À Bagdad, Kerry promet de faire monter la pression sur l'EI

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Des journalistes irakiens prennent des photos de John Kerry avant la conférence de presse, vendredi, à Bagdad.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

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Nicolas REVISE, William DUNLOP
Agence France-Presse
BAGDAD

John Kerry a promis vendredi à Bagdad d'accentuer la « pression » militaire de la coalition contre le groupe État islamique (EI) en Irak, le chef de la diplomatie américaine se disant convaincu que les djihadistes étaient « en train de perdre » la partie en Irak.

Le secrétaire d'État n'était pas venu à Bagdad depuis septembre 2014 et il a exhorté également toutes les forces politiques et confessionnelles en Irak à collaborer pour sortir le pays de l'ornière.

L'EI « est clairement en train de perdre du terrain, de perdre des chefs, de perdre des combattants, de perdre de l'argent, et donc, sans surprise, ses membres sont aussi en train de perdre espoir », a lancé M. Kerry lors d'une conférence de presse à l'ambassade des États-Unis, après des entretiens avec le premier ministre Haider al-Abadi, son homologue Ibrahim al-Jaafari et le président de la région autonome kurde Nechirvan Barzani.

Dans ce contexte, la coalition internationale pilotée par les États-Unis va, avec l'Irak, « faire encore monter la pression » sur l'EI, a promis John Kerry, s'engageant à « continuer de cibler et d'éliminer des dirigeants de Daech (acronyme arabe de l'EI) ».

Cette coalition d'une soixantaine de pays a effectué en plus d'un an et demi quelque 11 000 frappes aériennes contre les djihadistes en Syrie et en Irak, parallèlement aux opérations de l'armée syrienne et de son allié russe, et des forces irakiennes.

En Irak, ces raids ont contribué à la reconquête d'une partie des territoires tombés aux mains de l'EI en 2014, notamment dans la province occidentale d'Al-Anbar.

Libération de Mossoul

Interrogé sur une éventuelle reprise de Mossoul contrôlée par les djihadistes depuis juin 2014, John Kerry a assuré que cette ville du nord de l'Irak « finira par être libérée ».

« Sans le moindre doute (...) Mossoul est en haut de la liste des priorités », a-t-il martelé, se refusant toutefois à fournir des détails et un calendrier sur les opérations militaires pour reprendre la ville.

Le porte-parole américain de la coalition à Bagdad avait reconnu jeudi qu'elle était mieux préparée pour reprendre Mossoul que Raqa, la « capitale » autoproclamée de l'EI en Syrie. Mais pour ce faire « il faudra une période de planification et de coordination très minutieuses avec les Irakiens », a prévenu un diplomate américain.

Les États-Unis, qui se sont retirés militairement d'Irak fin 2011 après huit ans de guerre, y ont redéployé officiellement 3870 soldats non combattants ces derniers mois. Peut-être même 5000 selon des médias américains.

Fin mars, le chef d'état-major inter-armées, le général Joe Dunford, avait indiqué que le Pentagone soumettrait « dans les prochaines semaines » ses propositions au président Barack Obama pour un renforcement militaire en appui à l'armée irakienne.

Mais d'après John Kerry, « il n'y a pas eu de demande aujourd'hui du premier ministre Abadi pour une nouvelle injection de troupes à l'heure qu'il est, et nous n'en avons pas discuté ».

Il faut dire que le sujet est sensible pour l'administration Obama, le président s'étant engagé à ne pas déployer de forces de combat au sol en Irak et en Syrie. C'est tout aussi délicat en Irak, où des milices chiites s'y opposent.

Soutien à Abadi

M. Kerry a par ailleurs réaffirmé le « soutien » de Washington au premier ministre irakien, lequel doit remanier son gouvernement en incluant des technocrates pour lutter contre la corruption, juguler une crise budgétaire et améliorer les services publics. Le secrétaire d'État a reconnu que le gouvernement Abadi devait « régler des défis sécuritaires, économiques et politiques extrêmement complexes ».

Fin mars, M. Abadi avait présenté devant le Parlement une proposition de nouveau gouvernement, afin d'apaiser la crise politique qui secouait l'Irak depuis des semaines.

Ayant ainsi obtenu en partie satisfaction, l'influent chef chiite irakien Moqtada Sadr avait alors appelé ses partisans à mettre fin à deux semaines de sit-in en plein centre de Bagdad.

L'Irak possède des réserves de pétrole parmi les plus importantes au monde. Mais des années de corruption et de mauvaise gestion, combinées à la dégringolade des prix du brut, menacent de plonger le pays dans une situation d'insolvabilité.

« Nous exhortons tout le monde à placer les intérêts de l'Irak avant les intérêts personnels ou confessionnels », a réclamé M. Kerry, avant de retourner vendredi soir à Bahreïn.

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