L'EI met au point une application mobile

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Ce qui inquiète les services de renseignement, c'est de savoir comment cette nouvelle plateforme sera utilisée pour diffuser la propagande, recruter de nouveaux combattants et potentiellement alimenter le phénomène d'«autoradicalisation» - qui pose un défi pour les agences en ce moment.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Murray Brewster
La Presse Canadienne
Ottawa

Le groupe armé État islamique (ÉI) a élargi encore davantage sa présence dans le cyberespace. Des entrepreneurs du domaine de la défense signalent que les extrémistes sont en train de développer leur propre application mobile.

L'organisation extrémiste est déjà assez répandue sur le Web à l'heure actuelle: des vidéos d'exécutions apparaissent sur YouTube et les comptes de djihadistes se multiplient sur Twitter et dans les salles de clavardage.

L'application pour téléphones intelligents sur laquelle les extrémistes travaillent serait accessible sur la plateforme Android et elle affiche le portail de l'agence de presse Amaq, qui est l'organe de propagande du groupe, selon des représentants des services de renseignement.

L'application contiendrait aussi des récits de vie sous le «califat» autodéclaré du groupe, des comptes rendus du champ de bataille, des communiqués sur des exécutions et, évidemment, des vidéos.

Le chef d'état-major de la Défense du Canada considère que l'application ne représente pas réellement un grand accomplissement puisque le groupe s'efforce toujours à mettre un «vernis de sophistication» à tout ce qu'il fait en ligne.

«Soyons honnêtes. Ce n'est pas très sophistiqué que de concevoir une application», a lancé le général Jonathan Vance en entrevue avec La Presse Canadienne.

Ce qui inquiète les services de renseignement, c'est de savoir comment cette nouvelle plateforme sera utilisée pour diffuser la propagande, recruter de nouveaux combattants et potentiellement alimenter le phénomène d'«autoradicalisation» - qui pose un défi pour les agences en ce moment.

Beaucoup de chemin a été fait depuis le début du conflit quant aux «produits dérivés» du groupe armé État islamique. Cette ouverture aux téléphones intelligents rend le «lavage de cerveau» encore plus facile alors que les gouvernements peinent encore à comprendre complètement la première vague technologique du groupe.

«(Les extrémistes) tapissent leur vraie nature avec des communications stratégiques sophistiquées, conçues la plupart pour inciter à la terreur et la peur», a expliqué le général Vance, et cette application leur sert à asseoir leur «légitimité», selon lui. Mais il prédit que cette tentative échouera.

À l'automne, certains médias ont parlé à des gens qui ont fait partie du groupe ÉI - ou qui ont travaillé pour l'organisation en territoire occupé - et qui ont fui en raison des conditions brutales et de l'oppression.

Le développement de l'application rappelle la nécessité de mettre en place une stratégie globale pour combattre ce groupe, selon le général Vance, qui a notamment été commandant en Afghanistan.

«On ne peut pas juste s'en prendre à eux sur une base militaire, seulement en attaquant leur pouvoir tactique. On doit s'en prendre à eux sur un ensemble de mesures, dont leur message. Leur habileté à joindre les gens. Leur habileté à essayer de radicaliser - ou d'appuyer la radicalisation - des gens», a-t-il expliqué.

«C'est une inquiétude. Je crois que cela a déjà été dit par plusieurs que leur message, accessible librement, peut être attrayant pour certains», a-t-il ajouté.

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau est en train de repenser l'intervention militaire du Canada en Syrie et en Irak, où le ministre de la Défense, Harjit Sajjan s'est rendu cette semaine pour s'informer sur les enjeux.

Lors d'une conférence téléphonique avec les journalistes, vendredi, M. Sajjan, qui a lui aussi combattu en Afghanistan, a soutenu que les décideurs ne faisaient pas face à un ennemi conventionnel. «C'est comme un grande organisation criminelle qui a des tentacules partout. Ils ne reconnaissent pas les pays», a-t-il indiqué. Le ministre prône une approche à long terme, globale, qui va plus loin que les «bombes et les balles de fusils».

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