Washington veut donner priorité à la lutte anti-EI

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Les États-Unis ont affirmé mardi être «prêts à renforcer» la cinquantaine de soldats des forces spéciales envoyés dans le nord de la Syrie et ont annoncé qu'ils déployaient une unité de forces spéciales en Irak pour des raids contre l'EI.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Alix RIJCKAERT, Nicolas REVISE
Agence France-Presse
Bruxelles

Barack Obama a plaidé mardi pour que la Russie rejoigne les Occidentaux dans la lutte contre leur «ennemi commun», l'organisation État islamique, en exhortant Moscou et Ankara à faire taire leur querelle provoquée par un incident aérien.

Sur le terrain, Washington a décidé d'intensifier son déploiement de forces spéciales en Syrie et en Irak.

Les vives tensions entre Moscou, qui mène des frappes aériennes en Syrie en soutien au régime de Bachar al-Assad, et Ankara, qui a abattu un chasseur-bombardier russe la semaine dernière, viennent encore compliquer la lutte contre les djihadistes de l'EI et un éventuel règlement diplomatique du conflit syrien relancé à Vienne depuis un mois.

Le président américain Barack Obama, qui a rencontré mardi à Paris son homologue turc Recep Tayyip Erdogan après avoir vu la veille le président russe Vladimir Poutine, a exhorté les deux parties à «travailler à réduire les tensions».

«Comme je l'ai dit à M. Erdogan, nous avons tous un ennemi commun et c'est l'EI. Je veux être certain que nous nous concentrons sur cette menace et sur la nécessité de trouver une forme de solution politique en Syrie», a expliqué M. Obama.

Les tensions entre Moscou et Ankara mettent à mal le projet de coalition unique en Syrie contre l'EI, porté par le président français François Hollande depuis les attentats de Paris.

Le président syrien Bachar al-Assad a de son côté estimé lors d'une interview diffusée mardi par la télévision tchèque que la paix reviendrait dans son pays quand plusieurs pays occidentaux, dont la France, la Grande-Bretagne ou les États-Unis, ainsi que leur alliée l'Arabie saoudite, cesseront de «soutenir le terrorisme».

«Le lendemain, la situation sera déjà meilleure et en quelques mois nous aurons la paix complète en Syrie», a-t-il expliqué, se montrant par ailleurs sceptique sur la possibilité de bâtir une large coalition internationale contre l'EI.

Le président turc Erdogan «a perdu son sang-froid parce que l'intervention russe a changé le rapport des forces sur le terrain», a ajouté le président syrien, interrogé sur l'avion russe abattu par la Turquie.

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Barack Obama a rencontré mardi à Paris son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

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M. Obama a lui jugé «possible au cours des prochains mois (...) un changement dans les calculs des Russes»: «La Russie va finir par reconnaître que la menace que le groupe État islamique pose à son pays est plus importante et qu'ils doivent s'aligner sur ceux qui combattent l'EI», a-t-il estimé.

Les États-Unis ont affirmé mardi être «prêts à renforcer» la cinquantaine de soldats des forces spéciales envoyés dans le nord de la Syrie et ont annoncé qu'ils déployaient une unité de forces spéciales en Irak pour des raids contre l'EI.

Aider la Turquie 

Pendant ce temps, les échanges peu amènes entre ces anciens partenaires privilégiés que sont la Turquie et la Russie se sont poursuivis.

«Nous devrions nous asseoir à une table et discuter de ce que nous pourrions faire plutôt que de lancer des accusations sans fondement», a plaidé le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, en référence à la violente charge lancée par Vladimir Poutine lundi soir.

Selon le président russe, le pétrole produit par l'EI, qui représente l'une des principales sources de financement du groupe djihadiste, est «acheminé massivement, de manière industrielle, vers la Turquie».

«Nous avons toutes les raisons de penser que la décision d'abattre notre avion a été dictée par la volonté de protéger ces chemins d'acheminement de pétrole vers le territoire turc», a-t-il accusé.

Moscou compte imposer en représailles un embargo dès le 1er janvier, qui sera dans les premiers temps limité aux fruits et légumes turcs, mais la Russie va surtout restreindre l'activité touristique alors que les stations balnéaires turques sont une destination appréciée des vacanciers russes.

L'OTAN a appelé au «calme» et à «la désescalade» d'autant que les relations des Alliés avec la Russie ont été mises à mal par la crise en Ukraine depuis le printemps 2013.

Le secrétaire général de l'OTAN , Jens Stoltenberg, a promis dans les prochaines semaines «des mesures supplémentaires pour assurer la sécurité de la Turquie» en renforçant notamment ses capacités de défense antiaérienne.

Mercredi, les 28 membres de l'OTAN devraient inviter le Monténégro à rejoindre l'Alliance, ce qui promet une nouvelle pomme de discorde avec Moscou qui voit là un empiètement sur sa sphère d'influence dans les Balkans.

À Bruxelles, le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, a réaffirmé auprès de son homologue polonais Witold Waszczykowski l'engagement militaire «inébranlable» des États-Unis pour la défense du flanc Est de l'Alliance, selon le département d'État.

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