Exécution des otages japonais et jordanien: ultimatum de l'EI

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
Beyrouth

Le groupe État islamique (EI) a lancé un nouvel ultimatum réclamant la libération sous 24 heures d'une djihadiste irakienne emprisonnée en Jordanie, à défaut de quoi il menace d'exécuter un otage japonais et un pilote jordanien.

Le Japon a immédiatement demandé l'assistance d'Amman pour sauver son ressortissant, après l'exécution d'un premier otage nippon.

La vidéo, mise en ligne mardi sur des sites djihadistes, montre une photo de l'otage japonais Kenji Goto tenant une photo du pilote jordanien capturé par l'EI, Maaz al-Kassasbeh, avec la voix supposée de M. Goto formulant les nouvelles menaces.

Le groupe extrémiste réclame la libération de Sajida al-Rishawi, 44 ans, détenue dans une prison jordanienne depuis sa condamnation à mort en septembre 2006, pour des faits de terrorisme remontant au 9 novembre 2005. Ce jour-là, trois attentats suicide, commis notamment par son mari, avaient dévasté trois hôtels d'Amman, faisant 60 morts.

Une source militaire jordanienne a indiqué à l'AFP que les «services jordaniens vérifiaient l'authenticité de la vidéo attribuée à l'organisation» État islamique.

Kenji Goto, journaliste indépendant, est vraisemblablement retenu depuis fin octobre. Le pilote Maaz al-Kassasbeh a quant à lui été capturé le 24 décembre après l'écrasement de son F-16 au-dessus de la Syrie, où il menait un raid sur des positions de l'EI dans le cadre de la coalition internationale anti-djihadistes.

Le Japon a demandé une nouvelle fois l'assistance d'Amman.

«Dans une situation extrêmement difficile, nous avions demandé à la Jordanie son assistance pour sauver au plus vite (Kenji) Goto (...), cette position n'a pas changé», a déclaré le porte-parole du gouvernement japonais, Yoshihide Suga, lors d'un rapide point de presse dans la nuit de mardi à mercredi.

«Ne pas céder»

Kenji Goto, né en 1967, est un journaliste indépendant qui fournissait des reportages sur le Moyen-Orient aux chaînes de télévision nippones et était aussi actif dans le domaine humanitaire. Il était entré dans la zone contrôlée par l'EI fin octobre et n'a plus donné de nouvelles depuis.

Juste après la publication de la vidéo, la mère de M. Goto, Junko Ishido a appelé le gouvernement à «faire tout ce qu'il peut faire».

«Kenji n'a aucune animosité envers l'État islamique. Il est allé à l'État islamique pour la seule raison qu'il était très inquiet du sort de Mr. Yukawa,» le premier otage exécuté la semaine dernière.

Dans une vidéo réalisée en octobre dernier avant qu'il n'entre dans la zone contrôlée par l'EI, le journaliste japonais expliquait partir à la recherche de Haruna Yukawa.

Dans une vidéo publiée le 20 janvier, l'EI avait réclamé au gouvernement japonais une rançon de 200 millions de dollars sous 72 heures pour relâcher Goto et Yukawa. Faute d'avoir obtenu satisfaction, le groupe a annoncé samedi avoir exécuté Yukawa et réclame depuis la libération de la prisonnière irakienne.

En suspendant la vie d'un second otage japonais à la libération d'une Irakienne emprisonnée pour terrorisme en Jordanie, le groupe État islamique place Amman au coeur de la négociation et la diplomatie japonaise dans une délicate position, estiment des experts.

«L'un des buts de l'organisation État islamique est aussi de diviser les nations» liguées contre lui, souligne Shiro Kawamoto, spécialiste japonais du terrorisme au sein du Conseil de politique publique.

Le gouvernement nippon a sans cesse réaffirmé sa détermination à «ne pas céder face au terrorisme», ainsi que son engagement à le combattre, avec d'autres pays, même si le Japon ne peut agir que par des moyens non militaires.

Washington continuera probablement à faire pression sur Tokyo pour que son allié ne lâche rien.

Interrogée au sujet des otages, la porte-parole du Département d'État Jen Psaki avait déclaré qu'un échange de prisonniers était «du même ordre» que le paiement d'une rançon.

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