La Jordanie a déjoué des attaques de l'EI après un coup de filet

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Un officier monte la garde à Irbid, en Jordanie.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Imed LAMLOUM
Agence France-Presse
Amman

La Jordanie a annoncé mercredi avoir déjoué des attaques du groupe Etat islamique (EI) après un vaste coup de filet qui s'est soldé par la mort de sept djihadistes, soulevant des inquiétudes quant à la menace terroriste dans le royaume frontalier de la Syrie.

L'opération «antiterroriste» qui a pris fin à l'aube après plusieurs heures d'affrontements dans la ville d'Irbid près de la frontière syrienne, est la plus importante depuis le début en 2014 de la participation de la Jordanie dans la coalition internationale anti-EI emmenée par les États-Unis.

Elle s'est soldée par la mort de sept djihadistes et d'un officier jordanien, a annoncé le premier ministre Abdallah Nsour.

En outre trois membres des services de sécurité et deux civils ont été blessés dans les affrontements dans cette ville située à 80 km au nord d'Amman, et 22 djihadistes ont été arrêtées, selon des sources de sécurité.

Le coup de filet a permis de déjouer des attaques de l'EI, un groupe ultraradical qui sévit en Syrie et en Irak, un autre pays frontalier de la Jordanie, selon les services de renseignements jordaniens.

L'EI planifiait «des attaques contre des sites civils et militaires pour déstabiliser la sécurité nationale», ont-ils ajouté dans un communiqué.

«Forte résistance»

«Les terroristes ont refusé de se rendre et ont montré une forte résistance, faisant usage d'armes automatiques», ont poursuivi les renseignements en précisant que les sept «éléments terroristes tués portaient des ceintures d'explosifs».

Des armes automatiques, des munitions et des explosifs ont été saisis durant l'opération, ont-ils précisé en soulignant que leur travail avant le coup de filet avait permis l'arrestation de 13 personnes liées aux djihadistes.

Au début de l'assaut mardi soir, les autorités avaient refusé de donner plus de détails sur les affrontements, faisant état d'une descente de la police contre des «hors-la-loi».

La Jordanie participe activement à la coalition anti-EI en Syrie et en Irak, où elle a intensifié ses frappes depuis la mort de son pilote Maaz Al-Kassasbeh, capturé puis brûlé vif par le groupe djihadiste en Syrie en février 2015.

Mais après le début en septembre de l'intervention de Moscou en Syrie, la Jordanie craint que les frappes russes ne provoquent de nouvelles vagues de réfugiés, alors qu'elle en accueille des centaines de milliers déjà, ainsi que l'infiltration de djihadistes sur son territoire.

«Un tournant»

Le danger pourrait toutefois venir de l'intérieur, dans la mesure où près de 4000 Jordaniens font partie de groupes jihadistes, selon des sources proches des islamistes jordaniens. 80% d'entre eux auraient rejoint l'EI, selon ces sources qui estiment à 420 le nombre de djihadistes jordaniens tués en Irak et en Syrie depuis 2011.

Pour Mohammed Abou Romman, spécialiste des groupes islamistes au Centre d'études stratégiques de l'Université de Jordanie, l'opération d'Irbid marque un tournant dans la lutte antidjihadiste.

L'analyste précise que la crainte venait, au départ, de «loups solitaires» sympathisant avec l'EI et qui se rendaient en Syrie et en Irak pour rejoindre ce groupe. Mais les affrontements d'Irbid illustrent «une évolution dans la relation entre le courant salafiste djihadiste en Jordanie et l'EI».

La résistance dont ont fait preuve les djihadistes dans cette ville et la quantité d'armes en leur possession sont autant «indices sur l'évolution de la position de ce courant» salafiste qui opte désormais pour la violence et des liens plus étroits avec l'EI, a-t-il averti.

La Jordanie a modifié en 2014 sa loi antiterroriste pour criminaliser «l'appartenance ou la tentative de rejoindre tout groupe armé ou organisation terroriste». Depuis, des dizaines de sympathisants de groupes djihadistes ont été jugés et emprisonnés en vertu de cette loi.

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