L'EI affirme avoir décapité leur otage croate

Tomislav Salopek, 31 ans, avait été enlevé le... (Capture d'écran AP)

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Tomislav Salopek, 31 ans, avait été enlevé le 22 juillet par des inconnus armés sur une route à 22 km au sud-ouest du Caire.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

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Samer AL-ATRUSH
Agence France-Presse
LE CAIRE

L'organisation État islamique (EI) a affirmé mercredi avoir décapité le Croate travaillant pour une compagnie française enlevé en Egypte, qui serait, si l'assassinat était confirmé, le premier Occidental exécuté par des djihadistes dans ce pays.

Le premier ministre croate a indiqué ne pas être en mesure de confirmer à «100%» la mort de son compatriote. «Je ne sais pas si nous pourrons le faire dans les prochains jours, mais ce que nous voyons (...) a l'air horrible», a déclaré Zoran Milanovic.

Une photo mise en ligne sur des sites djihadistes, qui n'a pu être authentifiée dans l'immédiat, montre le cadavre d'un homme surmonté d'une tête à côté d'un drapeau de l'EI et d'un poignard plantés dans le sable.

Les ravisseurs affirment qu'il s'agit de Tomislav Salopek, 31 ans, enlevé le 22 juillet par des inconnus armés sur une route au sud-ouest du Caire.

«Exécution d'un prisonnier de Croatie -pays qui participe à la guerre contre l'État islamique- après expiration de l'ultimatum», lit-on dans un court texte sous la photo.

Le 5 août, la branche égyptienne de l'EI, qui se fait appeler Province du Sinaï, avait menacé de le tuer dans les 48 heures si Le Caire ne libérait pas «les femmes musulmanes» emprisonnées en Egypte.

Les autorités égyptiennes craignaient que la décapitation d'un Occidental effraie encore un peu plus les touristes, qui boudent le pays depuis la révolte populaire ayant chassé du pouvoir Hosni Moubarak en 2011, mais également les entreprises étrangères présentes en Egypte alors que, dans un contexte économique morose, le pays a besoin d'investisseurs internationaux.

Selon un responsable de sécurité cité mercredi soir par l'agence officielle MENA, les autorités égyptiennes n'étaient pas encore en mesure de confirmer le sort de Tomislav Salopek. Ce dernier travaillait depuis quelques mois comme analyste sismique pour la société Ardiseis, filiale de la Compagnie Générale de Géophysique (CGG), une firme française spécialisée dans l'exploration des sous-sols.

«Acte satanique» 

Dans un communiqué, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a jugé que «cet assassinat ignoble, s'il était confirmé, démontrerait une nouvelle fois la nature lâche et barbare» de l'EI.

Son homologue britannique Philip Hammond a condamné «l'apparent meurtre brutal» de Tomislav Salopek et assuré que la Grande-Bretagne était aux côtés de l'Egypte et de la Croatie dans la lutte contre le «terrorisme».

Au Caire, Al-Azhar, l'une des plus prestigieuses institutions du sunnisme, a dénoncé un «acte satanique qui n'a rien à voir avec aucune religion».

Pour le porte-parole du Conseil National de Sécurité américain Alistair Baskey, la mort de Salopek, si elle était confirmée, constituerait «un acte brutal» . «Leurs atrocités ne font que renforcer notre résolution collective à agir contre ces terroristes», a-t-il dit à l'AFP.

Pour Mathieu Guidère, professeur d'Études islamiques et de géopolitique à l'Université de Toulouse (France), «cette exécution indique que les éléments égyptiens de l'EI qui sont de retour de Syrie et d'Irak ont pris totalement le contrôle du groupe Province du Sinaï et qu'ils appliquent la même stratégie déjà suivie par Daech (en Syrie et en Irak)».

Dans les régions sous son contrôle dans ces deux pays, l'EI a déjà exécuté de nombreux étrangers enlevés notamment en Syrie, dont des journalistes et des humanitaires, et commis d'autres atrocités qui ont amené l'ONU à accuser ce groupe de crimes contre l'humanité.

Sanglante répression 

Depuis deux ans, les djihadistes de Province du Sinaï, basés dans la péninsule du même nom dans l'est de l'Egypte, multiplient les attentats meurtriers visant essentiellement les soldats et les policiers.

Ils assurent vouloir venger les victimes de la sanglante répression contre les partisans du président islamiste Mohamed Morsi, premier chef de l'État élu démocratiquement en Egypte mais destitué par l'armée en juillet 2013.

Depuis, plus de 1400 manifestants pro-Morsi ont été tués par les policiers et les soldats, plus de 15 000 de ses partisans ont été emprisonnés et des centaines condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs, qualifiés par l'ONU de «sans précédent dans l'Histoire récente».

Le groupe djihadiste lié à l'EI n'est pas seulement actif dans son bastion du Sinaï.

Le 11 juillet, la branche égyptienne de l'EI avait ainsi revendiqué un attentat à la voiture piégée contre le consulat d'Italie au Caire, dans lequel un passant avait péri. En décembre, elle avait affirmé avoir tué un Américain travaillant pour la société pétrolière Apache, non loin de là où M. Salopek a été kidnappé.

Si l'exécution de l'otage croate était confirmée, elle montrerait les limites de la vaste campagne militaire engagée contre l'EI et de la répression implacable visant toute opposition islamiste, notamment la confrérie des Frères musulmans de M. Morsi, que M. Sissi veut «éradiquer» en l'accusant d'être la «source» du «terrorisme».

Les cadres de la confrérie se défendent de ces accusations et condamnent régulièrement les attentats djihadistes.

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