra bien sûr la probabilité que ce mouvement se fracture, que ceux qui l'ont rejoint par opportunisme cherchent à s'en éloigner», a anticipé Jean-Yves Le Drian.

La France dispose de huit chasseurs Mirage 2000 stationnés en Jordanie et six Rafale aux Émirats arabes unis. En Irak même, elle a participé à la formation de 2300 commandos de l'ICTS, soit environ 10 % du total des soldats irakiens formés par la coalition.

M. Le Drian a aussi promis aux forces irakiennes de nouvelles livraisons de «matériels et munitions», sans plus de précisions.

«C'est une certitude : DAECH sera vaincu», a promis M. Le Drian aux responsables militaires irakiens et forces françaises réunis à l'ICTS.

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